A Marseille, l’école primaire Bugeaud rebaptisée du nom d’un tirailleur algérien

A Marseille, l’école primaire Bugeaud rebaptisée du nom d’un tirailleur algérien

Une école primaire du 3e arrondissement de Marseille, portant le nom du général Thomas Robert Bugeaud, a été rebaptisée ce vendredi école Ahmed Litim, du nom d’un tirailleur algérien.

C’est le conseil municipal de la cité phocéenne qui a pris la décision à la suite d’un vote. Bien que Ahmed Litim soit mort, à 24 ans le 25 août 1944, en libérant Marseille de l’occupation nazie, les élus de l’extrême droite et de la droite n’ont pas apprécié que son nom soit attribué à cet établissement scolaire.

Par conséquent, les membres estampillés Rassemblement national (RN) ont voté contre, de même que les élus des Républicains (LR), « avec toutefois côté républicains plusieurs abstentions et absences lors du vote », note 20 Minutes.

« Nous sommes pour que soit honorée l’armée d’Afrique, et en particulier les tirailleurs algériens, mais que les autres héros de l’histoire de France soient exclus de l’hommage de la nation serait un scandale », a blâmé Stéphane Ravier du Rassemblement national. Le même qui a suggéré à Karim Benzema de jouer pour l’Algérie.

« Le caporal Litim a le droit lui aussi à une place dans l’histoire. Mais vous avez décidé de remplacer le nom d’un soldat par un autre soldat, pourquoi ne pas attendre la création d’une nouvelle école ? », a extrapolé, Guy Teissier, du parti Les Républicains. Bien évidemment, il a voté contre.

De son côté, Benoît Payan, maire de Marseille, a défendu ce projet. Devant l’assistance, il est revenu sur le parcours maculé de sang du général Bugeaud à Paris et en Algérie.

« Il va sévir en France en réprimant les mouvements populaires de 1834 à Paris où il se forge la réputation d’un personnage sanguinaire. Il restera dans l’histoire comme l’officier qui colonisa l’Algérie », a-t-il lancé.

Et d’ajouter, « chaque rue de Marseille nous rappelle notre histoire commune. Pour autant, il est des noms dont la charge symbolique est devenue difficilement supportable. Comme des blessures, des meurtrissures qu’il faut soigner ».

Le  président de SOS Racisme, Dominique Sopo, a publié un communiqué, après l’annonce de la délibération, dans lequel il a dit espérer « que cette décision facilitera le changement de nom de l’avenue Bugeaud à Paris ».

Skander Boutaiba