Abdelaziz Medjahed, directeur de l’INESG : « Le Hirak est respectable mais il n’a pas dégagé un programme »

Abdelaziz Medjahed, directeur de l’INESG : « Le Hirak est respectable mais il n’a pas dégagé un programme »

Le mouvement populaire en Algérie est «respectable», mais il n’a pas réussi à dégager un programme.

C’est là, le constat établi par le directeur général de l’Institut national d’Etudes de Stratégie globale (INESG), Abdelaziz Medjahed.

«Le mouvement Hirak, né en février 2019, est respectable car exprimant une volonté populaire, mais, (…) il n’a pas encore réussi à dégager un programme, afin de faire aboutir ses revendications», a en effet affirmé Abdelaziz Medjahed ce mardi lors du forum du quotidien arabophone «El- Wassat».

Il a justifié ce constat par «le déficit en citoyenneté des élites sensées émerger de ce mouvement et sur lesquelles incombe le devoir de guider, d’éclairer et d’encadrer les manifestants».

Interpellé sur les enjeux du prochain rendez-vous électoral, l’intervenant en a également appelé au sens de la citoyenneté de la population, en la conviant à «exprimer sa voix pour dégager ses meilleurs représentants».

Abordant les menaces auxquelles l’Algérie fait face, depuis quelques temps, par le biais de la cybercriminalité, le premier responsable de l’INESG a estimé que cette dernière « est un moyen moderne de mener une guerre», avant d’asséner que le voisin marocain mène également, contre notre pays, un « véritable crime » sur le plan culturel et patrimonial.

Il a cité, à ce sujet,  la stèle de Juba II, le Roi de Maurétanie, natif de la ville algérienne d’Annaba, qui a été exposée à Dubaï, Paris et New-York et présentée comme étant un Roi marocain, rappelant que l’épouse de cette figure historique est enterrée dans le célèbre « Mausolée royal de Maurétanie » plus connu sous l’appellation du «Tombeau de la Chrétienne » (près de Tipaza).

Sur le plan historique, a-t-il souligné, le Maroc insiste sur l’aide apportée à l’Algérie pour le recouvrement de son indépendance, tout en occultant, dans le même sillage, d’évoquer le Manifeste du Peuple marocain (1944), inspiré du Manifeste du Peuple algérien (1943), ainsi que la contribution des héros de la Révolution algérienne que sont Larbi Ben M’hidi et Mohamed Boudiaf à la création de l’Armée de Libération marocaine », a-t-il poursuivi.

Mettant en garde contre « les dangers de la propagande et de la manipulation de l’opinion publique » M. Medjahed a déploré « l’occultation de la répression marocaine, menée en 2010 contre les militants sahraouis du camp de Gdeim Izik à El-Ayoun occupée, et ce, à quelques mois du déclenchement du +printemps arabe+ en Tunisie ».

 Revenant, enfin, sur la question de la présence de l’Armée nationale populaire (ANP) en dehors des frontières du pays, l’hôte d’«El Wassat» a rappelé que celle-ci ne se fera que «conformément aux lois internationales et après aval du Parlement algérien ».

Dj. Am