Abdelmadjid Tebboune au « Le Point » : L’Algérie « était au bord du gouffre »

Abdelmadjid Tebboune au « Le Point » : L’Algérie « était au bord du gouffre »

Dans un long entretien accordé au journal français « Le Point », entretien réalisé par deux journalistes algériens qui y travaillent, Kamel Daoud et Adlène Meddi, le président de la république, Abdelmadjid Tebboune, a répondu à toutes les questions des journalistes, « n’en éludant aucune » et parlant à cœur ouvert.

Un entretien qui coupe court à toutes les supputations, à toutes les mauvaises rumeurs, à toutes les fausses convictions. Un entretien franc, sans ambages, sans fioritures d’où le mot tabou a été écarté.

C’est d’ailleurs le témoignage des deux journalistes, connus pour leurs positions et leurs intransigeances. Après avoir repris un peu de l’histoire très récente de l’Algérie, après avoir « mis au bain » les lecteurs de toute la planète qui ne manqueront pas de lire cet entretien, après avoir rappelé le parcours et la vie du président Abdelmadjid Tebboune, les deux journalistes ont entamé l’interview par une question majeure, celle de savoir dans quel état Abdelmadjid Tebboune avait trouvé l’Algérie en reprenant les rênes du pouvoir, neuf mois après la démission de Bouteflika.

La réponse était claire, nette et précise : « le pays était au bord du gouffre », a affirmé le président Tebboune, avant de rappeler que l’Algérie a dû son salut au ‘Hirak Béni’ et au sursaut populaire du 22 février 2019 : « qui a empêché la déliquescence de l’Etat en annulant le cinquième mandat qui aurait permis à la « Issaba » de gérer le pays après avoir phagocyté les pouvoirs du président et ses prérogatives en agissant à son nom », a-t-il précisé.

Le président continue en affirmant qu’il fallait donc reconstruire la République, avec tout ce que cela implique comme institutions démocratiques.

Après avoir remis l’Etat sur rail, le président a fait face à d’énormes difficultés dont la plus importante a été sa maladie qui n’a pas affecté le programme tracé, même si elle l’a retardé. « Affecté, non. Retardé le programme des réformes, oui », a-t-il lancé.

L’Etat a fonctionné en l’absence du président atteint du covid19 : « preuve en est que la réhabilitation des institutions que j’ai entamée avait fonctionné », rappelle-t-il. Le bilan sur l’environnement immédiat du président et les projets lancés a été positif et a été établi en son temps. « Certains ont pensé que c’était le naufrage, -et vous savez qui quitte le navire dans ces cas-là -, mais j’ai pu constater, avec fierté, toute la fidélité de l’armée, avec à sa tête le chef d’état-major Saïd Chengriha. Nous nous appelions tous les matins », a-t-il aussi indiqué.

Tahar Mansour