Abdelmadjid Tebboune : « la bureaucratie est notre ennemi commun »

Abdelmadjid Tebboune : « la bureaucratie est notre ennemi commun »

Abordant la situation économique, notamment dans son volet investissements après que des ‘oligarques’ aient été poursuivis en justice, le président Tebboune assure à ses interviewers que l’Etat a déjà fait plus que le nécessaire pour rassurer les patrons algériens ainsi que les responsables de l’administration. « Nous avons réuni, à deux reprises, les patrons algériens, nous avons pris des mesures dans les lois de finances. S’ils ont des choses à se reprocher, je n’y suis pour rien. La justice a pris tout son temps pour juger ceux qui ont indûment touché à l’argent public, on n’accuse personne à la légère », a-t-il aussi souligné.

Pour ce qui est des blocages administratifs, le président précise que la situation n’est pas aussi catastrophique qu’on veuille bien le dire. Il reconnait qu’il y a des problèmes, des difficultés, peut-être des blocages à cause de la bureaucratie « contre laquelle je lutterai avec toute mon énergie ». Il a aussi fait part de cette volonté aux hommes d’affaires et aux start-up : « la bureaucratie est notre ennemi commun ». Le président estime que les gens continuent de travailler, d’investir, le pays n’est pas à l’arrêt même si : « nous avons une économie sous-développée et désarticulée, tournée vers l’importation, sans aucun échange intersectoriel », a-t-il déploré.

Il prend l’exemple des kits (automobile et électroménager) importés pour être montés en Algérie mais : « nous avons réussi tout juste à mettre sur le marché des voitures plus chères que celles importées avec, en face la création de seulement 400 emplois, ce qui nous a couté 3,5 milliards de dollars », a-t-il martelé.

Par contre, il lance un appel à ceux qui veulent se lancer dans la construction mécanique ou autre et leur affirme qu’ils sont les bienvenus s’ils respectent les cahiers des charges, mais : « pour l’industrie légère, comme l’électroménager, l’intégration devra être, au départ, d’au moins 70% », précise Tebboune.

« Ce que nous voulons, c’est construire une économie dans laquelle les besoins de notre pays soient satisfaits par notre propre production », a-t-il enfin assuré.

Tahar Mansour