Abdelmadjid Tebboune : « s’attaquer à ce système peut devenir mortel, très dangereux »

Abdelmadjid Tebboune : « s’attaquer à ce système peut devenir mortel, très dangereux »

Il fallait passer par cette question, elle fait partie de l’Algérie et de la vie d’Abdelmadjid Tebboune avant qu’il ne soit président.

C’est une réponse aussi à tous ceux qui l’ont dénigré en l’accusant de faire partie du système, qu’il a pourtant honni et combattu, même et surtout lorsqu’il était à l’intérieur de ce système. Cela lui a valu tous les déboires que chaque algérien connait ou en a certainement entendu parler, particulièrement lorsqu’il a été premier ministre d’une manière très éphémère.

Le président Tebboune en parle aux journalistes du « Le Point » en toute sincérité, avec une pointe d’amertume mêlée d’orgueil que nous ressentons lorsque nous lisons sa réponse. Ainsi, concernant cette « traversée du désert » entre 2017 et 2019, Abdelmadjid Tebboune estime que : « pour avoir exercé plus de cinquante ans au service de l’Etat, depuis ma sortie de l’ENA en 1969, je sais qu’il est très difficile de faire de l’oppositionà l’intérieur même du système, pourtant j’en ai fait », a-t-il déclaré.

Il rappelle qu’il était un peu comme « une sorte de mouton noir », qu’on l’a envoyé comme wali aux postes où il y avait le plus de problèmes, on lui a même collé une étiquette de ‘tête dure’, « parce que je ne privais pas de dire ce que je pensais ».

Il raconte qu’en 2017, il était déjà convaincu que l’Algérie allait droit dans un mur, que si la déliquescence continuait, elle allait impacter l’Etat-Nation lui-même, « pas uniquement le Pouvoir », et de continuer : « on ressemblait de plus en plus à république bananière, tout se décidait dans une villa à Ben Aknoun, les institutions étant devenues purement formelles, à l’exception de l’armé qui a pu sauvegarder sa stature », a aussi précisé le président de la république.

Et là, commença la traversée du désert : « il fallait donc agir et j’ai proclamé, en tant que premier ministre, devant le Parlement, que le salut viendrait de la séparation de l’argent et du pouvoir », une proclamation qui a couté cher à Abdelmadjid Tebboune et à sa famille qui ont payé le prix fort : « mais cela fait partie du risque de l’exercice du pouvoir », a-t-il indiqué. « Quand le pouvoir est gangrené par les intérêts personnels, il se défend à sa manière, s’attaquer à ce système peut devenir mortel, très dangereux », annonce-t-il.

Tahar Mansour

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