Abdelrahmi Bessaha, économiste au FMI : le Covid-19 offre une opportunité unique de refonder l’économie nationale »

Abdelrahmi Bessaha, économiste au FMI : le Covid-19 offre une opportunité unique de refonder l’économie nationale »

Relevant que l’économie algérienne est fortement déséquilibrée, et nécessite des réformes profondes, Dr. Abdelrahmi Bessaha, économiste au FMI, explique la situation par de « facteurs internes (inadéquation les politiques publiques) et externes (chocs pétroliers à répétition -2014 et 2020 et pandémie de 2020) » qui mettent l’économie nationale  face à une « crise structurelle profonde ».

Au chapitre des solutions, l’économiste, dans une contribution rendue publique, appelle à « rompre définitivement  et de façon progressive avec le modèle rentier actuel et créer une économie de production élargie et inclusive ». Et compte tenu de l’énormité de chantier, Dr. Bessaha préconise une «démarche méthodique, avec tout d’abord une vision 2050 (où veut-on que l’Algérie se situe à cet horizon ?), une stratégie de développement 2030 (étape intermédiaire pour conduire la reconstruction et offrir ainsi les bases des plans  d’action à moyen terme (2022-2025 et 2026-2030, etc.) qui eux donneront la mesure de la progression de pays en direction de nouveau projet d’économie ».

Commentant le plan d’action du Gouvernement, l’économiste prévient contre «une hausse significative de déficit budgétaire hors pétrole (indicateur approprié) à environ 33,7 % de PIB hors pétrole en 2021 avant de chuter en moyenne à près de 32,5 % pendant 2022-2025 (pour une norme de 10 % de PIB hors pétrole) ».

L’autre écueil relevé par Dr. Bessaha, a trait à « la faiblesse chronique de le croissance économique ». La crise actuelle, souligne-t-il, «offre une opportunité unique de refonder l’économie algérienne et de créer de le richesse réelle d’autant plus que les marges de manœuvre existent avec un pib potentiel de $350 milliards (par rapport à un pib de $144 milliards en 2020 et une projection de $151 milliards en 2020 ».

Sur sa lancée, l’économiste prévient contre le «chômage chronique qui frappe durement les jeunes et les femmes ». S’ajoute «l’inefficience de l’investissement public qui fait perdre au pays les points de croissance (3 points), de l’emploi (plus de 45 %) et les recettes fiscales (à 1,5 points de pourcentage de PIB ».

Yacine Bouali