Accord d’Alger sur le Mali : La mise en application décriée

Accord d’Alger sur le Mali : La mise en application décriée

La Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) a annoncé, dimanche, son insatisfaction par rapport à la mise en œuvre de l’Accord d’Alger pour la paix et la réconciliation au Mali.

La CMA a fait cette annonce lors d’une conférence de presse animée à l’occasion du 6ème anniversaire de l’Accord. «Après six ans, nous constatons que l’Accord est dans ses aspects périphériques. Les aspects de fond n’ont jusque-là pas été touchés», a déploré Sidi Ag Baye, membre de la CMA, introduisant la conférence. «Nous tirons un bilan peu élogieux de la mise en œuvre de cet Accord», a-t-il ajouté.

«On prend du temps pour négocier, pour faire la paix et pour signer des accords, mais on ne prend jamais du temps pour appliquer ces accords», a indiqué Mohamed Ould Ramadane, porte-parole de la CMA et principal animateur de la conférence de presse. «Plusieurs accords ont été signés par le passé, mais n’ont jamais été appliqués. Nous avons peur que l’Accord d’Alger ne connaisse la même situation», a-t-il ajouté.

Entre autres points déplorés dans la mise en œuvre de l’Accord, le porte-parole de la CMA a parlé du manque des moyens pour les autorités intérimaires installées dans les régions du nord, l’inachèvement du mécanisme opérationnel de coordination (MOC), la non-implication des personnes déplacées dans la mise en œuvre de l’Accord et la non révision de la Constitution pour prendre en compte les revendications politiques de la CMA, dont la réorganisation des régions du nord.

L’Accord d’Alger pour la paix et la réconciliation au Mali a été signé le 20 juin 2015 entre le gouvernement malien et la Coordination des mouvements de l’Azawad regroupant les principaux mouvements armés du nord du Mali.

Cet Accord repose sur quatre piliers, en l’occurrence politique institutionnelle, défense et sécurité, questions humanitaires et développement, ainsi que justice et réconciliation.

R.I.