Ahmed Benyoucef Stambouli n’est plus

Ahmed Benyoucef Stambouli n’est plus
Un grand plasticien à la carrière riche
Après l’annonce du décès de Ammar Allalouche, dans la nuit de jeudi à vendredi, à l’âge de 81 ans, voici que la nouvelle du décès à 64 ans d’un autre grand maître des arts plastiques algériens, le regretté Ahmed Benyoucef Stambouli, vient rajouter de la peine à celle déjà suscitée par la perte de son aîné.
Enfant de Miliana, Ahmed Benyoucef Stambouli y voit le jour le 28 janvier 1957. Passionné de dessin et de couleurs, il s’inscrit à l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris où il est formé par des professeurs chevronnés.
A son retour au bercail, le diplôme en poche, il enseigne le dessin à l’Ecole régionale de Mostaganem de 1987 à 1998 avant d’aller poser ses malles quelques années en Tunisie puis en Lybie.
Outre l’enseignement, Ahmed Benyoucef Stambouli servira également la culture en occupant plusieurs postes de responsabilité dans son domaine. D’ailleurs, cet investissement pour l’art d’une manière générale et les arts plastiques en particulier l’amèneront à faire partie de l’Association Internationale des Arts Plastiques de l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (Unesco) et de l’Union nationale des Arts plastiques, en Algérie et en Tunisie.
Artiste prolifique, il peint sans relâche des dizaines et des dizaines de toiles aux couleurs chamarrées et aux motifs et symboles distinctifs à travers lesquels il rappelle son attachement à cette terre berbère. Il accroche ses œuvres sur les cimaises des plus grandes galeries algériennes (à Alger, Mostaganem, Constantine, Miliana, Oran…) mais aussi à l’étranger (Tunisie, Lybie, France, Dubaï…).
Egalement concepteur de plusieurs fresques, Ahmed Benyoucef Stambouli assure la décoration de différentes façades d’établissements publics, réalise une stèle à l’effigie du chahid Ali La Pointe (Ali Ammar de son vrai nom) et a illustré des couvertures de recueils de poèmes, pour le compte de la Direction de l’Education nationale.
L’oeuvre stamboulienne est partout saluée et appréciée que ce soit par les amateurs ou les profanes. Mais lui, loin de se complaire dans cette reconnaissance et cette « célébrité » sera en perpétuelle remise en question et en quête constante de nouvelles inspirations ce qui maintient son œuvre dans un mouvement actif dont elle puise toute sa force.
Ahmed Benyoucef Stambouli est décédé vendredi des suites d’une longue maladie, il sera enterré ce samedi 18 juillet 2020, au cimetière Sidi Braham de Miliana.
Lamia B.