Algérie, Libye et Egypte : des défis énergétiques communs

Algérie, Libye et Egypte : des défis énergétiques communs

L’Observatoire de la sécurité des flux et des matières énergétiques, dans un rapport rendu public, classe l’Algérie, la Libye et l’Égypte parmi les 5 plus importants producteurs de pétrole et de gaz du continent africain. Toutefois, la capacité de ces pays à exporter des hydrocarbures «se réduit». Une situation qui, selon le document, impose de répondre à des défis «multiples et  cruciaux pour l’avenir et la stabilité de la région ». Relevant les principaux enjeux liés à la sécurité énergétique des trois pays, le rapport cite une «dépendance commune à l’Union européenne », précisant qu’ «aucun de ces trois pays n’est en mesure de peser sur la stratégie d’approvisionnement énergétique globale de l’UE». En chiffres, le rapport précise que «les approvisionnements combinés des trois pays ne représentaient au total que 9,5 % des importations de pétrole brut et 8,7 % des fournitures de gaz de l’UE en 2019 ».

Si les recettes pétrolières et gazières représentent entre 40 % et 60 % du budget de l’État en Algérie, le rapport souligne que la situation  « est encore plus critique en Libye ». L’engagement de l’Union européenne à atteindre la neutralité climatique à l’horizon 2050 et les récentes annonces de majors européennes d’atteindre «la neutralité carbone d’ici une vingtaine d’années pourraient fragiliser ces pays ». L’autre défi pour les trois pays, consiste en «la montée de la concurrence pour les intérêts économiques européens ».

D’autre part, le rapport bifurque sur la loi sur les hydrocarbures, précisant que «cette disposition législative est beaucoup plus favorable qu’auparavant pour les compagnies étrangères. Elle permet à l’Algérie d’afficher une fiscalité relativement similaire à celles d’autres pays pétroliers équivalents ». L’objectif, ajoute le même document, est «d’attirer des investissements étrangers indispensables pour relancer l’exploration et la production pétro-gazière du pays ».

Aussi, le rapport relève, pour le cas de l’Algérie, une « hausse continue » de la consommation d’électricité et une production quasi exclusivement au Gaz. Ces deux aspects «représentent un enjeu crucial pour l’avenir de l’Algérie et son statut d’exportateur d’énergie. En effet, bien que la pandémie de Covid-19 ait temporairement interrompu la croissance continue de la demande d’électricité (-3 % en 2020 par rapport à 2019), le document précise que l’Algérie risque, en l’absence de « réforme sérieuse » du système de subventions actuellement en place sur l’énergie, de «continuer à consommer de plus en plus de gaz pour produire son électricité ».

Or, «non seulement les subventions épuisent massivement les ressources financières de l’État, mais elles participent également à gonfler la demande d’électricité, dont une partie est simplement gaspillée ». Dans le même ordre d’idées, le rapport indique que «sans changement de politique tarifaire ou de mise en place de capacités de production d’électricité fonctionnant autrement qu’avec du gaz, la demande en gaz devrait augmenter de plus d’un tiers, par rapport aux niveaux actuels, d’ici 2035 ». Les énergies renouvelables, régulièrement mentionnées comme la solution alternative, « ne progressent que très lentement ».

Au volet de crise sanitaire liée au COVID-19, le document précise que la pandémie a «directement et durement impacté le secteur énergétique algérien, notamment sur «les projets en cours, lorsque les restrictions de circulation ont affecté la mobilité des employés et l’approvisionnement des équipements en pièces détachées, obligeant les opérateurs pétroliers et gaziers à suspendre ou ralentir leurs activités ».

Yacine Bouali

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