Alléluia !

Humeur : Alléluia !

 

Par Mohamed Abdoun

A en croire les dires de la cour royale de sa majesté Mohamed VI, celui-ci serait prêt à tendre une main condescendante et secourable à l’Algérie. Lui, le gentil, le bienfaiteur de l’humanité,  il ne le fait que par devoir.

N’écoutant que sa conscience immaculée, il prend sur lui, au risque de déranger sa divine quiétude, de se pencher sur les besoins de ces peuplades de l’ouest, nous autres Algériens. Du coup, on en pleurerait presque de gratitude. Que ce sérénissime monarque ait pris la peine de se pencher sur notre triste sort est un insigne honneur.

Mais, comment diantre lui dire merci ? Comment embraser (pardon, embrasser) sa main généreuse venant à peine d’échanger son briquet plaqué-or et incendiaire contre le quignon de pain qu’il nous destine ? Que celui-ci provienne de la rapine orchestrée contre son propre peuple pourrait rester un moindre mal si l’on adoptait le principe que ce « roi prédateur » pourrait être un bandit d’honneur.

Que nenni. S’il occupe le Sahara Occidental et en pille les richesses c’est pour y apporter cette civilisions qui fait tant défaut au paisible peuple sahraoui. Ses amis et complices sionistes savent mieux que personne comment mener à terme une colonisation de peuplement. On déporte, on chasse, on opprime on démolit et on inverse les équilibres démographiques. Même l’ONU n’y verrait que du feu. Ah oui, le feu, parlons-en. Nous savons nous prémunir contre nos faux amis.

Nous sommes « ignifugés », serais-je tenté de dire. Des Judas à visage humain mais bouffi, nous en avons soupé. Après le feu ne restent que des cendres. Descendre à son tour au niveau de ce roitelet qui confond entre charité désordonnée et lance-flamme grimé en extincteur, c’est se dire que Omar Hilal n’aurait finalement rien dit. Ni rien fait non plus. Nos belles forêts repousseront. Plus fortes et lus verdoyantes que jamais. Nos chers et regrettés morts sont tous partis bravement et héroïquement. Ils ont mérité de haute lutte la récompense suprême. Leur sacrifie nous honore tous.

Aux boutefeux qui aspirent à s’acheter une virginité bon marché, ne répondra que notre dignité. Et note deuil, drapé du linceul de la fierté. Faites gaffe quand même à vos braises mal-éteintes. Faites gaffe surtout aux douloureux retours de flamme. Hassan II, vénal père de Mohamed VI, en sait quelque chose, qui hébergeait, protégeait, nourrissait et armait les fous sanguinaires du GIA. Vigny avait bien raison d’écrire ces sublimes alexandrins un jour en guise d’épitaphe : « A voir ce que ‘on fut sur terre, et ce qu’on laisse / Seul le silence est grand, tout le reste est faiblesse. »

M.A.

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