Amir Nourredine, diplomate et sociologue : L’Algérie a décidé de ne « pas être autre chose, qu’un État de droit »

Amir Nourredine, diplomate et sociologue : L’Algérie a décidé de ne « pas être autre chose, qu’un État de droit »
Pour le sociologue, Amir Nourredine, le principe d’Etat de droit n’est pas une notion, mais un concept né après la Seconde Guerre mondiale, observant qu’il ne peut exister d’Etat de droit sans démocratie.
Pour lui, la démocratie est un phénomène « qui n’est pas simplement social, mais surtout politique ». Il observe qu’autant le pouvoir législatif, le judiciaire que l’exécutif, ont eu une résultante sur l’organisation du pouvoir en général et la construction d’un État, sans lequel, note-t-il, il ne saurait exister de Nation.
Intervenant ce mardi, sur les ondes de la chaîne III de la Radio nationale,  cet expert international des Droits de l’Homme, lequel assume la présidence du Comité des Nations Unies contre toutes les formes de discrimination, rappelle qu’après l’indépendance, il fallait savoir comment agir pour que les Algériens puissent vivre dans un État enfin libéré, « ce qui n’était pas gagné ».
Il juge que pour aller vers la construction d’un État de droit, « il a fallu du temps », d’autant, indique-t-il, que le pays a connu deux périodes charnières : celle marquée par la mort du président Boumediene et celle actuelle, tendant vers un approfondissement de cette construction, pour laquelle, souligne-t-il, la démocratie constitue une question « essentielle et fondamentale pour l’Algérie ».
Pour réaliser ce souhait, le professeur Amir Nourredine, considère que l’Algérie a « un chemin encore long à faire », mais qu’elle a décidé d’emprunter, « parce qu’elle a décidé de ne pas être autre chose qu’un État de droit ».
Traitant, d’autre part, du concept de liberté, ce dernier explique que celle-ci pourrait, où bien être comprise dans un cadre d’ordre philosophique, non accompagné de la notion de responsabilité. « On ne peut être, souligne-t-il, que si on est responsable », et non pas parce que notre responsabilité est limitée.
Du concept de libertés publiques, « c’est-à-dire l’État, l’autorité », il les conçoit comme une osmose créée entre les différents éléments constitutifs de la société ».
De la corruption, « un phénomène qui n’est pas propre à l’Algérie » et où, rappelle-t-il « il s’est passé des choses qui n’ont pas été sous contrôle », cet ancien diplomate constate que le problème y a été, malgré tout, posé, en dépit des personnes qui ont tenté de le faire capoter, ce qui, d’après lui, a permis que la dilapidation des pouvoirs «est en train de se terminer.»
S’il est clair, relève-t-il par ailleurs, que l’Algérie est un pays Musulman, où la démocratie doit organiser la vie en société, il ne faudrait pas pour autant que le religieux en vienne à la pénétrer, ni à interférer dans la chose politique.

M.M.H