Assassinat de trois Algériens par les soldats marocains : qu’espère le Makhzen ?

Trois ressortissants algériens ont été lâchement assassinés le 1er novembre, par un bombardement barbare de leurs camions, par l’armée marocaine alors qu'ils faisaient une liaison commerciale Nouakchott-Ouargla

Assassinat de trois Algériens par les soldats marocains : qu’espère le Makhzen ?

Le choix d’une date à la forte symbolique pour les algériens, la qualité de civils des trois martyrs, l’armement utilisé et l’endroit sont autant d’éléments qui plaident pour une provocation du Makhzen délibérée et dont les conséquences sont bien calculées.

Il y a ensuite le silence coupable des officiels marocains qui ont préféré envoyer des « personnes au fait de la situation » et des « sources anonymes bien informées » pour dire que « le Maroc n’a jamais ciblé et ne ciblera jamais les civils algériens et que si l’Algérie veut la guerre, le Maroc n’en veut pas et ne se laissera jamais entrainer dans une spirale de violence qui déstabilisera toute la région ».

Mais ni la source anonyme bien informée ni les officiels n’ont donné une autre version des faits : par qui donc ont été tués de manière si abominable nos trois malheureux concitoyens ? Le makhzen se contente de nier avoir tiré sur des civils algériens et c’est tout.

Mais il commet une première bourde en affirmant que les deux camions se trouvaient sur une route empruntée par des éléments du Polisario et que des soldats des FAR y avaient été tués dernièrement.

Puis ils « sortent » une autre information selon laquelle les camions auraient ramené de l’armement pour les combattants sahraouis.

Des allégations tendancieuses sans aucune preuve, alors que les deux camions se trouvaient bel et bien sur une route empruntée par des camions civils qui font la navette entre Ouargla et la Mauritanie, ils ont emprunté le poste frontière entre les deux pays et possèdent des documents signés par leurs douaniers respectifs concernant les produits transportés.

Une autre source, toujours anonyme, affirme que les deux camions transportaient du matériel militaire et auraient sauté sur des mines.

Le makhzen fait aussi comme s’il ne savait pas qu’il y a des témoignages et même une vidéo d’un drone qui survolait la région au moment de l’attaque meurtrière.

Ensuite, croit-il que les algériens n’ont pas les moyens nécessaires pour connaitre l’origine exacte des armes utilisées contre les deux camions civils ? Le makhzen croit-il aussi que l’Etat algérien l’accuse sans preuves formelles ?

En fait, c’est une provocation très grave à travers laquelle le Maroc espère peut-être être attaqué par l’armée algérienne et donner ainsi l’occasion à ses maitres de le défendre et mettre la région à feu et à sang.

 

Il s’est certainement rappelé les paroles sibyllines du président de la république Abdelmadjid Tebboune qui avait déclaré il n’y a pas longtemps : « Nous sommes un peuple pacifique qui ne cherche pas la guerre mais plutôt la paix, mais celui qui nous agressera le regrettera ».

En outre, et quoi que puisse alléguer le makhzen, le drone qui a tiré sur les deux camions ne pouvait le faire qu’après autorisation ‘cliquée’ de la part des officiers chargés de le conduire à partir de sa base et même ces officiers ne pouvaient en aucun cas prendre une telle décision sans l’aval de leurs supérieurs à des grades très élevés.

Que se passera-t-il maintenant ?

Selon des analyses de spécialistes, l’Algérie ne devrait pas tomber dans ce piège grossier et une confrontation directe n’est pas encore envisageable pour le moment. Mais plusieurs mesures de rétorsion pourraient être prises comme le dépôt d’une plainte officielle devant le Conseil de Sécurité, l’Algérie pourrait aussi interdire tout survol par un avion ou drone marocain de la route reliant Ouargla à la Mauritanie et même sur l’ensemble du territoire sahraoui, sur la base d’une résolution de l’ONU.

 

 

Il reste quand même que, malgré tout, il y a encore des zones d’ombre qui planent sur cette gravissime affaire qui pourraient être connues à l’avenir et qui pourraient changer le cours des évènements.

Tahar Mansour