Banque Nationale d’Algérie : une banque historique et moderne

Banque Nationale d’Algérie : une banque historique et moderne

Créée en 1966, plus exactement le 13 juin : « la Banque Nationale d’Algérie est une banque historique qui s’est transformée au fil des lois et règlements introduits par les différentes décisions de la tutelle et par la Banque d’Algérie et s’est développée pour atteindre aujourd’hui une couverture nationale forte de 220 agences, 20 directions régionales et 5400 employés », annonce son Directeur Général, M. Mohamed Lamine Lebbou. La BNA est présente dans 52 wilayas à travers le territoire national et compte s’étendre à toutes les wilayas (58) d’ici la fin de l’année en cours. Outre ses différents produits banquiers, la BNA est présente à travers plusieurs filiales et participations en Algérie (FGDB, IFB, AMNAL, SATIM, CAGEX, SRH, SAC, plus 15 autres filiales et participations dans différents secteurs), « et compte se développer à l’international dans des projets qui seront maturés d’ici la fin de l’année », prévoit sont directeur général.

Dr Mohamed Lamine Lebbou, DG de la BNA

Afin de répondre aux nouvelles visions et orientations des pouvoirs publics et de la tutelle, la BNA est structurée désormais en Conseil d’Administration et en Direction Générale, chaque structure ayant un responsable différent, désigné par la tutelle. « Ceci correspond à la nouvelle vision des pouvoirs publics pour le projet de gouvernance des banques qui est un projet concrétisé par notre ministre des finances, M. Aimène Benabderrahmane, qui s’est engagé dans la modernisation du système bancaire consistant en la séparation de la politique stratégique de l’exécution, c’est la nouvelle vision de l’Etat par rapport au secteur bancaire », explique notre interlocuteur.

Covid19

A l’instar de tous les secteurs économiques ou financiers du monde entier, la BNA a eu à gérer, à ce jour, une période très difficile due au déclin des activités imposé par la pandémie de covid19 : « il faut dire que toutes les banques et tout le secteur économique de par le monde ont été affectés par cette crise mondiale ce qui s’est soldée par une récession économique mondiale, y compris l’Algérie, la BNA en particulier. Notre banque a été impactée aussi par la situation difficile vécue par les entreprises, mais ces difficultés nous ont permis, à nous tous en Algérie, de relever ces défis et nous sommes toujours là, nos entreprises sont toujours en activité, ce qui a fait que l’Algérie est devenue un modèle de gestion de crise puisque nous avons pu maintenir les postes d’emploi, même si cela a été fort difficile. Dans le même sillage, les pouvoirs publics ont insisté sur la sécurité et la santé des citoyens, d’où les décrets 20/60 et 20/70 par rapport aux congés exceptionnels rémunérés dont ont bénéficié toutes les personnes susceptibles être en danger de contamination », déclare le Directeur Général de la BNA.

Notre interlocuteur continue en rappelant que le système bancaire a répondu au soutien des pouvoirs publics puisqu’il y a eu beaucoup de règlements et d’instructions de la Banque d’Algérie qui ont permis de sauver plusieurs entreprises. La BNA n’a pas été en reste et a à son actif des rééchelonnements des différents crédits détenus auprès d’entreprises publiques ou privées, l’effacement des pénalités de retard et divers accompagnements de ses clients : « ce qui a fait qu’aujourd’hui le résultat est là, toutes nos entreprises sont encore en activité, l’Etat nous a soutenu et nous a permis d’aider nos clients grâce à ces décisions courageuses qui ont été prises et qui ont assuré la pérennité de l’économie nationale et même de lui permettre une relance assez aisée maintenant », conclut M. Lebbou.

Digitalisation tous azimut

Dans ce cadre et entrant de plain-pied dans l’ère de la modernisation, la BNA s’est dotée d’une division d’instruments de paiement et de monétique, ce qui lui a permis de proposer des produits uniques comme le win-pay. La BNA a signé plusieurs conventions pour tout ce qui est système de paiement électronique avec Algérie Télécom, l’ADE, Sonelgaz qui permettent à leurs clients de payer leurs factures via les plateformes proposées par la banque. « La majorité de notre clientèle est dotée de cartes CIB et nous avons installé des espaces digitaux à l’exemple de l’agence entièrement digitale qui se trouve à la rue Didouche Mourad et d’autres encore à travers le territoire national. Nous avons aussi des espaces dédiés à nos clients qui souhaitent rencontrer des téléopérateurs pour leurs besoins immédiats », explique encore le DG de la BNA.

Concernant les TPE (Terminaux de Paiement Electronique), M. Lebbou estime que l’opération a pris des proportions encourageantes « vous savez, l’utilisation des cartes de paiement relève plutôt de la culture de la monétique par les utilisateurs. Nous avons installé à ce jour 6300 TPE à travers le territoire national. Nous sommes là, le chiffre est prometteur mais il faut donner le temps aux utilisateurs de s’adapter à cette nouvelle technologie et à cette nouvelle culture digitale », nous confie notre interlocuteur.

PME/PMI : un soutien multiforme

« Nous exécutons la stratégie de l’Etat pour ce qui est des dispositifs qui sont mis en place, ceci en premier lieu. Nous parlons ici des dispositifs de financement des petites ou moyennes entreprises. Au-delà de ces dispositifs, nous avons des produits qui sont dédiés à la petite et moyenne entreprise qui servent et comblent les différents cycles de vie d’une entreprise (investissement, exploitation). Actuellement, nous comblons les besoins des PME/PMI à la demande, avec des critères de solvabilité que nous appliquons pour allouer les crédits ou les facilitations », déclare M. Lebbou.

Crédits : des délais très courts

Suite à une instruction du ministre des finances adressées à toutes les banques, le délai de traitement d’un dossier de crédit bancaire ‘ne saurait en aucun cas dépasser les 30 jours. Dans ce cadre, la BNA a mis en place une nouvelle procédure à l’effet de raccourcir ces délais : « et nous comptons ne pas dépasser 25 jours dans un premier lieu », affirme M. Lebbou. A la BNA, un dossier de demande de crédit complet ne dépasse pas 15 jours pour être notifié, avec une semaine en plus s’il doit être traité au niveau de la Direction générale.

Pour rappel, depuis la nomination de M. Lebbou à sa tête, au mois de mai 2021, le comité d’étude des dossiers de crédit se réunit chaque semaine. « Si l’étude du dossier dépasse les délais impartis, cela est dû essentiellement aux incomplètes que le client présente et qu’il doit compléter pour une nouvelle étude de son dossier », précise le DG de la BNA.

Inclusion financière

Pour l’inclusion financière, la BNA et le secteur bancaire algérien en général, ont commencé à utiliser un nouvel outil qui est la finance islamique. Les premiers résultats sont déjà là et sont très favorables : « c’est donc un premier élément qui consolide la récupération d’une bonne partie de la masse monétaire liquide qui se trouve en-dehors du circuit bancaire », explique-t-il.

En deuxième point de l’inclusion financière, la BNA a introduit de grandes facilités en matière d’ouverture de comptes. « Conformément aux dispositions prises, nous avons allégé les dossiers d’ouverture de comptes pour les particuliers, sur la simple présentation d’un extrait de naissance, d’une pièce d’identité et d’un formulaire à remplir », précise encore notre interlocuteur.

La troisième disposition concernant l’inclusion financière, la BNA a lancé une prospection à la recherche d’éventuels clients « ce n’est plus la banque qui attend le client mais c’est plutôt la banque qui va à sa rencontre et à sa recherche. Les agences ont été dotées de chargés de la clientèle qui, accompagnés des directeurs d’agence et d’agents de la direction de la promotion des produits bancaires, effectuent des sorties sur le terrain pour y rechercher des ressources. Les résultats préliminaires nous renseignent déjà sur la réussite de cette démarche que nous allons quantifier dans peu de temps », continue M. Lebbou.

De grands efforts sont en train d’être fournis actuellement pour améliorer le taux de bancabilité et de capter la liquidité qui se trouve à l’extérieur du circuit bancaire. « Je pense qu’il y aura d’excellent résultats ».

Une agence dédiée entièrement à la finance islamique

Nous apprenons enfin que la BNA compte ouvrir prochainement une agence à Hussein Dey (Alger) qui sera dédiée entièrement à la finance islamique : « nous avons même changé les chéquiers pour ceux qui utilisent la finance islamique, et c’est très prometteur puisque nous avons de nombreux produits en conformité avec la chariaa islamique. Nous répondons ainsi à la demande d’une bonne partie du public qui voudrait utiliser cette formule, nous sommes une banque universelle et nous devons servir toutes les catégories de clients », termine le DG de la BNA, M. Mohamed Lamine Lebbou. D’autres agences exclusivement islamiques seront ouvertes prochainement à travers le territoire national, notamment dans les régions du Sud.

Dans sa conclusion de l’entretien qu’il a bien voulu nous accorder, M. Lebbou estime qu’il : « faut faire confiance aux banques, nous sommes le bras économique de l’Etat, nous sommes en train de nous transformer, nous avons une mission de modernisation de notre système financier, les banques sont une partie incontournable du plan de relance économique et même l’acteur principal de ce plan. Il faut aussi faire confiance à cette nouvelle orientation des pouvoirs publics, nous devons donc travailler et nous ne pouvons que réussir, la volonté est là, la réussite en est la conséquence et le résultat ».

Tahar Mansour