Bouzid Lazhari : «  Le Maroc sera tenu responsable de ses actes »

Bouzid Lazhari : «  Le Maroc sera tenu responsable de ses actes »

Le président du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), Bouzid Lazhari, a déclaré, aujourd’hui, qu’il attendait une réaction des pays européens pour criminaliser rapidement le « scandale » marocain d’espionnage contre des personnalités officielles et politiques, des militants et des défenseurs des droits de l’homme dans un certain nombre de pays, dont l’Algérie, conformément aux lois internationales conclues dans ce domaine, à l’instar de l’Accord de Dubset qui oblige les États à incriminer ces actes, et la convention de 1981 dite Convention 108, et il existe des mécanismes internationaux ratifiés par le Maroc, comme la Convention européenne sur les droits de l’homme qui protège la vie privée.

Dans une interview accordée à  Radio Algérie Internationale (RAI), le président du CNDH, s’attendait à une difficile reddition de comptes du Maroc par le Conseil des droits de l’Homme, lorsqu’il présentera son rapport sur la situation des droits de l’Homme au début de l’année prochaine.

« Le Maroc sera tenu responsable de sa violation odieuse de l’article 17 de la convention internationale relative aux droits civils et politiques, et des preuves à son encontre seront présentées par diverses organisations internationales de défense des droits de l’homme, notamment Amnesty International et Human Rights Watch, ainsi que par l’ensemble de la société civile internationale, et de montrer que ce pays ne respecte pas les libertés et les droits de l’homme, comme il le prétend. Ainsi,  la communauté internationale a mis devant elle toutes les preuves qui prouvent que le Maroc a commis ce crime » explique le professeur Lazhari.

Par ailleurs, Bouzid Lazhari a souligné que le dossier marocain regorge d’une histoire de violations des droits humains, que ce soit à l’intérieur du Maroc ou ce qu’il commet contre les militants politiques sahraouis dans les territoires sahraouis occupés, et les prisonniers politiques sahraouis dans les prisons marocaines, et à cet égard, Bouzid Lazhari s’attend à ce que le rapport annuel soit publié cette année par le rapporteur spécial sur la vie privée et réalisé par deux rapporteurs des Nations Unies. Selon le même responsable, ce sera un rapport noir sur la violation des droits de l’homme par le Maroc.

« Les juridictions nationales européennes seront le théâtre de condamnations pénales successives contre les fonctionnaires qui ont ordonné, planifié et mené l’opération d’espionnage », ajoute Lazhari, appelant les pays européens à mettre sérieusement en œuvre ce qui a été déclaré dans l’accord conclu entre l’Union européenne et le Maroc, dans le domaine des droits de l’homme, et que « l’opinion publique et la presse en Europe devraient faire plus de pression pour tenir le Maroc responsable de ses actions » plaide-t-il.

En outre, le président du CNDH, a qualifié l’espionnage par le Maroc des numéros de téléphone de personnalités dans certains pays, comme l’Algérie, de « scandale retentissant » révélé par des instances mondialement connues pour leur intégrité et leur crédibilité, menées par 17 médias internationaux, « au sommet du professionnalisme et de l’intégrité, et les preuves indiquent que le Maroc est l’un des 11 pays qui ont acheté le programme Pegasus, et c’est une violation de toutes les morales, religions, coutumes, droit international et obligations internationales du Maroc » dénonce-t-il.

Le Pr Lazhari ajoute que « le Maroc a commis une violation claire et explicite de l’article 17 de convention internationale relative aux droits civils et politiques, qui parle du droit à la vie privée, et le Maroc l’a ratifié et dont le texte stipule : « Nul ne sera soumis à des ingérences arbitraires ou illégales dans sa vie privée ou ses affaires, sa famille, son domicile, sa correspondance ou toute campagne illégale portant atteinte à son honneur et à sa réputation », un article qui lie tous les pays, assure le professeur.

Le même responsable a indiqué, que le Maroc a violé même les lois qu’il a promulguées, telles que la loi 98/28, et cela constitue un comité pour protéger la vie privée.

En revanche, le pr Lazhari a appelé les partis d’opposition, les personnalités politiques algériennes et les journalistes espionnés, pour agir contre ce scandale marocain, par les services de renseignement marocains, à espionner en toute « honte » les responsables algériens, et a assuré que l’Algérie se tient debout face à ces attaques menées par diverses agences judiciaires et sécuritaires de l’État, pour protéger la vie privée des citoyens et des fonctionnaires.

Le président du Conseil national des droits de l’Homme, a décrit ce qu’avait fait le représentant du Maroc auprès des Nations Unies, en distribuant un document aux pays participant au Sommet des pays non alignés à New York, dans lequel il prétend « soutenir le peuple kabyle à l’indépendance », ce qui est « la continuation des grands scandales commis par le régime marocain tout au long de l’histoire, l’Algérie a souffert d’attaques répétées du régime marocain, à partir de 1963, qui a été témoin d’une nette atteinte à sa souveraineté immédiatement après l’indépendance, et depuis l’établissement de la Charte de l’unité africaine à Addis-Abeba en 1963 avec la participation de 30 pays, de sorte que le Maroc était le seul pays à avoir refusé de signer la Charte de l’unité africaine, car elle stipulait le principe de ne pas toucher aux frontières héritées du colonialisme, à partir de là, a commencé l’odeur expansionniste et la non-reconnaissance des frontières laissées par le colonialisme », explique Lazhari.

Dans le même ordre d’idées, le même responsable a déclaré : « Le colonialisme ne nous a pas laissé ces frontières par sa volonté et comme un don, il lui a été imposé par les fleuves du sang des martyrs, qui ont payé cher et précieux pour que l’Algérie reste indépendante et unie dans son sol, ajoutant : « Le Maroc, avec sa longue histoire avec l’Algérie et ses chapitres, se développe avec le temps, comme cela arrive avec la question du Sahara occidental, de sorte que le Maroc, avec préméditation et harcèlement, s’est emparé de cette colonie espagnole, qui a été inscrite comme colonie au niveau des Nations Unies, depuis 1961, et il veut faire circuler des mots qui trompent le peuple marocain, et lui dépeignent que le Sahara Occidental fait partie du territoire marocain, et c’est le plus gros mensonge, car les Nations Unies et l’Union Africaine est inscrit auprès d’eux comme une affaire de décolonisation, et l’affaire est toujours inscrite auprès du Comité des 29 de la Commission des Nations Unies, d’autre part, 19 autres territoires sont sous domination coloniale, et avec violation de leur intégrité territoriale.

En effet, ajoute le Pr Lazhari, que « l’Algérie avec la communauté internationale, exige que la mission de la MINURSO supervise la mise en œuvre du contenu du Pacte international, réglementant l’autodétermination du peuple sahraoui, ratifié par le Maroc  au début des années 90 ».

Concernant ce qui a été commis par le représentant du Maroc auprès des Nations Unies à New York, le Pr. Lazhari a déclaré qu’il s’agit d' »arrogance » et de propos inacceptables et honteux, parlant d’une partie chère de l’Algérie, peuple et régional, et d’un authentique, honorable et essentiel partie du peuple algérien, et « le Maroc veut comparer la région de la Kabylie au Sahara occidental » fulmine-t-il, rappelant que, c’est illogique et déraisonnable, selon le droit international, qui dit que les zones sous colonialisme ont le droit à l’indépendance par référendum, tandis que le reste des régions, la Charte des Nations Unies doit être respectée, c’est-à-dire, le respect du caractère sacré du territoire et des personnes.

« Ensuite, le Maroc qui joue cette carte sera brûlé avec, et il y a des régions au Maroc avant le début de la révolution de libération qui étaient des régions au Maroc qui réclamaient la fondation de républiques indépendantes », explique-t-il.

Enfin,  Bouzid Lazhari, réitère le soutien algérien au droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, soulignant que ce soutien est au cœur du droit international, qui accorde aux États le droit de soutenir les peuples coloniaux.

 Yahia Maouchi