Candidature à la présidence d’Interpol d’un général émirati accusé de torture : un député français dénonce « une candidature de la honte »

Candidature à la présidence d’Interpol d’un général émirati accusé de torture : un député français dénonce « une candidature de la honte »

« Si on a à la présidence d’Interpol, une organisation qui a pour rôle d’arrêter des criminels, une personne soupçonnée elle-même de crimes, çà pose un grand problème de légitimité », a déclaré le député du Rhône (France),  Hubert Julien Laferrière, en qualifiant la candidature d’Ahmed Nasser Al-Raisi, un haut responsable de la Sécurité Intérieure des Emirats Arabes Unis qui fait l’objet de plusieurs plaintes internationales pour torture et détention arbitraire d’opposants au régime.

Outre Laferrière, 34 autres députés français se sont mobilisés contre la candidature du général émirati et ont envoyé une lettre dans ce sens au président français, Emmanuel Macron mais ils n’ont pas encore reçu de réponse, selon des médias locaux, ni de celle du ministre de l’intérieur qui a visité ce matin le siège d’Interpol à Lyon.

Pour rappel, les Emirats Arabes Unis sont devenus le deuxième contributeur d’Interpol grâce à un don de 50 millions d’Euros versés en 2016.

C’est à la fin du mois de novembre prochain que l’élection du Chef d’Interpol devrait intervenir et les signataires de la lettre estiment que l’élection du général El Raisi « aurait une portée éminemment politique ».

Alors que le général Al-Raisi fait l’objet de plusieurs plaintes internationales pour pratique de la torture dans son pays, les députés évoquent un autre scandale qui a touché un ex président d’Interpol, le chinois Meng Hongwei qui a été condamné à 13 ans de prison en 2020 après avoir été convaincu de corruption et qu’il ait disparu lors d’un voyage en Chine en 2018, « littéralement kidnappé par la police chinoise », affirme-t-on.

L’auguste organisation chargée de coordonner les enquêtes criminelles internationales lancées par les services de sécurité des pays membres (dont l’Algérie) vit-il lui aussi dans les odeurs nauséabondes de la géopolitique et de ses coups bas ?

Les autres candidats à ce poste sont-ils tous sans taches ? L’épisode Meng puis la levée de boucliers contre la candidature du général émirati sont-ils des évènements isolés et sans relation ? Les questions restent posées jusqu’à l’élection du prochain président d’Interpol en novembre prochain.

Le siège d’Interpol demeure à Lyon

A la fin de sa visite ce matin au siège d’Interpol à la Cité Internationale à Lyon que l’organisation internationale occupe depuis plus de 30 ans, le ministre de l’intérieur français, Gérald Dermanin, a annoncé qu’Interpol restera à Lyon et que l’Etat français s’est engagé à financer la rénovation du bâtiment, mais demande une aide des collectivités locales qui ne sont pas vraiment chaudes pour cela, à entendre la réponse du maire « Je rappelle qu’Interpol est une organisation internationale dans laquelle les États sont engagés. Il est évident que c’est à l’État français de faire le boulot », a-t-il affirmé.

Questionné sur la candidature du général Ahmed Nasser Al Raisi, Dermanin réplique que :

« La France va étudier toutes les candidatures, écouter la campagne et recevoir les États et choisir ce qu’elle pense être le mieux pour elle et pour la coopération internationale »…..

Tahar Mansour

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