Chef de la diplomatie sioniste : Yaïr Lapid en visite aux Émirats

Israeli opposition leader Yair Lapid, speaks during a news conference in Tel Aviv, Thursday, May. 6, 2021. Lapid called on his potential partners to find "common ground" and expressed optimism that a new coalition government would be formed. (AP Photo/Oded Balilty)

Chef de la diplomatie sioniste : Yaïr Lapid en visite aux Émirats

Le ministère israélien des Affaires étrangères est de retour. Écrasé sous le règne de Benyamin Netanyahou, le principal représentant de la diplomatie de l’État hébreu a retrouvé son rang. Poids lourd du nouveau gouvernement de Naftali Bennett, Yaïr Lapid est en tournée. Il a rencontré Antony Blinken à Rome et se rend mercredi à Abu Dhabi.

Il s’agit de la première visite officielle d’un haut responsable sioniste dans cet État du Golfe depuis que les deux pays ont établi des relations diplomatiques l’année dernière. Il va inaugurer l’ambassade de l’entité sioniste à Abu ainsi que son consulat général à Dubaï. Yaïr Lapid recueille les fruits des accords d’Abraham signés par Donald Trump et Benyamin Netanyahou.

Ce dernier avait prévu de se rendre à deux reprises chez ses nouveaux amis. Le premier voyage avait été reporté pour cause de crise sanitaire. Le second en raison du refus de la Jordanie d’ouvrir son espace aérien à la suite d’une brouille avec son voisin. «L’ironie de l’histoire est que c’est son rival politique qui fait la tournée triomphale», note Yigal Palmor, ex-diplomate et directeur de la communication de l’Agence Juive. «L’un des prédécesseurs de Yaïr Lapid reconnaissait publiquement qu’il n’avait aucun rôle à jouer. C’était consternant. Gabi Ashkenazi, le dernier titulaire du poste dans le gouvernement Netanyahou-Gantz, n’avait pas été autorisé à se rendre à Abu Dhabi pour ne pas faire d’ombre», indique-t-il.

Les accords trilatéraux d’Abraham survivent car il s’agit d’un mariage d’intérêt. Ils sont le legs de Jared Kushner, le gendre de Donald Trump. Le conseiller de l’ex-président américain en a été l’architecte. Benyamin Netanyahou, qui avait engagé des discussions parallèles via le chef du Mossad de l’époque, Yossi Cohen, en était le réceptionnaire. Certaines clauses, comme la vente d’avions américains F-35 aux Émirats arabes unis (EAU), ont été, semble-t-il, cachées à la partie sioniste.

L’Administration Biden se montre réservée sur la livraison de ces 50 jets de combat pour un montant de 23 milliards de dollars. L’entité sioniste et les EAU ont rapidement développé leurs relations. Elles sont passées dans un premier temps par le tourisme avec une ruée des Israéliens sur Dubaï. Un mouvement freiné par le Covid-19. Elles ont pris une ampleur croissante dans les secteurs de la cybersécurité, du high-tech et du biomédical. Très symbolique, le rachat par un Émirati du club de football du Beitar d’Al Qods, réputé pour les frasques de ses supporteurs anti-arabes, a tourné au fiasco. Le personnage n’avait pas la surface financière pour une telle opération. Et le projet d’oléoduc pour transporter le pétrole du Golfe via Ies territoires occupés suscite des interrogations dans le nouveau gouvernement israélien. La ministre de l’Environnement Tamar Zandberg, issue des rangs du parti de gauche Meretz, n’y serait pas favorable. Il inquiète les Égyptiens, qui craignent un impact sur le canal de Suez, principale voie d’acheminement du pétrole dans la région.

R.I.