Commerce : où est encore passée l’huile de table ?

Commerce : où est encore passée l’huile de table ?

C’est vraiment à n’y rien comprendre ou … à comprendre des choses qu’on ne souhaiterait jamais ! Il y a quelques jours, l’huile de table en bidons de 5 litres, d’un ou deux litres était disponible partout en quantités astronomiques, au prix de 600 DA les 5 litres.

Soudain, une rumeur persistante, dont la source n’est pas connue, nous fit savoir que ce produit essentiel pour notre cuisine allait disparaitre des épiceries et que, cette fois, ce serait pire que la première fois. Nous nous sommes regardés droit dans les yeux et nous nous sommes dit que ce n’était certainement qu’une rumeur comme il en arrive souvent.

Mais lorsque nous avons demandé au commerçant du coin un bidon d’huile, son regard nous fit craindre le pire, tant il était étonnant et étonné. L’épicier s’approcha de moi (je suis son client) et me dit : « Ecoute, si tu veux une bouteille d’un litre, je te dépanne, en attendant de voir plus clair, mais il n’y a pas de bidons ».

Tombant des nues, c’est d’une manière ingénue que la question sortit : « et où sont passés tous les bidons que vous entreposiez dans ce coin de votre supérette ? ». Réponse : « J’ai vendu plus de 150 bidons d’huile de 5 litres en 2 jours seulement ».

Et c’est le même topo dans toutes les épiceries, les supérettes, les supers et les hyper marchés, il n’y a plus d’huile. Aucune explication, sauf des rumeurs, des rumeurs et encore des rumeurs.

Certains avancent que c’est Cevital qui a réduit sa production de manière drastique, d’autres parlent d’une mafia qui achètent toute l’huile sur le marché pour des raisons politiques et d’autres encore affirment ne rien comprendre. En effet, c’est plus qu’incompréhensible.

Nous avons essayé de poser la question aux services concernés, mais comme c’est jeudi après-midi, nous n’avons pu en joindre personne.

Quant aux commerçants, ils vous font les yeux de victimes et répondent : « nous n’en savons pas plus que vous, lorsque nous nous rendons chez le grossiste, il nous informe que lui-même n’en a aucune idée et que lorsqu’il se dirige vers l’usine on ne lui remet qu’une petite quantité, en arguant que c’est tout ce qu’ils peuvent lui vendre ».

La question demeure entière : où est passée toute l’huile qui se trouvait en très grandes quantités dans les milliers de magasins, grands et petits, à travers l’ensemble du territoire national ?

Il y a une deuxième question : pourquoi la quantité produite ne suffit-elle plus maintenant ? Y a-t-il eu diminution ? Y a-t-il plus d’acheteurs ? Nul ne peut le dire pour le moment, mais le fait est là : l’huile de table est quasiment inexistante sur le marché national, une situation que nous avons vécue il y a seulement quelques mois : l’huile avait disparu, est reparue sous le manteau à des prix trop élevés puis, tout aussi subitement qu’elle avait disparu, elle est réapparue dans les magasins de manière normale, sans que quiconque ait donné la moindre explication, sauf des rumeurs, des rumeurs, des rumeurs …

Allons-nous vers un remake de la situation d’il y a quelques mois ? Allons-nous enfin, nous, algériens, connaitre la fin de ces calvaires et de ces pénuries sans fin, et, au moins, en connaitre les raisons vraies ?

Tahar Mansour