Contribution : La nouvelle Algérie face aux enjeux hydriques

La nouvelle Algérie face aux enjeux hydriques

* HAICHOUR Ikram Eddine

Aujourd’hui plus que jamais l’humain est de plus en plus convaincu de l’importance de l’eau. Cette ressource naturelle essentielle à la vie, vitale pour le fonctionnement des différents écosystèmes ainsi qu’au fonctionnement de nombreux secteurs économiques, appelle une vigoureuse action pour soutenir une stratégie politique et sociale suivie d’une rationalisation dans la gestion de l’eau.  De son côté et au cours des dernières années, l’Algérien a pris davantage conscience de la nécessité de mieux gérer et protéger l’eau. Cette ressource se raréfie tant au plan pluviométrique qu’en matière de gouvernance.

La population vit une crise hydrique sans précédent alors que d’énormes budgets ont été alloués au secteur hydraulique. L’or bleu devenant une ressource indispensable à l’économie nationale. Il devient prioritaire plus que l’or noir, que les pouvoirs publics entament dans l’urgence les chantiers de remise en état, des canalisations, des technologies de dessalement, de mobilisation d’eau par l’entretien périodiques de tous nos barrages afin d’optimiser nos réserves en eau potable et en irrigation. La planète vit une détresse hydrique des plus inquiétante. Les changements climatiques affectent l’ensemble des équilibres vitaux des populations et de l’économie mondiale.

L’eau est cœur des bouleversements géopolitiques. Depuis la cop 21 initiée par l’ONU, qui a rassemblé les délégués de nombreux pays, l’humanité est interpelée pour adopter des politiques de rationalisation et de lutte contre le gaspillage de cette denrée utile de plus en plus à la survie des nations. En Algérie l’eau limitée en quantité et en qualité à cause des changements climatique et les variations des conditions naturelles qui en découlent, somme les Etats à entreprendre des politiques dans l’ingénierie hydrique devant anticiper aussi sur les risques majeurs.

 

Coïncidant avec la saison d’été, plusieurs villes Algériennes connaissent une pénurie de l’eau potable, qualifiée de perturbations passagères par certains responsables du secteur de tutelle. Il s’agit selon ces derniers d’un simple résultat lié aux changements climatiques constatés aux fils des années précédentes. Néanmoins, l’avis des experts diverge dans plusieurs points. Ils jugent que cette crise vécue par le citoyen Algérien est due à la non gouvernance, provoquant des failles de nature irresponsables dans le suivi et la maitrise des stratégies hydriques. Le citoyen se voit être confronté au quotidien à des coupures sans cesse renouvelées, provoquant des situations d’approvisionnement en eau potable et en eau de ménage.

N’est-ce pas là le résultat de décennies de procrastination et l’inadaptation avec la technologie et les outils modernes. Le management Algérien quant à lui, essaye de trouver des solutions miracles à cette crise qui se révèle un défi décisif surtout dans cette période de pandémie, et de difficultés sociales et économiques. Des mesures importantes pour sortir de la situation de pénurie d’eau qui touche le pays et la problématique de l’hydraulique ont été placées en tête de liste des priorités actuelles ainsi que le déploiement de tous moyens nécessaires afin de mobiliser les nouvelles ressources en eau conventionnelle et non conventionnelle.

La question reste posée. Le nouveau staff exécutif réussira-t-il à relever le défi de l’eau potable ? faut ‘il établir une nouvelle stratégie politique de l’eau plus efficace ? Le manque d’eau potable a-t-il un impact sur la propagation du covid-19 ?

 

Deadline de la patience publique face à la raréfaction de la ressource en eau

L’Algérie fait partie des pays les plus déficitaires en eau, avec une disponibilité théorique moyenne estimée à 500 m3 /hab/an. Ce qui est un seuil critique. Toutefois les données réelles annoncent un volume de 383 m3/hab/an. Cette quantité n’arrive même pas à la moitié du seuil de rareté fixé par la Banque Mondiale, fixé à 1000 m3/hab/an et du quart du seuil de confort qui est de 2000 m3/hab/an.

Ces jours-ci la population Algéroise et celle de plusieurs villes, vivet un cauchemar de pénurie d’eau potable. A l’aube même des changements tellement attendus et promesses unilatérales, tant espérées à les voir se réaliser. Le citoyen n’étant pas préparé à cette crise surtout en plein saison des chaleurs, dépourvu de son droit humain et élémentaire. La tension monte au même temps que le stress hydrique persiste. Les pouvoirs publics reste inefficaces et optent pour des solutions rapides et vaines, gelant les activités de lavage auto jusqu’à nouvel ordre. Comment établir un plan de rationnement de la distribution de l’eau pour les 57 communes de la capitale ?Il faut une instance de veille pour anticiper sur toute situation stratégique ?

Une faible pluviométrie à elle seule n’est pas la seule cause. D’autres obstacles sont à éliminer pour juguler ce fléau de la rareté de la ressource en eau persistant déjà depuis des décennies en Algérie. Selon les experts il aurait fallu mettre en œuvre des politiques hydriques s’adaptant avec le climat semi-aride, et pousser l’état à investir davantage dans le développement du secteur hydraulique : barrages, transferts, stations de dessalement d’eau de mer, stations d’épuration.  Les efforts consentis par les autorités pour éloigner le pays de sa situation de pauvreté hydrique.

La politique de l’eau annoncée et mise en place porte à s’interroger sur la poursuite des efforts dans le temps et sur l’inscription de ces projets dans l’avenir moyen pour relever les défis économiques, environnementaux et sociaux auxquels le pays fait face. Face au défi social, celui d’assurer un accès à l’eau potable en quantité et en qualité suffisante, et le partage équitable de l’eau entre les territoires d’un côté et la tarification sociale de cette denrée de plus en plus rare d’un autre, le management algérien doit amplifier sa politique de communication et élargir sa zone de sensibilisation.

La vitalité et l’importance de rationaliser la consommation de cet or bleu est d’éviter toute forme de gaspillage de la part des citoyens. Les acteurs économiques ou bien les administrations publiques, doivent assurer éventuellement une disponibilité limitée de cette ressource importante et vecteur pour la réalisation du développement durable.

Cyclone social et crise économique, quelle alternative pour y remédier ?

Le mécontentement causé par la crise d’eau potable n’est pas le seul souci a l’heure actuelle, la difficulté financière et la détérioration du pouvoir d’achat qui surchargent la responsabilité des ménages algériens, exige une réévaluation des mécanismes économiques mise en place soutenu exclusivement par la rente pétrolière variable assujettie au prix mondial des hydrocarbures. Cependant, une diversification des revenus et une orientation immédiate vers les énergies renouvelables et une économie digitale avec toutes les transformations et les assises nécessaires pour réussir une relance économique, permettant ainsi à l’Algérie de regagner sa place dans le podium africain des pays leaders selon leur PIB par habitant.

Une analyse à la lumière des efforts fournis par l’Etat algérien afin de résoudre les problèmes liés à la pression croissante sur les ressources en eau. Véritable indicateur de la qualité de vie du citoyen,

Cela nous mène à critiquer la compétence des institutions hydrauliques et de la qualité de sa gouvernance, surtout que d’importants financements et investissements publics alloués au secteur de l’eau, durant des années pour mener à bien la gestion de cette ressource vitale sans pour autant arriver à une solution fiable ou du moins alléger la crise. A qui incombe la faute, aux conditions climatiques impitoyables ? A la mauvaise gouvernance des organismes responsables de la gestion d’eau ? Ou bien à l’inconscience et le gaspillage exagéré du citoyen de cette denrée rare ?

 

Un engagement collectif et une implication éthique pour lutter contre le stress hydrique

La crise de l’eau aigu, vécu ces derniers temps dans plusieurs wilayas du pays revient à plusieurs facteurs socioéconomiques, sociodémographiques et environnementaux ainsi que décisionnels. Le commerçant quant à lui n’as pas épargné le ménage algérien, triplant sa marge de bénéfice et profiter de la conjoncture actuelle pour hausser les prix d’acquisitions des conteneurs d’eau et faire du consommateur finale l’unique victime de cette chaîne.

UNE INGENIEURIE ET UNE RATIONALITE POUR DEPASSER CETTE CRISE HYDRIQUE

 

L’absence du contrôle de la part des services compétents et la non application des orientations strictes dictées par les pouvoir publiques n’ont fait qu’aggraver les conséquences, car chaque jour on est témoins de dépassement et de gaspillage d’eau dans notre entourage, rajouté à des fuites et à des pannes techniques. Tout cela cumulé aux problèmes engendrés par les conditions climatiques arides, on obtient la meilleure recette pour avoir une crise hydraulique difficile à surpasser. Par conséquent, pour dépasser cette crise ou à la rigueur lui faire face, une intelligence collective et une action commune sont impératives surtout dans ses temps de pandémie Covid-19 où l’enjeu est vital et que le défi d’aujourd’hui est plus important qu’auparavant, car l’eau est le meilleur moyen pour lutter contre la propagation de la Covid-19.

Ecrit par :

HAICHOUR Ikram Eddine

Licence en Management à HEC Alger ex-INC

Cadre ressource Humaine

MBA en Mangement et Direction des Entreprises.

 

 Bibliographie :

  • Morgan Mozas & Alexis Ghosn, dans État des lieux du secteur de l’eau en Algérie,
  • https://traitement-eau.ooreka.fr/,
  • SIMULATION STRATEGIQUE, POLITIQUE DES RESSOURCES EN EAU EN ALGERIE A l’HORIZON 2030, par SABRINA DJAFFAR et AHMED KETTAB,

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