Contribution – Les bienfaits de la colonisation en Algérie! Quelle mystification absurde!

Contribution

Les bienfaits de la colonisation en Algérie! Quelle mystification absurde!

(*) Par Allaoua Bendif
Dans le traitement mémoriel du crime colonial Français, crime majeur contre l’humanité, en Algérie, ce sujet, occupe une place de haute visibilité. Même Benjamin Stora, qui s’est méthodiquement construit un profil d’ami de l’Algérie et d’historien neutre, voire objectif, parle des souffrances des deux côtés, comme si le les souffrance de l’agresseur finalement chassé et celle de ses victimes pendant 132 ans pouvaient envisagées comme étant comparables, comme si la souffrance d’un squatteur d’un squatteur, d’un voleur finalement chassé par le propriétaire des lieux, au bout de 132 années de souffrances, de tueries barbares, d’expropriations, de spoliations, de racisme suprématiste abject élevé au rang de système de gouvernance coloniale génocidaire, pouvaient être comparables!!
Alors, dispute passionnelle entre deux peuples à l’histoire commune? Non! Jamais!..
Décolonisation de la Mémoire, hélas, sanglante et absolument barbare entre une puissance colonisatrice, impérialiste, suprématiste, raciste et clairement génocidaire,  venue conquérir un territoire en dépit des lois et des Droits Humains proclamées par elle-même et, par la force des armes, soumettre son peuple, tenter de le faire disparaître par les massacres et les tueries multiformes, par sa sur-paupérisation multi modale, par sa gestion génocidaire des épidémies qui l’ont frappé, par la déconstruction manipulée de son histoire (dont l’absurde « nos ancêtres, les Gaulois » est absolument anecdotique à côté du travail de dislocation de la cohérence territoriale, ethnique, culturelle et identitaire réalisé par les officiers supérieurs de la Sociologie coloniale tactique, par ses officiers de la Psychiatrie coloniale tactique, par ses officiers ethnologues destructeurs et même par ses  poètes-députés métropolitains déclamant leur racisme au Parlement de la République française.
Tout, absolument tout, sans exception aucune, de ce qui a été fait ou défait, construit ou déconstruit ne l’a jamais été que pour faire disparaitre la réalité autochtone qui existait, depuis des millénaires, sur le territoire conquis mais jamais soumis et le remplacer, sauvagement, par une autre réalité infligée par l’impérialisme suprématiste et raciste, au profit d’un ramassis de colons criminels, voleurs, spoliateurs et assassins ramenés des quatre coins de la France et des pays du pourtour méditerranéen.  Tout ce que la France coloniale a construit en Algérie occupée c’était pour les colons. Juste pour eux. Jamais pour les Algériens. Jamais!
Elle a construit en Algérie car elle croyait qu’elle l’a définitivement prise aux Algériens…qu’elle avait réussi à faire disparaitre les  Algériens de leur territoire et surtout de leur Histoire, de leur Sociologie. La France coloniale a construit pour  » la France, de Dunkerque à Tamanrasset », jamais pour les Algériens qu’elle a tout fait pour anéantir, définitivement. Pour surveiller ce processus d’anéantissement génocidaire, elle a institué un « Département colonial des statistiques démographiques et médicales », dont l’un des responsables, le Dr René Ricoux, écrivait dans l’un de ses rapports périodiques, vers la fin du 19eme siècle que « le déclin démographique de la population algérienne était tel que les Berbères et les Arabes, races dégénérées, devaient tendre à une disparition régulière et rapide ».
Alors, définitivement et clairement : le colonialisme français a tenté, vainement, sauvagement et de manière criminelle de détruire l’Homme Algérien, son organisation territoriale, sa culture, son identité, son Histoire, sa sociologie et son ethnologie pour implanter son projet colonial criminel. Point barre.
Les quelques réalisations, abandonnées dans la défaite, sont un maigre butin de victoire saisi par l’Algérie restaurée dans sa souveraineté, par la force du combat sacrificiel et Juste!
Ce butin de victoire ne représente cependant même pas le millionième de ce ce que la France coloniale a volé, oui, volé!
Ce maigre butin de victoire ne représente même le millionième des efforts colossaux que nous devons faire pour reconstruire l’Homme Algérien, pour réorganiser sa cohérence territoriale nationale, pour écrire sa vraie Histoire, sa vraie Sociologie, sa vraie ethnologie et les débarrasser des pièges tactiques et des absurdités que les officiers coloniaux français sociologues, ethnologues, psychiatres et autres y ont méthodiquement installé. Nos intellectuels, nos chercheurs, nos universitaires en sont capables. Il faut désormais que la Nation les mette dans les conditions matérielles et immatérielles  nécessaires à l’accomplissement de ce travail du plus haut intérêt national.

(*)   Allaoua Bendif

 Fils de Chahid

Docteur en psychologie Clinique

Enseignant universitaire à la retraite.

Auteur de : « Violences Algériennes », Koukou Editions. Octobre 2019