Contribution/  Une piraterie internationale, contre la souveraineté de l’Etat Libyen.

Contribution/  Une piraterie internationale, contre la souveraineté de l’Etat Libyen.

2ème partie

Par Hassen Kacimi

Haftar un homme de guerre, qui a fait échec à toutes les initiatives de paix, en Libye.

L’intervention étrangère en Libye s’est faite sous le faux slogan du combat contre la tyrannie et la mise en place d’une démocratie.

L’intervention étrangère en Libye a eu pour résultat la destruction d’un pays et l’avènement de la tyrannie des milices armées, qui ont ouvert la voie royale au pillage à grande échelle du pétrole Libyen

Elle a également permis à l’entité sioniste, sous le couvert des Émirats Arabes Unis, d’installer des bases militaire à l’est et au sud est de la Libye, dans la perspective d’une conquête du Sahel et d’un encerclement de l’Algérie.

Des manœuvres occultes dans le Sahel et dans l’espace de libre circulation des personnes de la CEDEAO , ont encouragé le redéploiement de toutes les routes migratoires vers l’Algérie, en vue de noyer notre pays d’une migrassions massive, qui serait instrumentalisée , en vue de faire de l’Algerie, contre son gré , une plate forme , à grande échelle, de débarquement migratoire, qui ouvrirait la voie royale à des ingérences étrangères, au nom de la protection des droits des migrants et des droits des réfugiés .

– Haftar un mercenaire qui a fait la guerre à la Libye :

L’Accord politique libyen, décembre 2015.

C’est le premier accord de paix de décembre 2015, devant trouver une solution à la crise, que Haftar a fait capoter

L’accord de Skhirat du 17 décembre 2015.

Khalifa Haftar s’est aussi opposé à l’accord de Skhirat du 17 décembre 2015, sous les auspices de l’ONU. C’est à l’issue de cet accord que Fayez al-Sarraj a été nommé Président du Conseil Présidentiel du Gouvernement d’Unité National.

C’est par résolution n° 2259 le Conseil de Sécurité de l’ONU que le Gouvernement d’Union Nationale, a été reconnu comme le seul représentant légitime de la Libye.

La Conférence à Paris du 29 mai 2018 :

La France a manœuvré pour organiser le 29 mai 2018, une Conférence à Paris, pour neutraliser l’accord de Skhirat et le remplacer par un autre accord , qui serait favorable à Haftar . Il était prévu d’organiser des élections Présidentielles et législatives, le 10 décembre 2018, sous les bons offices de la France.

C’est une réunion morte née, suite au désaccord enregistré, entre les différends protagonistes Libyens.

La Conférence de dialogue national, du 14 avril 2019, à Ghadamès.

Haftar a également torpillé la « Conférence de dialogue national », sous les auspices de l’ONU, prévue le 14 avril 2019 à Ghadamès.

Haftar a été convoqué aux Emirats Arabes Unis et en Arabie saoudite, quelques jours avant la tenue de cette conférence, pour recevoir des instructions, au sujet de cette conférence de paix.

C’est suite à l’interférence de ces deux pays, que Haftar a ordonné d’attaquer Tripoli, le 4 avril 2019 .

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a été humilié. Il s’est rendu à Tripoli pour assister à la conférence de dialogue national, le 4 avril 2019, sous un déluge de feu, provoqué par les bombardements de Haftar.

Haftar a combattu les résolutions du Conseil de sécurité, en menant une guerre contre le gouvernement d’Union Nationale, de Faez Esseradj.

La neutralisation des résolutions du Conseil de Sécurité a été rendue possible , grâce au soutien de Macron, qui est l’un des plus grands amis de Haftar , et de l’axe subversif Emirati, sioniste, qui ont mobilisé de grands moyens , dans l’espoir d’imposer la paix des vainqueurs .

La réunion de Palerme, en novembre 2019 :

Haftar s’est prévalu du soutien de Macron, pour faire capoter cette réunion. Haftar, instruit, devait barrer la route aux Italiens, pour les écarter de tout processus politique, en Libye, devant leur donner de quelconques rôles, d’intermédiation. Macron, cherchait à jouer seul, dans le marécage Libyen.

La réunion du 13 janvier 2020 à Moscou :

La réunion entre les différents protagonistes, s’est soldée par le refus de Haftar de signer un cessez le feu.

L’accord de Genève, du 23 octobre 2020 :

Les parties Libyennes rivales ont signé un accord de cessez-le-feu permanent avec « effet immédiat », après cinq jours de discussions, organisées à Genève, par l’ONU.

L’accord de Tunis du 13 novembre 2020 :

Les délégués libyens réunis en Tunisie sont parvenus à un accord prévoyant «des élections nationales le 24 décembre 2021 ».

Le principal enjeu de cette conférence a été de garantir la tenue simultanée des élections présidentielle et législatives en fin décembre 2021.

La conférence de Berlin 1, du 19 janvier 2021 :

C’est le 19 janvier 2020 que la première Conférence de Berlin sur la Libye, s’est tenue, pour instaurer un cessez-le-feu permanent. Haftar a bombardé Tripoli, un jour après la conférence de Berlin, qui a appelé toutes les parties à mettre fin à la guerre.

Le gouvernement libyen a annoncé qu’il suspendait les pourparlers à Genève, le 19 février 2020. Il a également annoncé qu’il ne se réunirait plus avec Haftar qui a rejeté tous les accords de paix proposés, ajoutant solennellement que Haftar n’aurait aucun rôle, dans la nouvelle Libye.

Réunion en Suisse, le 05 février 2021 :

Le 5 février 2021, ce sont réunis en Suisse, 75 délégués Libyens, sous les auspices de l’ONU, qui ont élu  Abdelhamid Dbeibah, comme Premier ministre, avec un Conseil présidentiel de trois membres, représentant l’Ouest, l’Est et le Sud.

L’élection d’un Conseil Présidentiel, sous les auspices des Nations Unies, est une étape importante qui doit mettre fin à la carrière de Haftar, le mercenaire, à la solde de puissances étrangères.

Le nouveau Conseil Présidentiel et le conseil exécutif présidé par Debeiba, se sont engagés à honorer la feuille de route, approuvée en novembre 2020, par les 75 représentants du Forum sur le dialogue politique libyen.

Cette nouvelle instance de direction de la Libye a pour mission de réunifier les institutions de l’Etat et d’assurer la sécurité, jusqu’aux élections présidentielles, prévues en décembre 2021.

L’élection inattendue de Dbeiba, comme Premier Ministre de la Libye, a provoqué un grand désarroi auprès Emirats Arabes Unis et de la France.

Le résultat du vote a été une grande surprise. Les principales personnalités influentes, étaient sur la liste non élue.

Selon les avis qui ressortaient la veille de l’élection des nouvelles instances Libyennes, la liste de Dbeibah n’avait aucune chance de passer. C’est la liste du président du Parlement Aguila Saleh et du puissant ministre de l’Intérieur Fathi Bashagha , qui avaient toutes les chances de rafler la mise .

La liste présentée par Bachagha et Aguila Saleh, président du Parlement de l’est de la Libye, n’a pas été élue, ce qui de droit écarte les deux personnalités fortes de l’est , à savoir Aquila Salah et Haftar , qui doivent se soumettre à cette nouvelle institution de direction du pays .

La France et l’Égypte, ont soutenu la liste dirigée par le président de la Chambre des représentants Aguila Saleh et le ministre de l’Intérieur du Gouvernement d’accord national (GNA), Fathi Bachagha.

Le clan de l’est avec le soutien de la France, des Emirars Arabes Unis et de l’Egypte, commencent à mobiliser leur lobby, pour tirer à boulet rouge sur le Premier Ministre Debeiba, en lui reprochant d’être un ancien oligarque de Kadhafi et un islamiste proche des Turques.

Malgré l’élection d’une instance nouvelle de direction de la Libye, le terrain reste miné par de lourds écueils, nés de 11 ans de combats et de confrontations, aggravés par de fortes interventions étrangères, qui ont fait de la Libye , un marécage qui a déstabilisé la Méditerranée , l’Afrique du nord et tout le Sahel .

La conférence de Berlin 2 , du 23 juin 2021 :

Lors de la deuxième conférence de Berlin, les Etats-Unis ont réaffirmé «l’objectif d’une Libye souveraine, stable, unifiée et sûre, libre de toute ingérence étrangère».

Le Premier Ministre Russe Mikhail Michoustine, a affirmé que « la Russie a toujours soutenu la souveraineté et l’intégrité de la Libye et un retour de la paix à laquelle tous les acteurs politiques pourront œuvrer ».

L’Union Européenne appelle aussi à un retour à la paix et la sortie de crise, pour mieux renforcer la lutte contre la migration illégale, vers l’Italie , à partir des côtes Libyennes .

La Ligue des Etats arabes, l’ONU, et l’Union Africaine, ont réclamé un retrait des forces étrangères.

La Conférence de Berlin 2 doit fixer les modalités du retrait total de tous les mercenaires, réclamée par les autorités libyennes et l’ONU.

Au niveau des modalités de retrait des forces étrangères, la France défend l’option du retrait par étapes. Elle propose des mesures dilatoires , portant sur un calendrier de six mois, devant assurer l’évacuation , en premier lieu, des  mercenaires Syriens , suivi par les forces Turques, sans pour autant intégrer dans cet agenda , la sortie des mercenaires mobilisés par les Emirats Arabes Unis.

Racep Tayyib Erdogan,  dont le pays est le plus concerné par le retrait des mercenaires, considère que «les  forces Turques  sont présentes en Libye, conformément à une convention en bonne et due forme, signée avec l’ancien gouvernement d’union général(GNA) de Fayez al-Sarraj.

Pour le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas , dans une déclaration au quotidien Die Welt, celui ci a noté que ceux qui avaient donné l’engagement à Berlin de retirer leurs troupes , ne l’ont pas respecté, en faisant allusion à la Russie, la Turquie et les Emirats arabes unis.

Pour la ministre des affaires étrangère Nadjla Al-Mangoush, « le maintient des forces étrangères en Libye, empêche l’organisation des prochaines élections, dans de bonnes conditions et retarde la réunification de l’institution militaire, une condition incontournable au rétablissement de la paix et au recouvrement de la totalité de la souveraineté Libyenne « .

Les divisions entre les deux pouvoirs rivaux, en Tripolitaine (Ouest) et Cyrénaïque (Est) restent importantes malgré l’accord de Berlin 1.

Dans la nuit du 7 au 8 mai 2021, des dizaines d’hommes armés ont fait irruption dans un hôtel de Tripoli, servant de QG au Conseil Présidentiel, pour protester contre l’appel de la ministre des Affaires étrangères, Najla al-Mangoush, au retrait des troupes Turques.

Selon les diplomates de l’ONU, l’agenda de sortie des mercenaires de la Libye, doit être serré, et il ne doit pas s’étaler dans le temps. Une dispersion de ces hommes armés, représenterait un très grand danger pour toute la région.

Ce sont des rebelles Tchadiens, venus de Libye, qui sont rentrés au nord du Tchad. C’est au cours de très forts combats, instrumentalisés par certaines parties, que le Président Tchadien Idriss Déby Itno, a    « trouvé la mort ».

Le 18 mai 202, le secrétaire d’Etat adjoint pour le Moyen-Orient, a affirmé que «les Etats-Unis s’opposaient à toute escalade militaire et à toute intervention militaire étrangère ».

L’envoyé des Nations unies, pour la Libye, Jan Kubis, a reconnu le 21 mai 2021, que les progrès concernant l’unification des institutions divisées et le retrait des forces étrangères étaient au «point mort».

L’ambassadrice Américaine, à l’ONU, regrettait, l’absence d’avancées politiques.

Force est de reconnaître, malgré toute cette volonté internationale, notamment des grandes puissances, pour instaurer la paix dans ce pays , il existe encore une volonté malveillante de détourner les accords de Tunis, de Berlin et de Genève , pour maintenir la Libye , dans un statut quo, de ni guerre ni paix , qui risque de compromettre la tenue des prochaines élections Présidentielles et législatives en Libye.

Haftar a fait capoter de nombreuses initiatives internationales de paix en Libye. Il a réservé une fin de non recevoir, avec un mépris sans égal, à de nombreuses propositions internationales, pour négocier une solution de paix et une sortie de crise durable. Plusieurs occasions, pour sceller la paix , ont été superbement ignorées par celui ci.

Haftar ne figure plus dans les instances légitimes de la nouvelle Libye. Il est hors de question d’accepter à ce que certains États connus, tentent de lui redonner une légitimité, ou reconnaître ses milices, comme une armée légale.

Le Conseil de sécurité doit prendre des sanctions, en le traitant comme un intrus et un mercenaire qui défit la communauté internationale. On doit l’empêcher, par la force, de rééditer d’autres guerres, comme celles qu’il a menées contre l’ancien Gouvernement d’Union Nationale, reconnu par la communauté internationale.

 Kacimi Hassen