Débat à l’assemblée française sur le Sahara Occidental : La France est une partie du problème, sinon tout le problème !

Débat à l’assemblée française sur le Sahara Occidental : La France est une partie du problème, sinon tout le problème !

Comme annoncé ce matin en primeur par La Patrie News, un débat de la plus haute importance a eu lieu, deux heures durant, à l’Assemblée française, autour de l’épineuse question du Sahara Occidental.

Les invités au débat sont des ténors de cette question, qui en maitrisent les moindres détails, et qui peuvent disserte dessus des heures durant moins en tous cas que les 45 ans de calvaire qu’endure le peuple sahraoui sous le joug colonial marocain.

Oubi Bouchraya Bachir, en dépit de locutions et formules édulcorées dignes de ce grand diplomate représentant de la RASD auprès de l’UE, n’a pas laissé de placer la France au banc des accusés,  à cause de son soutien au Maroc, et de sa protection aussi, en a qualité de puissant membre permanent du conseil de sécurité.

Bouchraya, qui a été ambassadeur du Polisario avant de s’installer à Bruxelles, est sans doute le mieux placé pour dénoncer ce fait, et révéler que toutes les capitales européennes traitent avec la RASD à l’exception de la France qui refuse ostensiblement de le faire.

Pour ce diplomate, d’ailleurs, la tenue d’un référendum est le choix consensuel et mutuellement acceptable pour les deux parties, tel que prévu dans l’accord de cessez-le-feu ONU-OUA conclu entre le Polisario et le Maroc.

Voilà pourquoi la désignation de De Mistura en tant qu’envoyé personnel du SG de l’ONU ne peut rien changer à cette épineuse question puisque avant lui des diplomate d’aussi grande envergure d’y sont cassé les dents à l’image de James Baker, ancien secrétaire d’Etat US et Hort Kohler, ancien président allemand.

L’ONU, déplore-t-il, choisit hélas ces grosses pointures diplomatiques pour gérer ce problème et non essayer de le régler définitivement. C’est sans doute la raison pour laquelle la lutte armée n’a aucune chance de prendre fin, ni même de baisser d’intensité dans l’état actuel des choses, et si l’ONU ne révise pas sa façon de s’appesantir sur cette question.

Gilles Devers, avocat en charge de la défense du Polisario devant la Cour de Justice Européenne (CJE), finira d’enfoncer le clou dans une magistrale intervention. Oui, des calculs sommaires mais justes, que personne ne songe à contester présentement, prévoient que le Maroc doit rembourser immédiatement au Polisario, unique représentant légitime du peuple sahraoui, la bagatelle de 116 millions d’euros.

Le compteur reste ouvert, puisque le pillage se poursuit, et que le Maroc, avec ses complices, contourne effrontément les décisions de justice rendues contre lui par la CJE.

Jean-Paul Lecoq, député à l’origine de ce débat historique et hautement symbolique, est un homme à qui les causes sahraouie et palestinienne doivent beaucoup. Dans son intervention, il a déploré le fait que l’Etat français n’a pas soutenu Claude Mangin dans son combat contre l’oppression marocaine en dépit des faits qui accablent Rabat, arrivé au point d’infecter son téléphone pour pouvoir l’espionner à loisir.

La France, qui est partie du problème, sinon le problème en soi, ne fait même plus semblant dans son « aplaventrisme mamounisé » envers le Maroc.

Pour répondre aux interpellations justes, légitimes et documentées de Mangin, Lecoq, Bouchraya et autres, n’a pas daigné dépêcher son ministre des Affaires étrangères. Elle a ostensiblement affiché son mépris à l’endroit de cette question en dépêchant un simple ministre-délégué en la personne de  Jean-Baptiste Lemoyne.

Celui-ci a lamentablement tenté de s’en sortir à l’aide de circonvolutions stériles et creuses. En l’absence de débat véritable et de possibilité de renchérir, Lecoq a quand même touché du doigt l’hypocrisie française à cause laquelle ce grave conflit tend à s’éterniser dans le temps. Mais, grâce à ce débat public, que nous avons pu suivre en direct, plus personne ne pourra dire qu’il ne savait pas.

Oui, un conflit armé se déroule bel et bien aux portes de l’Europe. Oui, une escalade aux conséquences incommensurables risque d’advenir à cause du refus de l’ONU d’assumer ses responsabilités et son rôle légal, et de la France qui chaperonne et biberonne ce fauteur de guerre nommé Maroc…

Mohamed Abdoun

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