Décès de Lamine Bechichi : un grand homme aux multiples facettes

Décès de Lamine Bechichi à l’âge de 93 ans : Un grand homme aux multiples facettes

L’ancien moudjahid, ambassadeur et ministre de la communication, Lamine Bechichi n’est plus. Il est décédé ce jeudi à l’âge de 93 ans, selon le ministère des Moudjahidine qui a annoncé la triste nouvelle.

Originaire de Sedrata, dans la wilaya de Souk-Ahras, il y voit le jour le 19 décembre 1927. Son père, Azharien et responsable de l’association des Oulémas algériens, va avoir une influence positive sur ce fils qui va suivre la voie du savoir tracée par cette figure tutélaire.

Après un cycle primaire effectué dans sa ville natale, il se rend à Tébessa où Cheikh Larbi Tebessi et Saïd Zemouchi se chargent de parfaire ses connaissances. Parti poursuivre ses études à la célèbre université Zitouna de Tunis, il rentre au pays au terme de sa formation pour entamer dès 1951 une carrière d’enseignant au sein de l’école El Hayet à Sedrata. Au lendemain du déclenchement de la lutte armée, il se met au service du FLN, n’hésitant pas à servir son pays en ce moment crucial de son Histoire.

Lamine Bechichi va être contraint de fuir, dès la fin de l’année 1956, la menace de l’armée coloniale. Il retourne à Tunis où il s’investit pleinement dans l’information et l’activité politique. La même année, il participe à partir de Tunis à la création de la publication « La résistance algérienne ». Lamine Bechichi signe également à partir de la capitale tunisienne de belles contributions dans les colonnes du journal « El Moudjahid mettant ainsi sa plume percutante et incisive au service de la patrie et de la Révolution armée.

Au lendemain de l’indépendance, Lamine Bechichi reprend son poste d’enseignant et poursuit, en parallèle, ses études à la faculté de littérature puis à la faculté de droit d’Alger. En 1969, il est nommé directeur adjoint au ministère de l’Information chargé de la musique, du théâtre et des arts populaires et assure la même année la présidence de la commission artistique au Panaf. Entre 1970 et 1975, il est désigné au poste de directeur de la production artistique et littéraire de la Radio et Télévision algérienne (RTA). Il est ensuite nommé directeur général de la Radio et Télévision algérienne (RTA) puis directeur général de la Radio nationale entre 1991 et 1995. Lamine Bechichi a également occupé le poste de conseiller au ministère de l’Education nationale, de même qu’il a assuré la direction de l’Institut national de musique durant quatre années.

Entre 1995 et 1996, il occupe la fonction de ministre de la communication dans le gouvernement de Mokdad Sifi, en remplacement de Mohamed Zerhouni.

Parallèlement à sa carrière politique, Lamine Bechichi a joué un rôle très actif dans l’action culturelle durant les années 1970-1980.

2007, Lamine Bechichi reçoit le prix de l’Académie arabe de musique. A ce titre, il faut savoir qu’il est le compositeur de la célèbre chanson Ifriquia (texte de Mostefa Toumi) interprétée par l’artiste Mohamed Lamari et par la diva sud-africaine, Miriam Makeba, le 5 juillet 1972, lors de la célébration du 10e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie.

Musicien et compositeur de talent, Lamine Bechichi a, également, fait un travail formidable de collecte, d’enregistrement et de correction des chants patriotiques.

Il s’est aussi consacré à l’écriture notamment de ses mémoires (Moudhakirat El Amine Bechichi » parues aux éditions Anep en 2014), dans lesquelles il revient sur son parcours riche et glorieux.

Lamia B.

http://lapatrienews.dz/reunion-du-gouvernement-m-belhimer-detaille-les-principaux-points-examines/