Décret exécutif n° 20-241 : panique dans les minoteries

Conséquences de l’application du Décret exécutif n° 20-241 du 31 août 2020

Panique dans les minoteries

A la faveur de l’application du Décret exécutif n° 20-241 du 31 août 2020, le gouvernement a notifié aux opérateurs exerçant dans les activités de minoterie la suppression  de la subvention du blé tendre et dur destinés à la fabrication d’autres types de farines et de pâtes alimentaires et couscous.

La réaction des patrons de minoteries à cette décision des pouvoirs publics ne s’est pas faite attendre, ce qui s’est fait ressentir chez les grossistes en produits de meuneries qui ont enregistré  ces dernières semaines un manque flagrant d’approvisionnement en produits (plusieurs  types de farines)  de la part de certaines  minoteries.

Pour en savoir plus sur cette surprenante pénurie sur le marché, notre petite enquête nous a révélé que le problème est peut-être lié directement à l’application du Décret exécutif n° 20-241 du 31 août 2020, qui a fait regimber  les propriétaires des minoteries.

Du coup, tout porte à croire que ces derniers n’ont pas trouvé mieux que de diminuer le volume de leur production, notamment la farine non subventionnée, histoire d’exprimer  leur mécontentement envers les pouvoirs publics.

Pour le moment, on ne connaît pas encore exactement l’impact que va provoquer cette situation  notamment sur le circuit commercial de cette  denrée de première nécessite.

Pour rappel, la création d’un Comité de veille, de régulation, de contrôle et d’évaluation de la céréaliculture, décidée en juin dernier par le gouvernement, constitue une nouvelle mesure de rationalisation des importations, visant à contenir l’érosion des réserves de change du pays.

Chargé de « concevoir une approche claire, à court et moyen termes, en matière de rationalisation de la gestion et de l’importation des céréales », ce Comité, placé auprès du ministre des Finances et associant les ministres du Commerce, de l’Industrie et de l’Agriculture, aura à effectuer un audit global concernant le respect des obligations juridiques par l’ensemble des opérateurs activant légalement dans le domaine.

Pour revenir à l’explication du Décret exécutif n° 20-241,le premier texte a fixé les prix aux différents stades de la distribution des farines et des pains. Le décret a maintenu le prix de cession au consommateur du kilogramme de farine ordinaire à 27.50 dinars, et celui de cession aux boulangers est maintenu aussi à 2000 dinars le quintal.

« Les quantités de blé tendre destinées aux autres types de farines sont cédées par l’OAIC aux minoteries par référence à leur prix non subventionné », stipule l’article 9 bis dudit décret. Le deuxième décret a fixé « les prix à la production et aux différents stades de la distribution des semoules de blé dur ».

En vertu de ce texte, les prix de la semoule destinée aux ménages ne changera pas. Il reste fixé à 38.5 Da et à 42.5 Da le kilogramme pour la semoule ordinaire et extra respectivement.

Le décret signé par le Premier ministre Abdelaziz Djerad a pour objet de modifier et de compléter certaines dispositions du décret exécutif n° 07-402 25 décembre 2007 fixant « les prix à la production et aux différents stades de la distribution des semoules de blé dur ».

« Le différentiel entre le prix de revient réel, toutes charges et taxes comprises, du blé dur destiné à la production des semoules courantes et des semoules extra pour le consommateur et le prix entrée semoulerie fixé (…) est pris en charge par l’Etat »,précise le texte du décret.

Par Rabah Kourougli