Dégradations sur la mosquée Nur El-Mohamadi : « On s’y attend à chaque fois qu’il y a un attentat terroriste »

Dégradations sur la mosquée Nur El-Mohamadi : « On s’y attend à chaque fois qu’il y a un attentat terroriste »
L’islam, n’est pas terrorisme : les Français doivent bien le comprendre dans ce pays où la lutte contre le terrorisme et la radicalisation est dominée par l’amalgame – volontaire ou non – entre islam et terrorisme qui pourrait, selon des spécialistes,  mener le pays vers une dérive incontrôlable dans le futur, sachant que les actes de vandalisme commis contre les symboles de l’Islam que sont les mosquées sont légion. Le dernier en date s’est produit durant la nuit de mardi à mercredi.
Des dégradations ont été en effet, commises sur la mosquée Nur El-Mohamadi avec des inscriptions sur les murs et des vitres brisées. « Mahomet = Lâche » était notamment inscrit, accompagné de croix celtes et de croix de Lorraine. Les tags ont rapidement été effacés avant 7h ce matin par les services techniques de la Ville de Bordeaux, rapportent des médias.
Par sécurité, depuis ce mercredi matin, les portes de la mosquée sont fermées. Les fidèles doivent toquer à la porte pour entrer et venir prier. Des patrouilles ont été déployées aux abords des lieux de prières à Bordeaux.
Martin Guespereau, le préfet délégué pour la sécurité et la défense, s’est entretenu avec les responsables du culte musulman, et leur a fait part du soutien de l’Etat.
C’est la troisième fois, en l’espace d’un mois, que les murs de la mosquée sont tagués. Des investigations judiciaires sont en cours pour retrouver le ou les auteur(s) de ces faits. Deux plaintes ont déjà été déposées au commissariat central de Bordeaux.
Les musulmans doivent-ils se justifier?
Walid, un étudiant en BTS de 20 ans est « venu constater les dégâts » sur son lieu de prière. Dans ses mots, du ras-le-bol surtout :
 « Si ce n’est pas la Covid-19, c’est de l’Islam dont on parle dans les médias, sur les réseaux sociaux. En plus, on mélange tout. C’est relou. On se détourne des vrais problèmes en France, à savoir les problèmes sociaux, de pauvreté… »
Azzedine, membre du centre cultuel Nur El-Mohamadi, se confie : « Les fidèles craignent un attentat quand ils viennent prier. Ce matin, l’un d’eux m’a appelé en me disant qu’il n’allait pas venir, car il avait peur. »
De son côté, Mourad, qui s’apprête à prier, éprouve une colère froide, comme dépité à la suite de ces faits.
 « Des événements comme ça existent depuis toujours. Ceux qui font ça sont faibles d’esprit.» Cette mosquée est la plus ancienne de Bordeaux (DR/Rue89Bordeaux)
Un autre fidèle, 70 ans, ne veut pas faire de vagues et encore moins commenter les événements sur le terrain de la politique. Originaire de Constantine (Algérie), arrivé à Bordeaux en 1970 où il a appris le français sur les chantiers, il dit simplement :
 « Je prie ici, je discute avec les amis et je rentre chez moi. »
Céline (pseudo) habite depuis plus de dix ans, juste à côté de cette mosquée. Cette maman avoue ne « pas être surprise » :
 « On s’y attend à chaque fois qu’il y a un attentat terroriste. Y a toujours des trucs dégueulasses qui sont faits sur les mosquées. Ici, il n’y a aucun problème avec ce lieu de culte. Les fidèles sont discrets. Ils font leur vie. »
Avant d’aller chercher sa fille à vélo, elle ajoute : « Je trouve ça dingue que les musulmans aient toujours à se justifier, comme s’ils culpabilisaient. Au fond, des tonnes de musulmans paient pour des cons qui commettent ce genre de faits. »
Dans le quartier Saint Michel, elle soulève surtout les problèmes liées au trafic de drogue qui « font chier les habitants ».
M.M.H