Déploiement de Wagner au Mali : Les dirigeants occidentaux trahissent leur impuissance  

Déploiement de Wagner au Mali : Les dirigeants occidentaux trahissent leur impuissance  

Comme nous l’écrivions ce mercredi, la France, qui tend à oublier que le Mali n’est plus du tout une ancienne colonie  elle, continue de se comporter avec Bamako comme s’il était encore placé sous sa botte.

Jugée insuffisante, la réplique du président français a été accompagnée d’une salve de récriminations de la part de l’ensemble des dirigeants occidentaux. Or, ce que l’on en retient avant tout, c’est leur totale impuissance à forcer la main au président malien intérimaire Assimi Goita.

Aucune sanction n’y est prévue en effet. Et encore moins un quelconque recours à la force. Ce n’est pas tout, même le déploiement des soldats français et européens déployés dans ce pays, en devient anachronique, même sa totale remise en cause n’est pas à l’ordre du jour. Toujours est-il qu’une quinzaine de pays occidentaux viennent de signer un communiqué commun relatif à l’arrivée de Wagner au Mali.

Selon une source gouvernementale française, «on constate aujourd’hui sur place des rotations aériennes répétées avec des avions de transport militaire appartenant à l’armée russe, des installations sur l’aéroport de Bamako permettant l’accueil d’un chiffre significatif de mercenaires, des visites fréquentes de cadres de Wagner à Bamako et des activités de géologues russes connus pour leur proximité avec Wagner».

«Nous appelons la Russie à se comporter de manière responsable et constructive dans la région», insiste le communiqué également signé par la Belgique, le Danemark, l’Estonie, l’Italie, la Lituanie, la Norvège, les Pays-Bas, le Portugal, la République Tchèque, la Roumanie et la Suède, des pays engagés aux côtés de Paris dans le nouveau groupement européen de forces spéciales Takuba, destiné à accompagner les soldats maliens au combat.

Il est à se demander ce que ces dirigeant entendent par « responsable », sachant que les crises malienne, libyenne et sahélienne sont un pur produit de la désastreuse et criminelle politique française imposée à la région. Les présidents français Emmanuel Macron et russe Vladimir Poutine s’étaient entretenus mardi des propositions présentées par Moscou pour cadrer les relations entre la Russie et les Occidentaux en Europe, mais aussi pour discuter du Mali.

Au terme de près de neuf ans de présence au Sahel, la France a entrepris en juin de réorganiser son dispositif militaire en quittant ses trois bases les plus septentrionales au Mali (Tessalit, Kidal et Tombouctou) pour se recentrer autour de Gao et Ménaka, aux confins du Niger et du Burkina Faso. Ce plan prévoit une réduction des effectifs français au Sahel, de 5000 à 2500/3000 d’ici 2023. C’est dire que la réplique des dirigeants occidentaux, particulièrement pathétique, s’assimile à une sorte de coup d’épée dans l’eau.

En attendant, le président français Emmanuel Macron se débat dans une crise d’un genre nouveau. Il s’agit de cette France qui commence à perdre pied au niveau de beaucoup de ses anciennes colonies africaines.

A croire que son habituelle politique de la carotte et du bâton soit devenue inefficiente, car usée jusqu’à la corde le site Africa-confidentiel vient de révéler deux informations aussi importantes l’une que l’autre. D’abord, Bamako serait sur le point de déboucher sur un accord technico-financier afin que le groupe paramilitaire Wagner, réputé proche du Kremlin, puisse enfin s’installer au Mali. Les négociations avec le chef de la junte Assimi Goita, auraient duré cinq mois ils ne prévoient rien moins que le déploiement de quelques 500 éléments armés à Bamako au niveau d’une bonne dizaine de localités maliennes.

Ces derniers sont chargés dans un premier temps d’assurer la garde rapprochée des hauts responsables maliens, pays qui fait face à de pressantes et incessantes menaces terroristes, générée de proche en proche par la crise libyenne, dont s’est rendu coupable et responsable la France en ordonnant l’assassinat de Mouammar Kadhafi en 2011.

Cette entrée en matière de Wagner peut n’être que le prélude à un déploiement autrement plus massif, tel qu’on l’a vu  en RCA (république-centre-africaine), d’où la France a fini par être totalement chassée. Celle-ci n’a apporté que malheurs et pertes aux anciennes colonies africaines qu’elle prétend régenter à distance via des dirigeants de pacotille, choisis et placés par elle. Wagner, à chacun de ses déplacements en Afrique, se fait discrètement précéder par des ingénieurs miniers.

Ces derniers sont déjà installés depuis plusieurs mois au Mali. Des contrats de prospection et d’exploitation de plusieurs métaux et terres rares ne sont donc pas à exclure, comme cela été constaté en RCA immédiatement après le départ de la France.

Ce qui ajoute au « blues » de Macron, c’est qu’il ne peut même pas compter sur l’aide et le soutien de son allié traditionnel américain dans cet homérique bras-de fer-à distance entre Paris et Moscou.

Washington en effet, qui concentre l’essentiel de ses forces et de son attention sur la zone indopacifique pour tenter de contrer l’expansion et l’influence chinoises, avait déjà poignardé sans vergogne Paris dans le cadre des sous-marins français destinés à l’Australie.

C’est dire que cette pathétique sortie des dirigeants occidentaux trahit avant tout leur impuissance face à l’irrésistible montée en puissance de la Russie.

Mohamed Abdoun

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