Deux ans de prison pour un prof marocain accusé de chantage sexuel : La face émergée d’un immense iceberg

Deux ans de prison pour un prof marocain accusé de chantage sexuel : La face émergée d’un immense iceberg

Ce sujet, qui fait florès ces derniers jours, a amené le Makhzen et sa justice aux ordres à réagir formellement histoire de circonscrire l’incendie, sachant que le mal est autrement plus profond. Nous apprenons en effet qu’un professeur d’université marocain, poursuivi pour «attentat à la pudeur avec violence» dans une affaire de chantage sexuel visant des étudiantes en échange de bonnes notes, a été condamné à deux ans de prison ferme. Enseignant en sciences économiques à l’université Hassan Ier de Settat, ce professeur en détention préventive a été reconnu coupable d’«attentat à la pudeur», «violence» et «harcèlement sexuel» devant la chambre criminelle de la cour d’appel de cette ville proche de Casablanca, selon les médias. L’une des plaignantes a renoncé à toute poursuite judiciaire en échange d’un dédommagement de 70.000 dirhams (6.640 euros), ont-ils précisé. Quatre autres professeurs d’université, dont deux sont en liberté provisoire, doivent également comparaître ce jeudi dans le cadre du même scandale. Ils font face à de lourdes charges: «incitation à la débauche», «discrimination fondée sur le genre», «violence contre des femmes»… En raison du scandale, le doyen de la faculté de droit et d’économie de Settat a démissionné fin novembre. Ces dernières années, plusieurs cas de harcèlement sexuel subi par des étudiantes de la part de leurs professeurs au sein des universités marocaines ont été médiatisés mais souvent sans que des plaintes ne soient déposées.  Au Maroc, de par les traditions monarchiques d’usage, le droit de cuissage et les faveurs sexuelles contre divers avantages sont monnaie courante. Manque de pot pour le Makhzen, ces détestables et criminelles pratiques, sont assimilables à du chantage sexuel. La démocratisation de l’internet mobile et les réseaux sociaux aidant, ces pratiques sont dénoncées de plus en plus haut et fort.  Ainsi le scandale désormais planétaire qui secoue les universités marocaine concernant l’obtention de faveurs sexuelles contre de bonnes note, n’en finit plus de prendre de plus en plus d’ampleur. Depuis septembre 2021, le #MeTooUniv au Maroc rassemble des centaines de témoignages d’étudiantes qui rapportent des faits de violences sexistes. Des professeurs abuseraient de leur position pour imposer des relations sexuelles. Un procès est en même cours. Il ne faut cependant pas en attendre grand-chose connaissant l’extrême dépendance de la justice makhzenienne des Mohamed VI et de ses ombreux affidés. En attendant, le procès se déroule sur la place publique avec la démultiplication des témoignages documentés, tous plus accablants les uns que les autres. Les uns après les autres, des scandales de violences sexistes éclatent dans les établissements d’enseignement supérieur marocains. Au 10 janvier, sept d’entre eux devaient faire face à des accusations publiques de harcèlement sexuel, voire de viols, selon la définition française, pour des faits qui remonteraient jusqu’à 2007, qui ne sont donc pas prescrits. Médiatisées sous le nom de “sexe contre bonnes notes”, la plupart de ces affaires concernent des professeurs abusant de leur position d’autorité. Si les étudiantes refusent d’avoir des relations sexuelles avec eux, ils dévaluent leurs travaux universitaires – certaines victimes racontent avoir coupé court à leurs études à la suite de ce chantage. Chassez le naturel, il revient au galop, dit un vieil adage. S’agissant de la luxure, de la pédophilie et du tourisme sexuel, la dynastie marocaine en a fait une marque de fabrique constante et incontournable ce qui se passe dans les écoles et universités marocaines représente en effet une sorte de face émergée de l’iceberg immense lié à ce genre de pratiques immorales et délictueuses. De fait, un nouveau scandale de chantage sexuel en échange de bonnes notes dans une école marocaine vient d’éclater avec cette année nouvelle qui débute. Selon des sources recoupées et dignes de foi, quatre enseignants font l’objet de poursuites pour des faits similaires. Cette nouvelle affaire de chantage sexuel suscite comme de juste l’indignation sur les réseaux sociaux. On parle de mesures disciplinaires et préventives, même s’il est de notoriété publique que ces pratiques sont courantes et que la justice ne lèvera pas le petit doigt pour y mettre un terme et secourir les victimes. L’ampleur de ces pratiques indique que le secteur universitaire marocain en est profondément et durablement gangréné. Loin d’être en reste, les services de sécurité marocains n’hésitent pas à fabriquer de toutes pièces des dossiers sexuels compromettant  afin de détruire socialement et professionnellement toutes les voix qui tiennent tête à Abdellatif Hammouchi, chef de ses services de renseignement et de sécurité marocains.  Les cas du journaliste Souleimane Raissouni, et de l’ex-officier de police Wahiba Kharchiche, maintes fois évoqués par La Patrie News, sont assez édifiants à ce propos.

Kamel Zaidi

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