Discours du Premier ministre devant l’APN : relance et renouveau économique

Discours du Premier ministre devant l’APN : relance et renouveau économique

Ce serait une Lapalissade de dire que sans une relance économique digne de ce nom, aucun programme gouvernemental ne peut tenir la route ni même être mis en pratique. C’est dans ce cadre que le premier ministre, ministre des finances, Aimène Benabderrahmane, s’est adressé aux députés de l’APN pour leur dire que : « l’objectif principal du plan du gouvernement est de relever le défi de la pérennité des finances publiques et de financer la relance économique afin d’augmenter les investissements pour atteindre une diversification économique pour augmenter le niveau des exportations hors hydrocarbures ».

Dans cette optique, explique le premier ministre, « le gouvernement compte se baser sur des appuis à la relance économique comprenant une réforme complète du système bancaire et financier pour augmenter sa participation à l’économie nationale, l’intensification du réseau bancaire et d’assurance, en ouvrant aussi des agences à l’étranger (30 nouvelles agences seront ouvertes chaque année en Algérie et à l’étranger), l’augmentation de 5% du nombre d’agences d’assurance, la mise en service de 16 millions de cartes CIB ainsi que 8000 GAB et fournir un million de commerçants en TPE ».

La récupération de la masse monétaire circulant dans le circuit informel fera aussi l’objet d’une attention particulière dans le cadre de la bancarisation déjà engagée, aussi bien pour la monnaie nationale que pour les devises.

L’amélioration du cadre juridique et organisationnel de la finance novatrice comme la finance islamique, la réactivation de la bourse d’Alger, la création de banques spécialisées (banque postale et banque du logement) font aussi partie des actions comprises dans le plan du gouvernement.

Il y a aussi la réforme du secteur commercial public et la gouvernance des entreprises publiques qui, malgré qu’elles aient bénéficié de nombreux plans de redressement supportés par le Trésor public, constituent toujours un lourd fardeau pour l’Etat. Afin de remédier à cette situation, le gouvernement compte entreprendre une profonde réforme de ces entreprises après avoir réalisé une grande opération d’évaluation de la situation de chaque entité.

Toujours dans le même sillage, le gouvernement compte faire reprendre les activités des entreprises économiques publiques qui se trouvent à l’arrêt.

« Nous comptons aussi améliorer le climat d’investissement en garantissant la stabilité du cadre juridique qui le gère, tout en simplifiant et en numérisant les procédures et en créant le guichet unique de l’investissement », précise le premier ministre.

Le développement de la PME et de l’entreprenariat constitue une autre priorité du plan du gouvernement présenté à l’APN pour lequel il est prévu la mise en place de tous les moyens nécessaires pour leur permettre une pérennité synonyme de création de richesses et de postes de travail, en plus de la prise en charge des dossiers des PME en instance, dans un souci d’encourager leurs initiateurs à conserver un certain esprit d’entreprenariat.

L’inclusion du marché informel qui constitue un handicap certain pour l’économie nationale, est aussi comprise dans le plan du gouvernement prévoit de mettre en œuvre une nouvelle approche pour récupérer la formidable masse monétaire qui y circule afin de la récupérer au sein du secteur formel.

Enfin, le foncier industriel est une partie indivisible de l’économie nationale et aura droit à une approche nouvelle dans le plan du gouvernement qui compte mettre tous les moyens pour le rediriger vers l’investissement réel créateur de richesses.

Toujours dans le cadre de la relance économique, le plan du gouvernement comporte de nouvelles mesures pour rentabiliser les ressources naturelles en portant la transformation des hydrocarbures de 30 à 50% en 2022, tout en exploitant les ressources minières de manière plus importante.

Alors qu’il annonce une augmentation dans la production d’hydrocarbures, le premier ministre annonce aussi de nouveaux investissements étatiques dans les énergies renouvelables, surtout l’énergie solaire dont notre pays dispose d’une formidable ressource, ce qui devrait porter la production dans ce cadre à 15000 mégawatts à l’horizon 2035.

Afin de parvenir à une plus grande diversification de l’économie nationale, il est prévu d’encourager les secteurs qui y participent en créant une institution avec des pouvoirs élargis pour gérer les différents mécanismes permettant de délivrer les incitations et les avantages aux entreprises économiques dans le but d’une meilleure utilisation et d’une redirection vers les régions aux grandes potentialités, tout en identifiant les activités qui accusent un recul.

Le gouvernement compte aussi s’investir, à travers différentes actions, à arriver à une autosuffisance dans les secteurs productifs et diriger donc le surplus vers l’export.

Pour le secteur de l’agriculture, le plan du gouvernement préconise la poursuite d’une politique dynamique tendant à le moderniser et à le transformer en véritable secteur producteur de richesses, notamment pour les produits de large consommation, ce qui permettra de conforter la sécurité alimentaire de l’Algérie et d’éviter les pénuries. Les instituts supérieurs de recherche en agriculture auront aussi un rôle important à jouer dans la réalisation de l’indépendance alimentaire de l’Algérie.

Le plan du gouvernement englobe aussi un programme ambitieux pour le développement des zones rurales, des superficies forestières, du Grand Sud, des régions de montagnes et des Hauts-Plateaux qui auront un grand à jouer dans l’augmentation de la production agricole.

« Parmi les buts que nous nous sommes fixés, il y l’augmentation des surfaces irriguées pour les porter à 200 mille hectares, les surfaces irrigués au goutte-à-goutte à 500 mille hectares et mettre tous les moyens nécessaires pour porter la productivité de grains à 32 quintaux à l’hectare à l’horizon 2024, soit une production de 65 millions de quintaux en 2022 et 71,8 millions de quintaux en 2024.

Quant à la culture industrielle, elle devrait passer à une couverture des besoins nationaux à hauteur de 25% en colza et de 33% en maïs d’ici 2024. La semence de pomme de terre devrait couvrir les besoins nationaux à 95% en 2024 et ceci en faisant bénéficier des terres agricoles ceux qui s’engagent à suivre scrupuleusement le cahier des charges qui sera incessamment mis en œuvre et qui déterminera le genre de culture à engager pour chaque type de terre.

Le secteur de la pêche connaitra lui aussi un développement conséquent touchant la pêche en haute mer, l’aquaculture et la construction de navires de pêche ainsi que leur entretien. « Nous comptons porter la production halieutique de 104 mille tonnes en 2021 à 166 mille en 2024 », déclare le premier ministre devant les députés.

Toujours selon le plan du gouvernement, il est prévu d’augmenter la part de l’Algérie pour le thon. Grâce à ces actions : « 20 000 postes d’emploi seront créés, en plus de la construction de trois infrastructures pour des ports de pêche en haute mer et de l’acquisition de 20 navires pour la pêche.

L’industrie pharmaceutique n’est pas en reste et bénéficiera de nombreuses actions qui permettront de couvrir dans le court terme 70% de nos besoins nationaux, notamment en médicaments nécessaires aux maladies incurables et ceux nécessitant des traitements couteux. Le gouvernement compte réduire la facture d’achat de médicaments d’un montant de 500 millions de dollars pour l’année en cours.

Il y a aussi le secteur touristique qui devrait connaitre un bond qualitatif et quantitatif certain grâce à une série de mesures incitatives que compte prendre le gouvernement à travers son plan d’action, notamment en privilégiant une publicité dynamique pour promouvoir la ‘destination Algérie’. « Nous comptons réceptionner plus de 200 projets touristiques, avec une moyenne de 20 chaque année jusqu’en 2024, ce qui permettra d’augmenter les capacités d’accueil de plus de 15700 lits, en plus de la création de plus de 6000 postes de travail », a précisé M. Benabderrahmane.

Le secteur cinématographique connaitra lui aussi un envol salutaire grâce aux mesures salutaires qui sont contenues dans le plan du gouvernement.

A suivre

Synthèse Tahar Mansour