Discours du trône marocain: Mohamed VI quémande la réouverture des frontières communes

Discours du trône marocain: Mohamed VI quémande la réouverture des frontières communes

Lors de son discours annuel à l’occasion de la fête du trône, le roi du Maroc, Mohammed VI, a lancé un appel au président de la République, Abdelmadjid Tebboune, afin de développer les relations, qu’il qualifie de « fraternelles », entre les deux pays.

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« J’appelle son excellence le président algérien, à œuvrer ensemble, dès qu’il le jugera opportun, pour développer les relations fraternelles que nos peuples ont construites au cours d’années de lutte commune », a-t-il adressé.

Pour le monarque, l’état actuel des relations « n’est pas satisfaisant », ni « dans l’intérêt des deux peuples ». « Il n’est pas accepté de la part de plusieurs pays », a-t-il lâché.

Dans son discours, Mohammed VI a appelé à la réouverture des frontières entre l’Algérie et le Maroc fermées depuis 1994. « La fermeture des frontières est non seulement incompatible avec le droit naturel mais aussi avec le principe juridique authentique inscrit dans les accords internationaux, dont le traité de Marrakech instituant l’Union du Maghreb arabe (UMA), qui prévoit la liberté de circulation des personnes, des services, des biens et des capitaux entre ses pays », a-t-il souligné.

Et d’ajouter, « Je l’ai exprimé clairement, depuis 2008, et je l’ai réitéré à plusieurs reprises, à diverses occasions ».

Evitant soigneusement d’évoquer la bévue de son représentant à l’ONU, Omar Hilal, laquelle a été suivie – et continue à l’être – d’une cabale médiatique particulièrement agressive à l’unité territoriale de l’Algérie, le roi du Maroc a estimé que « ni lui, ni le président Tebboune, ni l’ancien président Abdelaziz Bouteflika sont responsables de la décision de fermeture des frontières ».

« Il n’y a pas de logique raisonnable qui puisse expliquer la situation actuelle. D’autant plus que les raisons de la fermeture des frontières sont éculées, et qu’elles n’ont aujourd’hui plus aucune justification acceptable », a-t-il poursuivi.

Et de nuancer, « Nous ne voulons blâmer personne et ne donnons de leçons à personne. Au contraire, nous sommes frères, séparés par un corps étranger, qui n’a pas de place entre nous ».

Quel est ce corps étranger dont Mohammed VI parle ? Dans son discours, il ne le précise pas. Il assuré, toutefois, que l’Algérie ne souffrira d’aucun danger et / ou de menace venant du Maroc. « Ce qui vous touche nous touche », a-t-il affirmé. Et de soutenir, « Pour nous, la sécurité et la stabilité de l’Algérie, ainsi que la tranquillité de son peuple, font partie de la sécurité et de la stabilité du Maroc et vice versa ».

Dans ce contexte, le souverain alaouite a désigné ce qu’il appelle « des bandes » d’être l’ennemi commun des deux pays. « Si nous travaillons de concert pour les combattre, nous pourrons lutter contre leur activité et assécher leurs sources (financières) », a-t-il signifié.

Il est à signaler pour finir que Mohamed VI n’a pas du tout évoqué le sujet du Sahara Occidental avec lequel il s’est cassé les dents à cause de son deal honteux avec Trump et l’entité sioniste. Non plus le gros scandale lié à  l’espionnage des téléphones portables de nombreux journalistes et chefs d’Etats, et dans lequel le Maroc est formellement impliqué jusqu’au cou.

 

Djaouad Amine