Djelfa : Les candidats optent pour la Toile 

Djelfa : Les candidats optent pour la Toile 

Le recours aux réseaux sociaux, notamment Facebook, est l’une des options choisies dans la wilaya de Djelfa par les représentants des listes partisanes et indépendantes aux législatives du 12 juin prochain, pour faire campagne et promouvoir leurs candidats respectifs, via la Toile. 

En effet, même si l’animation de meetings électoraux reste toujours de mise en ce début de campagne, les candidats de la wilaya, en lice pour les prochaines législatives, ont opté pour les réseaux sociaux, à l’instar de Facebook et Twitter, voire même la plate-forme YouTube, pour s’attirer les faveurs des électeurs. 

La toile s’est ainsi enrichie, dernièrement, avec la création de nombreuses pages aux noms de partis et listes indépendantes, au moment où les sites d’affichage mis en place par la coordination locale de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) au profit des 60 listes, en lice pour le rendez-vous du 12 juin, n’ont pas été totalement exploités, les concernés ayant préféré opter pour le « net » pour gagner les voix des électeurs. Les candidats pour les prochaines législatives à Djelfa semblent ainsi s’être donné le mot pour « tourner » toutes leurs activités de proximité, en son et en images, en vue de les diffuser sur les réseaux sociaux. 

Nombreux parmi eux ont même opté pour des « Live » de leurs activités quotidiennes et discours au niveau de chaque village et commune qu’ils ont sillonnés, dans l’objectif de s’assurer une plus importante réactivité de la part des citoyens. Interrogés par l’APS, des citoyens ciblés par la campagne se sont montrés « admiratifs » face à « cette nouvelle génération de candidats qui semble avoir plus de cran », selon leurs propos.

 « Ca prouve que l’Algérie est effectivement entrée dans une nouvelle phase, une phase qui verra la population s’intéresser davantage à la politique et se sentir plus concernée », a estimé Mustapha, un jeune diplômé en biologie de l’université Ziane-Achour de Djelfa. Mustapha s’est félicité que la scène politique algérienne soit « désormais ouverte à tous », la preuve, a-t-il dit, est le « grand nombre de candidats dont énormément de jeunes diplômés des universités ». 

Il a avoué être dans l’embarras quant à son choix devant le nombre de candidats et la diversité de leurs programmes électoraux, mais a déclaré être certain que le 12 juin, il tranchera pour « celui qui représentera le mieux » sa wilaya à l’Assemblée populaire nationale (APN). Le recours croissant aux réseaux sociaux s’explique par « la diversité des options qu’ils offrent comparé à la campagne directe », selon le Dr. Nassereddine Mezari, ancien  journaliste à la Radio régionale de Djelfa et enseignant au département des sciences humaines (filière sciences de l’information et de la communication) de l’université Ziane-Achour. 

Il estime que « les réseaux sociaux constituent désormais un passage obligé pour l’opération électorale, eu égard à leur exploitation par un large public, comme source principale d’information, parallèlement à leur usage en tant qu’organe d’expression libre d’idées, à travers les multiples commentaires, publications, photos et vidéos, mis en ligne ». L’option de traitement graphique offerte par ces supports est l’autre raison ayant poussé les participants aux législatives du 12 juin à investir les réseaux sociaux et exposer leurs programmes, photos et vidéos, en mettant à profit les techniques de traitement d’images et de slogans susceptibles de toucher le large public.

Le Dr. Mezari a, néanmoins, mis en garde contre les aspects négatifs des réseaux sociaux, qui « peuvent s’avérer une arme à double tranchant » a-t-il dit, car ils offrent l’opportunité à n’importe qui d’intervenir, tant pour ridiculiser ou flatter le candidat. Il a observé, à ce titre, que « des applications permettent de modifier les visages et les slogans de façon à les tourner en ridicule, avant de les diffuser à grande échelle, ce qui impacte négativement l’objectif visé par le concerné et le nombre de ses abonnés ».

 « L’exploitation excessive du monde virtuel peut comporter des points positifs et négatifs, et l’utilisateur de cette technologie peut tomber dans le piège des railleries et sarcasmes des autres, et même de la déformation, impactant son objectif d’attirer l’électeur, qui reçoit, via le Net, une importante quantité d’informations et d’images rendant difficile la distinction du vrai du faux », a averti l’enseignant universitaire.

R.N.