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Energie propre et occupation marocaine : Ce rapport qui accuse et accable Rabat

L’organisation Western Sahara Resource Watch (WSRW) a finalisé durant ce mois d’octobre un rapport accablant de 23 pages concernant l’occupation illégale du Sahara Occidental et l’exploitation par le Maroc de ses énergies dites propres, telles que les énergies éoliennes et solaires. Or, il s’avère que ces énergies n’ont de propre que le nom. Leur « saleté » se décline en effet dans l’illégalité de cette exploitation intensive, sur fond d’une dépendance de plus en plus grande du royaume chérifien, ce qui rend de plus en plus problématique la poursuite ou la reprise du processus onusien d’organisation d’un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui.  « D’ici 2030, la moitié de l’énergie d’origine éolienne produite par le Maroc pourrait l’être illégalement au Sahara Occidental occupé. Pourtant, le Maroc se présente comme le meilleur de la classe sur la transition énergétique ». C’est en ces termes on ne peut plus clairs que s’indigne le rapport de WSRW.  « Le Maroc – la puissance occupante du Sahara Occidental – installe ce qui est à ce jour le plus grand projet énergétique sur des terres occupées : un autre pas en avant dans son plan global de construction d’infrastructures controversées sur les terres qu’il occupe illégalement ». Or, ces actions et ces initiatives seraient absolument impossibles à concrétiser n’était le concours, pour ne pas dire la complicité, de plusieurs multinationales européennes, directement impliquées dans ces investissements. Ces derniers, pourtant, sont officiellement décrétés illégaux depuis le verdict rendu par la cour de justice européenne en date du 28 septembre passé. Ce verdict est allé encore plus loin en reconnaissant la représentativité du Polisario concernant le peuple sahraoui.  Le rapport estime que l’énergie produite à partir du vent sur le territoire pourrait constituer 47,20 % de la capacité éolienne totale du Maroc d’ici 2030, tandis que sa part d’énergie d’origine solaire pourrait alors atteindre 32,64 % de la capacité solaire totale du Maroc. Le 30 septembre 2021, une nouvelle société, General Electric, a annoncé avoir passé un accord pour participer à cette forfaiture en train de se dérouler en plein AIR  et au grand SOLEIL. Tout en s’indignant de ce constat le rapport s’inquiet surtout quant à la suite des évènements. « L’énergie produite sur les terres occupées augmente la dépendance du Maroc au territoire qu’il occupe. Par essence, les projets sabotent fondamentalement les efforts de paix de l’ONU au Sahara Occidental visant à permettre l’expression du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui. L’énergie est utilisée par les industries qui pillent les ressources non renouvelables du territoire et offre des opportunités d’emploi attirant davantage de colons du Maroc. Elle pourra également, à terme, être exportée à l’étranger, y compris vers l’UE ». la gravité extrême de cette situation mérite donc d’être soulignée avec toute la force voulue, cela avant que les choses n’aillent encore plus loin, et qu’il devienne difficile de revenir en arrière, c’est-à-dire tout simplement vers la légalité internationale. preuve en est qu’ « Aucune des entreprises participant à l’industrie des énergies renouvelables à l’intérieur du Sahara Occidental, y compris les plus fortement impliquées- la société italienne Enel et l’espagnole Siemens Gamesa – n’a précisé si elle avait même seulement tenté d’obtenir le consentement du peuple du territoire ».on nage donc en pleine illégalité, su fond de gros bénéfices et de revenus monstres. « La Cour a explicitement déclaré que le mouvement de libération Polisario est le représentant du peuple sahraoui, que son consentement doit être obtenu et qu’une « consultation » de la « population » ne peut se substituer à l’exigence légale du consentement sahraoui ». le reste n’est dès lors que littérature. « WSRW exige la sortie immédiate du territoire occupé de toutes les entreprises de production d’énergie et demande à la CCNUCC et à ses États parties de contester les rapports climatiques systématiquement erronés du Maroc ». À l’heure actuelle, il existe trois parcs éoliens opérationnels au Sahara Occidental occupé. Un quatrième est en cours de construction, et d’autres sont à l’état de projet. Ensemble, ces parcs éoliens auront une capacité de 1000 MW. Et de appeler que « Le développement de la production d’énergie renouvelable a commencé en 2012, avec un appel d’offres du Maroc pour la construction de cinq parcs éoliens : trois au Maroc et deux dans les « provinces du sud » – la terminologie utilisée par le Maroc pour désigner la partie du Sahara Occidental qu’il a annexée illégalement. Les deux parcs du Sahara Occidental ont été décrits comme un parc de 100 MW près de Boujdour et un parc de 300 MW à Tiskrad, près d’El Aaiun. Le contrat pour les cinq parcs a été accordé à un consortium dirigé par Siemens et comprenant également Enel Green Energy et Nareva. En 2019, le contrat de construction du parc de Boujdour a été signé – avec une capacité désormais portée à 300 MW. Les travaux sur le site ont commencé en 2021, avec des équipements espagnols ». Le rapport ajoute que l’exploitation de l’énergie solaire, qui y est encore à l’état embryonnaire, de nombreux projets en perspective avec des entreprises françaises, espagnoles et même anglaises. Il est même question d’énergie géothermique. C’est dire qu’il n’est que temps que cette invasion et ce pillage s’arrêtent enfin…

Ali Oussi

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