Dr Lamine Debaghine remonte l’histoire pour recadrer sèchement Macron

Dr Lamine Debaghine remonte l’histoire pour recadrer sèchement Macron

Il ne faut jamais cracher en l’air. Cela finit toujours par vous retomber sur la gueule. C’est ce que doit piteusement se dire le président Macron après ses scandaleuses et mensongères déclarations sur la prétendue inexistence de la nation algérienne avant la colonisation française.

Ou alors, qu’il a eu franchement tort de sécher ses cours d’histoire même si nous sommes en droit de supposer qu’il a dû avoir une maitresse qui devait certainement mériter le détour.

En tous cas, c’est ce qu’il devrait, ou ferait mieux de se dire à l’évocation du discours Du Dr Mohamed Lamine Debaghine ancien député du PPA-MTLD et ministre du GPRA (gouvernement provisoire de la république algérienne).

Son discours fait en 1947, semble être une réplique parfaite à la gravissime provocation de Macron, et à tous les partisans de l’extrême droite, nostalgiques de l’Algérie-françaises » et de leur « paradis perdu».

Debaghine y recadre Macron et les siens avec une rare dextérité langagière, tout en y rappelant que l’existence de la nation algérienne est un fait avéré que la France ne saurait nier, et que cette dernière est même notre redevable puisque nous la nourrissions et lui prêtions de l’argent.

Il faut donc croire que l’ingratitude et le mensonge doivent être chez ces gens les deux faces odieuses d’une seule médaille.

« N’oubliez pas, Mesdames et Messieurs, l’Algérie est une Nation. Elle a été une Nation et a été souveraine. Seule l’agression de 1830 lui a fait perdre sa souveraineté. On a trop tendance à l’oublier. Par exemple, l’affirmation répétée à tous les instants, aussi bien par le gouvernement que par les membres même de cette Assemblée, que l’Algérie constitue, tantôt une partie intégrante de la France, tantôt trois départements français, tantôt comme on vient de le dire une collectivité territoriale de la République française, est une affirmation unilatérale, dénuée de tout fondement ».

C’est par ces mots très justes et très forts que s’est exclamé monsieur Debahgine.

« De plus, les traités conclus entre l’État algérien et des nations telles que l’Angleterre, les États-Unis et la France elle-même prouvent que l’Algérie était considérée comme une nation souveraine. Bien mieux, non seulement la France a échangé des instruments diplomatiques qui ne laissent aucun doute sur la reconnaissance de la souveraineté de l’Algérie à cette époque, mais encore – et cela on ne le sait pas suffisamment – il y a eu au XVIème siècle une véritable alliance entre la France et l’Algérie. Et une alliance ne peut se conclure qu’entre deux États souverains et non entre un vassal et un suzerain ».

Et de rappeler à ses pairs députés de l’époque les bienfaits et les mérites de l’Algérie envers la France, ceux-là même que Macron feint d’ignorer hypocritement : « D’autre part, l’Algérie était à ce point considérée comme un État souverain par la France elle-même, qu’en 1793, pendant la guerre que celle-ci soutenait contre l’Europe entière, aussi bien pendant la Révolution que pendant le Consulat, la France jugea que, seule la nation algérienne, qui était à cette époque souveraine, pouvait la ravitailler en blé, en chanvre pour les cordages de ses navires, en chevaux et même lui prêter gracieusement de l’argent. Cela s’est produit en 1797».

De pareilles affirmations historiques ne sauraient souffrir d’aucun doute. Preuve en est que « les sommes prêtées par l’État algérien s’élevaient à plusieurs millions de francs-or».

Ce que lisant, la seule conclusion qui s’impose, c’est que Macron doit impérativement réviser ses manuels scolaires, sous peine de débiter encore des sornettes.

Ali Oussi