Droits de l’Homme au Sahara Occidental : Amnesty Internationale relève des dépassements en cascade

Droits de l’Homme au Sahara Occidental : Amnesty Internationale relève des dépassements en cascade

Dans un long document, élaboré par l’ONG Amnesty Internationale, le Maroc est accablé et sévèrement pris à partie dans ses graves et répétés dépassements concernant le respect des droits humains dans les territoires occupés sahraouis. Des cas précis sont mis en avant pour étayer l’ensemble de ces accusations.

« Les autorités marocaines ont intensifié leurs atteintes aux droits de militant·e·s sahraouis indépendantistes, les soumettant à des mauvais traitements, des arrestations, des placements en détention et des manœuvres de harcèlement dans le but de les réduire au silence ou de les sanctionner pour leur action non violente contre les tentatives du Maroc visant à renforcer encore son contrôle sur le territoire contesté du Sahara occidental, a déclaré Amnesty International. Rien que depuis novembre 2020 ». le documents relève  pas moins de 22 cas de tortures et d’atteinte à l’intégrité physique et morale de défenseurs des droits de l’Homme.

« Les actes pour lesquels ces personnes sont visées par ces mesures de répression incluent des publications sur Facebook et des articles de presse critiques à l’égard des autorités marocaines et en particulier du roi, le fait d’agiter le drapeau sahraoui à leur domicile et la participation à des manifestations pacifiques ».

Et de relever que Les 25 et 28 février 2020, les autorités marocaines ont expulsé au moins neuf personnes à leur arrivée à l’aéroport de Laayoune, dont plusieurs députés espagnols et une avocate espagnole, qui devaient observer le procès du défenseur des droits humains Khatri Dada.

Cela fait une dizaine d’années qu’Amnesty International demande au Conseil de sécurité des Nations unies d’inclure une dimension relative aux droits humains à la MINURSO, qui permettrait un suivi et la remontée d’informations sur les atteintes aux droits humains, comme le font la grande majorité des autres missions des Nations unies comparables à travers le monde ».

Cette  question gêne grandement le Makhzen dont les éléments armés se permettent tous les dépassements dan un huis-clos de plus en plus insupportable et inacceptable. Autre exemple accablant, « Le 27 mai à minuit, des policiers marocains ont arrêté Essabi Yahdih, 40 ans, blogueur, journaliste et directeur d’Algargarat, un groupe de médias, sur son lieu de travail à La Marsa, une ville située à 72 kilomètres environ à l’ouest de Laayoune.

Fatima Birama, son épouse, a déclaré à Amnesty International que la police a maintenu Essabi Yahdih en garde à vue pendant deux jours au siège de la police à Laayoune5 ».

En outre, « le 9 mai 2021, des policiers se sont introduits par effraction au domicile de Mina Baali, à Laayoune et ont fait des dégâts sur place.

Mina Baali vit dans cette maison avec son mari, Hassana Douihi, défenseur des droits humains, et leur fils. Elle était en train d’agiter des drapeaux du Sahara occidental et de scander des slogans indépendantistes sur son toit en compagnie de sa sœur, Embarka Alina, membre et cofondatrice de l’Instance sahraouie contre l’occupation marocaine (ISACOM), et de Salha Boutengiza, journaliste à la télévision sahraouie et pour la Fondation Nushatta.

À 19 heures, une dizaine de policiers en civil se sont introduits par la force dans la maison en passant par le garage et la porte d’entrée ».

Ces cas, accablant sont loin d’être isolés. Mais l’affaire Soltana Khaya demeure emblématique à plus d’un titre. éÀ 5 heures du matin le 10 mai, des membres des forces de sécurité ont effectué une descente à la résidence de la militante sahraouie Sultana Khaya, à Boujdour, où elle-même et sa famille sont placées en résidence surveillée de facto depuis le 19 novembre 2020 en raison de son action militante.

Les forces de sécurité ont entravé les bras et les jambes de la sœur de Sultana Khaya et volé des objets de valeur, notamment le téléphone et l’ordinateur de Sultana Khaya.

La veille de la fête musulmane de l’Aïd al Fitr, le 12 mai, des dizaines de membres des forces de sécurité, le visage masqué, sont à nouveau entrés chez elle, en passant par le toit. Ils l’ont traînée par terre, lui ont tordu les bras et les lui ont attachés dans le dos, l’ont frappée et ont essayé de la violer avec des matraques.

Sultana Khaya a dit à Amnesty International lors d’un entretien réalisé le 17 mai que sa sœur, Waraa Khaya, avait également été agressée, que certains de ces hommes masqués l’avaient violée en lui enfonçant une matraque entre les jambes et qu’ils l’avaient rouée de coups12 ». La liste ; hélas, reste trop longue. Beaucoup trop longue même…

 

Kamel Zaidi