Eclairage/ Après la démission du Gouvernement Djerad : Focus sur les scénarios possibles

Eclairage/ Après la démission du Gouvernement Djerad : Focus sur les scénarios possibles

Par Mohamed Abdoun

La démission du Premier ministre, somme toute banale, était attendue durant les quelques heures qui avaient suivi la proclamation par le Conseil constitutionnel des résultats officiels et définitifs des élections législatives de ce 12 juin courant. Là encore, il était fortement prévisible que le président Abdelmadjid Tebboune chargeât Abdelaziz Djerad, ainsi que son équipe d’évacuer les affaires courante en attendant qu’un nouvel Exécutif national soit mis en place.

Une poignée de jours est sans doute nécessaire avant que le chef de l’Etat n’arrête et n’annonce son choix, nous expliquent des sources très au fait de ces questions sensibles. Elles ajoutent, en guise d’éclaire et d’explication, qu’au regard de la situation politique actuelle, le premier magistrat du pays dispose de toutes les cartes en main. Les résultats de ce scrutin, en effet, n’ont en effet pas permis l’émergence d’une majorité franche au sein de l’actuelle chambre basse du Parlement.

Pas de chef de gouvernement, donc, issue du Parlement, et censé appliquer la politique des députés choisis par les électeurs /et ou le peuple. En clair, le chef de l’Etat garde la haute main sur ses choix décisionnels, ainsi que sur les orientations des départements ministériels régaliens.

Des consultations allant dans ce sens précis sont en effet annoncées par la Présidence de la     République dès le 26 de ce mois de juin. Si le président a décidé de pousser plus avant ses consultations, notamment avec les partis et parties qui ont « cartonné » lors de ce dernier scrutin, sachant que de nombreuses et fructueuses rencontrer ont déjà eu lieu précédemment avec de nombreux leaders politiques et des représentants de la société civile, c’est par soucis d’écouter les avis techniques et politiques.

Si Djerad, dont le bilan est sujet à caution, même s’il a su tenir bon la barre durant les périodes de tempête, est reconduit au poste de Premier ministre, son éventuel successeur, lui aussi, a toutes les chances de ne pas être affilié à une quelconque formation politique.

Auquel cas, cela laisserait à ce dernier les coudées franches, en le plaçant au-dessus de la mêlée et de toutes les (éventuelles) contingences politiques et/ou partisanes.  Si le nom de Sabri Boukadoum  est avancé, parce que ce diplomate a réussi un sans-faute sur le plan diplomatique, c’est que la priorité semble être accordée à la diplomatie et à la géostratégie au regard des nombreux enjeux posés autour de nous, et des défis nouveaux et inédits qui nous sont posés désormais.

Le ministre des Finances Aymen Benabderrahmane est également évoqué avec beaucoup d’insistance pour avoir abattu un travail remarquable en une phase délicate du pays sur les plans social et économique.

Un gouvernement d’union nationale, dont parle également le MSP d’Abderrezak Mokri n’est pas exclu non plus. Celui-ci, après avoir renoncé à la primature, garde un œil sur l’élection du futur troisième homme de l’Etat dont le prédécesseur est lui aussi issu des rangs de ce parti, Slimane Chenine en l’occurrence.

Le MSP se dit « concerné » par l’élection du successeur de ce dernier, sans pour autant annoncer sa candidature, comme l’a prétendu à tord la presse. Ce parti, avec au moins deux fers au feu, préfère en effet se ménager une sortie de secours honorable en cas d’échec de ses tentatives et démarches menées tous azimuts en coulisses.

Un gouvernement resserré de technocrates et de hautes compétences n’est pas exclu non plus compte tenu de la crise socio-économique qui n’en finit pas de couver et qui, à terme, risque de se transformer en une véritable bombe à retardement si elle n’est pas désamorcée à temps.

Le groupe de députés indépendants, embryon de la future coalition présidentielle, y aura sans doute son mot à dire, avec sa fraicheur, sa jeunesse, et son absence d’implication dans la gestion du pays durant les années passées.

Abdelaziz Belaid, le président du Front Al Moustakbel, aura lui aussi son mot à dire s’il capitalise à bon escient le parcours de longue haleine qu’il mène depuis son opposition au troisième mandat de Bouteflika en 2004 et le prix fort qu’il a dû y concéder.

Pour revenir à la composition humaine de la future équipe gouvernementale, devrait cristalliser un savant dosage entre Politiques et Technocrates à partir des consultations que compte mener le chef de l’Etat à partir de ce samedi.

M.A.

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