Eclairage : Les points sur les « i »

Eclairage

Les points sur les « i »

Par Mohamed Abdoun

D’imminents et graves dangers cernent de toutes parts l’Algérie. Or, notre stabilité et notre sécurité dépend en grande partie de celle des pays voisins. Aussi, prêter main forte à ces derniers relève d’une initiative avant tout patriotique et salvatrice. L’Algérie, pays régional pivot, est dès lors en droit d’influer sur le cours des évènements. De taper sur la table aussi. Les choses, en effet, sont allées trop loin. Beaucoup trop loin. Les assassins de Kadhafi, de concert avec leurs commanditaires, ont ouvert la boite de Pandore.

L’élimination préméditée du guide libyen n’a pas fait que déstabiliser ce pays, et y attirer des cohortes de terroristes, de trafiquants de drogue et de bandits de grand chemin comme le ferait un aimant pour de la limaille de fer. Si le Mali, première victime collatérale de ce complot nord-africain  failli s’effondrer totalement, l’intervention française n’y a guère arrangé la situation.

Serval, et après elle Barkhane, n’ont fait qu’exacerber un terrorisme latent, se nourrissant d’injustices historiques, et de ses propres frustrations. Pour être efficace et durable, toute lutte contre ce fléau doit avant tout s’appesantir sur le terreau en passe de le générer. L’intervention militaire française au Mali n’a dès lors fait qu’aggraver et exacerber ce phénomène. J’en veux pour preuve que les bilans chiffrés fournis triomphalement par l’état-major hexagonal ne signifient absolument rien.

Face à tout terroriste éliminé, une dizaine d’autres se montrent prêts à prendre le relais. Remake moderne du tonneau des Danaïdes. Non ! L’Algérie ne peut plus se permettre d’observer passivement ce monumental gâchis, généré et entretenu au nom de la prétendue réservation de la vie et de la sécurité des populations de cette région du monde. La belle affaire ! Les gens y meurent, et y souffrent aussi beaucoup plus qu’avant.

Excédée, et impatientée par la mauvaise foi de certains acteurs exogène, Alger n’avait plu d’autre choix que de taper sur la table. Les lignes rouges à ne pas franchir, quel qu’en soit le prétexte, ont été publiquement fixées et définies par le président Tebboune. Il y allait de notre stabilité et de notre sécurité à nous. Limitée, la patience algérienne, a fini par arriver à son terme.

En témoigne le coup de poing phénoménal de notre chef d’état-major qui, ans un discours mémorable, a clairement mis en garde tous ces éléments agitateurs et perturbateurs qui empêchent les pays du Maghreb et de la bande sahélo saharienne d’accoster sereinement aux rives de la stabilité et du bien-être socio-économique ».

« L’Algérie n’acceptera aucune menace, quelle que soit la partie qui la profère ». C’est ce qu’a asséné le général de corps d’armée Saïd Chanegriha. Si la voie de la persuasion pacifique et démocratique n’y suffit pas, des moyens autrement plus musclés peuvent être déployés en cas de besoin. « Partant de sa position de pays- pivot dans la région, l’Algérie a, de tout temps, œuvré à soutenir toutes les initiatives internationales, visant à restaurer la sécurité et la stabilité dans les pays du voisinage ».

Cette pondération et cette sagesse n’est pas du tout de la faiblesse. D’aucuns doivent se le tenir pour dit, sous peine d’y consentir le prix fort s’ils persistent dans leurs entreprise hasardeuses et aventureuses. La récréation est terminée. « Nous mettons en garde ces parties et toute personne poussée par son esprit maladif et sa soif de pouvoir, contre l’atteinte à la réputation, la sécurité et l’intégrité territoriale  de l’Algérie.

Qu’ils sachent tous que la riposte sera féroce et résolue et que l’Algérie, forte de sa vaillante armée et de son peuple révolutionnaire et combattant à travers les temps, ancrée grâce à sa glorieuse histoire, est plus noble pour qu’elle soit ébranlée par des aliénés et des téméraires ». Cette sérieuse et sévère mise en garde est intervenue à la veille d’un exercice militaire mené à l’aide de munitions réelles.

L’ANP, digne héritière notre glorieuse ALN, saura relever les immenses défis qui se posent présentement à elle : « Cette détermination  et cette volonté à consentir davantage d’efforts au service de l’intégrité de la nation s’accroitront quand le militaire prendra conscience des menaces et des dangers entourant son pays et qui sont le résultat de la situation sécuritaire délétère et chronique laquelle s’exacerbe, de plus en plus, en raison de la course internationale pour l’hégémonie ainsi que des ingérences militaires exogènes ».

L’ANP veille au grain. Sous l’œil vigilant du chef suprême des forces armées, elle est, et sera aussi, sur tous les fronts, non sans le précieux appoint d’une diplomatie menée de main de maitre par un irrésistible Boukadoum, aiguillé par les orientations visionnaires et justes du président Tebboune.

M.A.