Eclairage/Une diplomatie relookée pour la nouvelle Algérie

Eclairage/Une diplomatie relookée pour la nouvelle Algérie

Indéniablement, la rencontre des ambassadeurs et chefs de mission à l’étranger scelle un tournant majeur et historique dans la relance et la redynamisation de la diplomatie algérienne.

Cette rencontre, qui s’est ouverte ce matin au Palais des Nations, est unique dans les annales de l’Algérie indépendante. Appelée à être pérennisée, en revenant une à deux fois par an, elle donne la pleine mesure de l’importance capitale qu’apporte le président au volet diplomatique, vitrine de La nouvelle Algérie, et reflet intègre et intégral de sa politique intérieure.

Claire et concise à la fois, la feuille de route tracée par le président Tebboune fait partie de ses 54 engagements électoraux. Ce que l’on retient en premier lieu, c’est l’insistance apportée à privilégier d’dorénavant la diplomatie économique. Il est vrai que ce volet, souvent négligé, en devient essentiel et incontournable.

L’économique déterminant et définissant le politique, ce n’est là qu’un juste retour des choses, et un réajustement salvateur pour le pays. Des ambassadeurs ont d’ailleurs déjà pis d’heureuses et fructueuses initiatives allant dans ce sens.

S’agissant des priorités du moment, si l’on excepte les dossiers de décolonisation du Sahara Occidental et de la Palestine, Alger se fixe pour objectif premier d’entrer au conseil de sécurité de l’ONU en tant que membre non-permanent, durant les deux années à venir (2022-2024) aux fins de rendre la voix de notre pays plus audible que jamais, dans le concert des nations.

L’autre priorité, hormis celle d’aider la Libye voisine à sortir de l’écueil où l’ont placée des acteurs malintentionnés, va assurément vers le continent africain, vers lequel tend et s’étend notre profondeur stratégique.

Il s’agit en premier lieu de contrer l’intrusion de l’ « agent » sioniste qui ne tente d’entrer certainement pas en tant qu’observateur à l’UA pour y faire du tourisme et du commerce. La protection des intérêts suprêmes de l’Algérie relève également des missions premières et primordiales de nos diplomates.

Ils sont les sentinelles avancées et l’avant-garde des gardiens de la nation algérienne. Au regard des attaques incessantes que subit l’Algérie depuis quelques temps, cette mission ne sera pas de tout repos. Mais, elle n’est pas impossible non plus. Le soutien et l’adhésion des Algériens vivant à l’étranger est primordial.

D’où l’appel du président à consacrer des numéros verts destinés à la diaspora, de les seconder et les assister en cas de décès et, même, de consacrer un budget spécial, aussi maigre soit-il, aux honoraires d’avocats appelés à plaider les causes des Algériens ayant maille à partir avec la justice des pays dans lesquels ils sont établis.

Dans son discours inaugural, le ministre des Affaires Etrangères, Ramtane Lamamra a annoncé un concours de recrutement de nouveaux diplomates dans le but de rajeunir ce corps et de lui injecter un sang nouveau.

C’est à la poursuite de ces mêmes objectifs que 80 nouveaux ambassadeurs ont été nommés alors que les postes de sept envoyés spéciaux ont été créés. Il est temps de s’adapter aux défis, aux mutations et aux menaces de  l’heure.

Mohamed Abdoun