Économies africaines exportatrices des combustibles : risque de pertes de 10 milliards de dollars

Économies africaines exportatrices des combustibles : risque de pertes
de 10 milliards de dollars

Le scénario du cabinet Wood Mackenzie qui évoque la possibilité d’une chute à 10 dollars du prix du baril d’ici 2050 pose avec acuité la question du destin du continent africain qui, déjà, n’arrive pas à sortir la tête de l’eau suite aux effets de la pandémie Covid-19.

La situation est d’autant plus alarmante, vu que la plupart de ces pays, commente Rim Berahab, économiste marocaine et spécialiste des questions énergétiques, «ne se sont pas encore remis du choc pétrolier de 2014.

S’appuyant sur une analyse du cabinet Wood Mackenzie, Mme Berahab prévient que les économies africaines exportatrices des combustibles «risquent de déplorer une perte d’investissements dans des projets pétroliers allant jusqu’à 10 milliards de dollars». Le groupe de recherche Rystad Energy, lui, estime que les délais pour les décisions
d’investissement pré- finales des projets en Afrique pourraient entraîner une baisse de 200 000 barils par jour (bpj) de la production de pétrole entre 2021 et 2025.

Quel rempart ? Pour l’économiste, «la réponse à la crise du Covid-19 exige que les gouvernements des pays africains exportateurs de pétrole hiérarchisent les mesures à prendre et les adaptent en fonction de la gravité des chocs». La capacité des pays africains exportateurs de pétrole à instaurer la réponse budgétaire requise, elle, «est fortement tributaire de l’apport de financements extérieurs importants par la communauté». Aujourd’hui, si le scénario du cabinet Mackenzie se confirme, le sort énergétique de l’Afrique risque de s’inscrire dans un scénario genre «tomber de Charybde à Scylla».

Yacine Bouali