Economies émergentes et en développement : le secteur informel représente plus de 70 % de l’emploi total

Economies émergentes et en développement : le secteur informel représente plus de 70 % de l’emploi total

Intitulé The Long Shadow of Informality : Challenges and Policies, ou l’ombre de l’informel : Défis et politiques, un rapport de la Banque mondiale indique que «le secteur informel représente plus de 70 % de l’emploi total dans les économies émergentes et en développement et contribue à pratiquement un tiers du PIB». Et la prédominance de cette
économie de l’ombre «réduit la capacité des pays à mobiliser les ressources budgétaires nécessaires pour stimuler l’activité économique en période de crise, mener des politiques macroéconomiques efficaces et constituer le capital humain indispensable au développement à long terme».

S’agissant des pays émergents et en développement où le niveau du secteur informel est élevé, le document de la BM explique que «les recettes publiques ressortent autour de 20 % du PIB, soit cinq à douze points de pourcentage en dessous du niveau atteint dans les autres pays du même groupe». Ces même pays enregistrent aussi des dépenses publiques qui sont «nettement inférieures, jusqu’à 10 points de pourcentage du PIB».

Si cette «forte informalité» limite les moyens des gouvernements pour «combattre les récessions profondes et soutenir la relance», elle n’a pas épargné «l’aptitude des banques centrales à soutenir l’économie» qui reste «limitée par le caractère embryonnaire des systèmes financiers, typique d’une informalité omniprésente».

Par ailleurs, le rapport formule des recommandations générales à l’intention des décideurs au niveau  des pays émergents et en développement. Il est question d’ « opter pour une approche globale, de renforcer l’accès à l’éducation, aux marchés et aux financements,
d’améliorer la gouvernance et le climat des affaires pour favoriser le développement de l’économie formelle et, de rationaliser les régimes fiscaux pour réduire le coût de l’activité formelle et renchérir le coût de l’activité informelle».

Yacine Bouali