Edito / Age d’or

Edito / Age d’or

Par Mohamed Abdoun

Certes, et comme il fallait s’y attendre, la désignation par le président Tebboune de l’équipe  gouvernementale a donné lieu  un nombre impressionnant de réactions et de commentaires. Les choix du chef de l’Etat en effet engagent en théorie et déterminent le destin du pays pour une période relativement étendue dans le temps puisque elle intervient à la suite des législatives du 12 juin passé, venues consacrer l’APN pour les cinq années à venir. Dès lors, il était normal et attendu que la composante humaine de l’Exécutif national fut examinée avec une attention extrême, jusques-y compris ses détails les plus infinitésimaux. Or, si les uns et les autres se perdent encore en conjectures sur la nature véritable du gouvernement Benabderrahmane, qu’il soit technocrate, politique ou à cheval entre les deux, force est de relever que l’essentiel des commentaires a été accaparé par notre nouveau chef de la diplomatie. Certes, cela né réduit en rien des mérites de son prédécesseur, Sabri Boukadoum, il n’en demeure pas moins que Ramtane Lamamra est fort d’une pointure exceptionnelle. A la faveur des changements profonds initiés par le président Tebboune dans le cadre de l’édification de l’Algérie nouvelle, beaucoup d’observateurs et d’analystes qyu suivent de près ces affaires se disent convaincus que c’est la diplomatie algérienne qui a toutes les chances de réaliser des bonds de géant à la faveur de cette dynamique spéciale. Même la presse marocaine, très hostile à l’Algérie, a commenté ave un luxe de détails cette désignation, y prédisant même de sombres perspectives pour les velléités expansionnistes et colonialistes des gens du Makhzen. Un véritable âge d’or est prédit pour notre diplomatie sous l’impulsion de Lamamra. Outre on impressionnant carnet d’adresse et ses états de service, il  jouit d’une conjoncture géostratégique particulièrement favorable. L’échec de la France au Mali, somme toute prévisible et attendue, rebat les cartes sahéliennes et maghrébines. L’Algérie, qui y occupe une place et un rôle de premier plan, sera un facteur stabilisateur et dispensateur de paix en faveur de tous les pays voisins.  Sachant qu’aucun développement durable et profitable à tous n’est possible sans que ne cessent le terrorisme et le grand banditisme, un pareil défi, qui parait utopique de prime abord, n’en est pas moins à portée de main. L’expérience algérienne dans le domaine de la lutte antiterroriste a toutes les chances de profiter à nos amis et voisins maliens. Nul doute non plus que la voie et la voix de la réconciliation et de la réunification libyennes passent immanquablement par Alger. Les éléments qui parasitent ces bons offices et ces saines intentions seront démasqués et exclus de facto. Le Polisario, représentant légitime du peuple sahraoui, pourra lui aussi assumer plus efficacement son rôle stabilisateur régional, n’en déplaise aux assertions et manœuvres dilatoires  de Rabat. Cette vision prospective développée par Lamamra à l’occasion de sa prise de fonctions, a même toutes les chances de ne guère s’arrêter en si bon chemin. Nouveau leader du monde arabe et porte-drapeau de la cause palestinienne, notre pays est en passe d’explorer des voies nouvelles et des perspectives prometteuses en matières d’aides et de soutiens multiples à apporter aux peuples qui se battent pour leur indépendance et leur émancipation. A la faveur de cette vision prospective, il sera possible et permis à chacun d’entre nous de se sentir fier d’être algérien.

M.A.