En attendant qu’elle soit réhabilitée : La Casbah d’Alger se cherche dans le temps 

En attendant qu’elle soit réhabilitée : La Casbah d’Alger se cherche dans le temps 

Décrite par l’Unesco comme l’un des plus beaux sites maritimes de la Méditerranée constituant un type unique de médina, la Casbah d’ Alger  apparaît comme un exemple significatif de ville historique maghrébine,  habitée au moins depuis le VIe siècle, qui a eut une grande influence sur  l’urbanisme de la région.

Elle est classée le 24 novembre 1992, patrimoine universel de l’humanité par l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (Unesco).

Depuis,  la Casbah d’Alger a connu une multitude d’opérations de travaux d’urgence et de plans pour la préservation, la restauration et éventuellement l’exploitation du site dont le classement en secteur sauvegardé en 2003 ou le Plan permanent de sauvegarde et de mise en valeur adopté par le gouvernement en 2012.

De nombreuses opérations avaient certes permis de restaurer des palais ottomans comme Dar Mustapha Pacha, Dar Khedaoudj El Amia, Dar El Kadi ou  Dar Essouf, des mosquées comme celle de Ali Betchine, Sidi Ramdane, une des plus ancienne de la Casbah, ou plus récemment la célèbre mosquée Ketchaoua, mais beaucoup reste à faire.

 Cependant, même si les attributs de la «Valeur universelle exceptionnelle» de l’Unesco sont maintenus, il existe néanmoins des menaces à l’intégrité de ce centre urbain qui sont liées à la sur densification et à des interventions non contrôlée en plus des risques liés aux séismes, incendies, inondations et glissements de terrain, selon l’agence onusienne.

Le centre historique de la capitale, n’a plus la force, comme ces habitants, d’«attendre et (de) croire à des solutions miracles» de restauration et de relance économique et touristique.

Une perspective qui semble, aux yeux des riverains, s’«éloigner au fil des années», alors que le tissu urbain de la Casbah d’Alger continue à se dégrader inexorablement, faute d’interventions décisives sur une partie du bâti, fragilisé certes, mais encore debout.

Au-delà de la restauration du bâti traditionnel, qui n’est palpable qu’à travers quelques expériences menées des mosquées et des palais, de nombreux habitants de la Casbah, rencontrés par l’APS, évoquent «un cadre de vie des plus difficiles» dans une cité «surpeuplée»  (plus de 52.000 habitants dans un espace de 105 hectares) et privée de tout confort «moderne».

En 2018, les experts de l’Unesco réunis à Alger avaient relevé «la perte d’un temps précieux et de moyens humains et financiers importants» engagés depuis des années, «sans résultat» dans les différentes opérations de sauvegarde préconisant, entre autres, la création d’une «agence unique pluridisciplinaire» pour gérer le dossier et une «relance dynamique» du plan de réhabilitation dans une vision plus large intégrant le centre historique à la ville d’Alger et un «allégement» des procédures légales et administratives.

Un danger nommé effondrements

Près de 80% de la globalité de ce tissu architectural a été classé en zone rouge, selon un rapport du Contrôle technique de constructions (CTC), repris par le président de l’Assemblée populaire communale de la Casbah, Amar Zetili en 2021.

S’étalant sur une superficie de 105 hectares, occupés par plus de 60.000 habitants, la Casbah d’Alger, continue de se détériorer, du fait de phénomènes naturels et de facteurs humains, malgré les travaux de restauration d’urgence ordonnés depuis 2006.

Fin 2020, un conseil interministériel a été consacré à l’examen du dossier relatif à la sauvegarde de la Casbah d’Alger en présence de plusieurs ministres notamment ceux de la Culture, de l’Habitat et du Tourisme ainsi que du wali d’Alger.

L’ancien Premier ministre, Abdelaziz Djerrad, avait insisté sur l’importance à accorder au volet institutionnel dédié à la gestion du programme de réhabilitation et de sauvegarde de la Casbah d’Alger dont l’organisation doit être en «capacité à répondre aux exigences de la coordination permanente des différents intervenants» dans ce programme.

L’aspect de chantier perpétuel qu’offre la Casbah au visiteur, les lenteurs dans le lancement effectif d’une restauration attendue depuis plus de 30 ans, et ces madriers imposants posés depuis longtemps en guise de travaux d’urgence… finissent par installer une ambiance qui pousse ses habitants à quitter leurs maisons qui partent souvent en «en miettes «. Les effondrements y sont en effet légion. La Casbah pleure son sort…..

Y.Y/APS

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