En grève de la faim depuis93 jours : le journaliste Soulaimane Raissouni condamné à cinq ans de prison !

En grève de la faim depuis93 jours : le journaliste Soulaimane Raissouni condamné à cinq ans de prison !

La justice marocaine a arbitrairement condamné vendredi le journaliste Soulaimane Raissouni à cinq de prison pour «agression sexuelle», en son absence car il est en grève de la faim depuis 93 jours. Depuis mai 2020, Soulaimane Raissouni, 49 ans, est en détention préventive suite à une plainte d’un militant LGBT pour «agression sexuelle», des faits qu’il conteste. Ses soutiens dénoncent un «procès politique», tandis que le plaignant se défend d’être «instrumentalisé politiquement».

Ce journaliste et opposant au régime de Mohamed Viserait carrément à l’agonie après une centaine de jours de grève de la faim dans les geôles marocaines.  C’est le journaliste et opposant, bête noire du régime « makhzenien » Ali Lmrabet qui vient de donner l’alerte dans un post mis en ligne sur les réseaux sociaux. Il y cite en effet l’épouse du journaliste Souleimane Raissouni, détenu pour des arguments fallacieux depuis le mois de mai passé, et en grève de la faim depuis 93  longs et interminables jours en vue de protester contre l’inqualifiable arbitraire dont il est la victime de la part de la justice marocaine, aux ordres du roi Mohamed VI.

Ali Lmrabet, dans son post, y a craint en effet, et qu’à Dieu ne plaise, que Raissouni ne devienne hélas le premier journaliste victime de Mohamed VI à payer de sa vie son indépendance. Arrêté depuis le 22 mai et en attente de son procès dans une affaire « de droit commun », le journaliste marocain Soulaimane Raissouni, rédacteur en chef et fondateur du journal dissident Akhbar Al Yaoum, est en grève de la faim depuis 79 jours. Son état de santé se détériorant de jour en jour, il a été transféré à l’hôpital. Rédacteur en chef du journal Akhbar Al Yaoum, très critique à l’égard du régime marocain, Soulaimane Raissouni est détenu depuis le 22 mai 2020 à la prison locale Ain Sebaâ, à Casablanca.

Officiellement, le journaliste est poursuivi dans une affaire de “viol”. Mais selon sa défense et l’association de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières (RSF), cette accusation fallacieuse n’est qu’un prétexte pour museler la liberté d’expression. Soulaimane Raissouni proteste contre son incarcération en observant une grève de la faim qui l’affaiblit, jusqu’à mettre carrément en péril sa propre vie. Samedi dernier, il a été transféré à l’hôpital à la suite de la détérioration de son état de santé. Pourtant, quelques jours auparavant, les autorités pénitentiaires avaient, sous couvert d’anonymat, livré au site d’information 360.ma une tout autre version, tentant en vain de décrédibiliser Soulaimane Raissouni. La tactique du Makhzen a consisté en effet à lancer et à financer un nombre impressionnant de « sites d’informations » électroniques » tous aux mains des services secrets marocains, tous spécialisé dans la diffamation, l’anathème l’insulte, l’invective et les fausses accusations.

Leur mission est double. D’abord, noyer et parasiter sous le nombre les médias sérieux et crédibles qui surnagent et résistent encore au royaume chérifien d’une part, et tirer à boulets rouges sur l’Algérie et le front Polisario sans la moindre raison plausible de l’autre. Arrêté fin mai 2020, il dit avoir perdu depuis cette date plus de 35 kg, dont 18 kg pendant sa grève de la faim, lancée pour dénoncer la «grande injustice» de sa détention préventive. «Je suis prêt, voire avide, de ce procès (…) qu’il soit devant la Cour ou devant le tribunal de Dieu», a-t-il écrit la semaine dernière dans une lettre dictée à ses avocats et partagée par son épouse sur Facebook.

L’assassinat d’un journaliste libre, et par préméditation, se déroule présentement sous nos yeux.

Kamel Zaidi