Entité sioniste membre observateur à l’UA: l’Afrique du Sud et la Namibie appellent à l’annulation de la décision

Entité sioniste membre observateur à l’UA: L’Afrique du Sud et la Namibie appellent à l’annulation de la décision

Les voix s’élevant contre le statu d’ «observateur » accordé à l’entité sioniste au sein de l’Union africaine, se multiplient.  Ce jeudi,  c’est le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions en Afrique du Sud (SA-BDS) qui a condamné dans un communiqué la décision «antidémocratique»  de la Commission de l’Union africaine  d’accorder à l’entité sioniste un statut d’observateur à l’UA, appelant à son annulation.

SA-BDS «condamne cette manœuvre et demande instamment à notre gouvernement, ainsi qu’aux autres Etats membres de l’UA, de rejeter la demande d’accréditation d’Israël et de veiller à ce que la question soit inscrite à l’ordre du jour de la prochaine session du Conseil exécutif de l’UA», s’indigne le mouvement dans la même déclaration.

Selon lui, le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki, devait examiner la demande sur la base de l’Acte constitutif de l’Union africaine et des décisions pertinentes des organes de l’UA, en tenant compte des opinions et préoccupations des Etats membres et de l’intérêt suprême de l’UA».

Evoquant, une décision «antidémocratique et unilatérale», le mouvement souligne qu’en acceptant les lettres de créance de l’ambassadeur israélien, M. Faki «passe outre ces critères et normes de procédure, risque de saper la stabilité et la crédibilité de l’UA et viole plusieurs objectifs de l’Acte constitutif, qui engage l’Union à œuvrer en faveur de l’unité et de la solidarité africaines, à promouvoir la paix, les principes démocratiques et les droits de l’homme».

Le mouvement SA BDS précise que l’entité sioniste utilise l’aide accordée aux pays africains dans des domaines tels que l’agriculture, la technologie  comme un effet de «levier opportuniste», soulignant que ce statut accordé à l’entité sioniste lui permettra d’influencer le vote des Etats membres au sein de l’UA et dans les institutions multilatérales telles que l’ONU. L’objectif est de pousser les Etats africains à soutenir I’entité sioniste aux Nations unies et dans d’autres forums internationaux, avertit SA-BDS.

«Comment peut-on prendre au sérieux la prétention d’Israël de vouloir apporter une contribution significative à l’Afrique, alors que le gouvernement israélien affiche ouvertement son mépris pour les populations du continent en emprisonnant et en déportant des milliers de demandeurs d’asile africains et tolère, voire encourage, les attaques racistes contre les Africains vivant en Israël», déplore le mouvement.

« Un Etat qui traite les Africains de manière aussi dégradante et raciste ne devrait pas être récompensé par le statut d’observateur auprès de l’Union africaine», rappelant à ce titre le scandale de l’utilisation du logiciel espion israélien, déployé pour espionner des journalistes et  militants des droits de l’homme et même le président sud-africain.

«L’UA ne doit pas «récompenser cette entité qui a violé les droits de l’homme, agressé, colonisé et pratiqué l’apartheid» mais plutôt «soutenir l’appel palestinien au boycott, au désinvestissement et aux sanctions pour isoler l’apartheid israélien», conclut SA-BDS.

Le gouvernement sud-africain avait  pour rappel, déposé mercredi 28 juillet, une objection à la décision de la Commission de l’Union africaine d’accorder à l’entité sioniste le statut d’observateur auprès de l’organisation panafricaine, exigeant des précisions sur cette question.

La Namibie dit Non

Le gouvernement namibien a également exprimé ce jeudi, son opposition à la décision de la Commission de l’Union africaine d’accorder à l’entité sioniste le statut d’observateur auprès de l’organisation panafricaine, affichant sa volonté de soum» ettre officiellement son objection au président de la Commission de l’UA.

Le gouvernement namibien a appris avec une profonde inquiétude et déception que le président de la Commission de l’UA a reçu des lettres de créance de l’ambassadeur d’Israël, accordant le statut d’observateur de l’Etat d’Israël à l’Union africaine», souligne le ministère namibien des Relations internationales et de la coopération dans un communiqué consulté par l’APS.

«Accorder le statut d’observateur à une puissance occupante est contraire aux principes et objectifs de l’Acte constitutif de l’Union africaine, en particulier au moment où l’Etat d’Israël multiplie ses actes d’oppression en violation totale du droit international et au mépris des droits de l’Homme du peuple palestinien», ajoute la même source.

Le ministère namibien des Relations internationales souligne, en outre, que cette décision «est également contraire à l’engagement ferme et solide des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA à soutenir la cause palestinienne, comme en témoignent les différentes déclarations adoptées à chaque session ordinaire de l’Assemblée», estimant que la solution à deux Etats est à même de résoudre le conflit au moyen orient.

A ce titre, la Namibie «se dissocie donc de l’octroi du statut d’observateur à l’Etat d’Israël, tandis que la raison de la perte de son (l’entité sioniste) statut d’observateur en 2002 reste inchangée».

Elle maintient que l’entité sioniste «ne peut récupérer le statut d’observateur auprès de l’UA qu’à la condition qu’il cesse d’occuper la Palestine et accorde à son peuple le droit à l’autodétermination».

Par ailleurs, la Namibie «réaffirme son soutien indéfectible et sa solidarité avec les Palestiniens, contre l’occupation israélienne, et soutient le droit inaliénable du peuple palestinien à l’autodétermination et à l’indépendance avec El Qods-Est pour capitale».

A cet égard, elle a annoncé qu’elle «soumettra officiellement son objection/réserve au Président de la Commission de l’UA, en temps voulu».

L’opposition de la Namibie intervient après celle exprimée, mercredi, par l’Afrique du Sud dont le gouvernement s’est dit «consterné» par la décision  de la Commission de l’Union africaine d’accorder à l’entité sioniste le statut d’observateur auprès de l’UA.

Le même jour, le gouvernement sud-africain a déposé une objection à cette décision auprès de l’Union Africaine, exigeant des précisions sur cette question.

Dj. Am