Esteban Silva, analyste chilien : « Le Maroc bloque toute solution au conflit sahraoui »

Esteban Silva, analyste chilien : « Le Maroc bloque toute solution au conflit sahraoui »

L’analyste politique chilien, Esteban Silva Cuadra, a affirmé que le Maroc, soutenu par ses alliés occidentaux, exerçait une «pression constante» sur l’ONU pour l’empêcher de remplir son rôle au Sahara occidental, et continuait de bloquer toute possibilité d’avancer vers une solution au conflit dans le territoire occupé.

«Le Maroc, avec le soutien de la France, a réussi à continuer à bloquer toute possibilité d’avancer dans la restauration de la légalité internationale garantissant le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui», a relevé Esteban Silva Cuadra, directeur de l’Association d’amitié chilienne avec la République arabe sahraouie démocratique (RASD), dans une analyse publiée mercredi par la Radio de l’Université du Chili.

Poursuivant sans répit sa politique de répression notamment après la reprise de la guerre en novembre 2020, «le Maroc a intensifié les arrestations arbitraires contre les Sahraouis et réactivé les procès des prisonniers politiques sahraouis devant les tribunaux militaires marocains», a noté l’analyste chilien.

L’occupant marocain a également empêché l’entrée sur le territoire occupé d’avocats et de défenseurs des droits humains qui défendent la population sahraouie en captivité, a-t-il ajouté dans le même sens. Selon Silva Cuadra, sociologue également, la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’Homme, Mme Michelle Bachelet a récemment admis que «certaines parties nous ont empêchés d’attirer l’attention de la communauté internationale sur la situation des droits de l’Homme au Sahara occidental».

Il s’agit là d’«une reconnaissance implicite de la pression constante exercée par le Maroc et ses alliés occidentaux (qui sont désormais activement rejoints par l’entité sioniste) pour empêcher l’ONU de remplir son rôle de défense des droits du peuple sahraoui», a-t-il souligné.

«La Mission des Nations Unies pour le référendum au Sahara occidental (MINURSO) a été créée pour garantir la réalisation du référendum d’autodétermination sahraoui, un référendum qui à ce jour continue d’être bloqué par le Maroc», a-t-il renchéri rappelant que «la France a fait usage, à plusieurs reprises, de son droit de veto au Conseil de sécurité contre les résolutions qui visent à donner mandat à la MINURSO pour garantir le respect des droits de l’Homme de la population sahraouie dans les villes occupées».

Déplorant le silence et l’inaction de l’ONU face à la répression marocaine dans les territoires occupés et au blocage du dossier sahraoui, le sociologue chilien, qui avait déjà accordé un entretien à La Patrie News depuis quelques semaines, a relevé également que «la guerre et la violence se propagent au Sahara occidental et aucune mesure concrète n’est envisagée par les Nations unies pour faire face à cette grave situation».

Pour autant, l’analyste estime que la réunion sur le Sahara occidental convoquée par le Conseil de sécurité de l’ONU, le 21 avril courant, «a été un échec total» en raison de l’absence de progrès sur cette question. Esteban Silva Cuadra est revenu ensuite dans son analyse intitulée, «La guerre invisible contre les Sahraouis», sur la reprise des affrontements armés entre les deux parties au conflit, le Maroc et le Front Polisario, après l’agression menée par le Maroc le 13 novembre dernier à El-Guerguerat contre des manifestants sahraouis pacifiques, et la violation par l’occupant du cessez-le-feu de 1991.

Il dira à ce sujet que le régime marocain «continue de cacher la réalité et de démentir les faits sur le terrain», en menant «une campagne médiatique internationale», présentant le Sahara occidental occupé comme «faisant partie de son territoire», alors que la RASD, proclamée en 1976, est reconnue à ce jour par plus de 84 pays. C’est ainsi que l’analyste a souligné l’«urgence de multiplier au Chili, en Amérique latine et dans le monde la mobilisation et la solidarité des peuples en faveur de la juste lutte que mène aujourd’hui le Front Polisario, au milieu du XXIe siècle, pour son droit inaliénable d’exister en tant que pays indépendant et souverain».

Pour rappel, le 20 mai marquera le 48e anniversaire du déclenchement de la lutte armée sahraouie, initiée par le Front Polisario, contre le colonialisme espagnol pour l’indépendance du Sahara occidental en Afrique du Nord.

M.A