Face à la montée de l’extrême droite : 120 organisations appellent à manifester en France

Face à la montée de l’extrême droite : 120 organisations appellent à manifester en France

Près de 120 organisations appellent à manifester samedi 12 juin, partout en France. Objectif : dire stop à l’« extrême-droitisation » du débat public et mettre en place un sursaut citoyen, intellectuel et militant.

Deux youtubeurs fascistes déguisent un mannequin en militant de gauche, puis le mitraillent à balles réelles avant de s’acharner dessus à coups de couteau. Un lecteur de Mein Kampf filme son comparse en train de gifler le président de la République au cri capétien de « Montjoie Saint-Denis ! », repris depuis des années par les royalistes d’extrême droite.

Des militaires signent une tribune aux relents putschistes et reçoivent le soutien de Marine Le Pen. Laquelle est donnée une fois de plus au second tour de la présidentielle en 2022, alors même que les candidats RN peuvent décrocher la présidence d’une ou plusieurs régions à la fin du mois.

Comme si cela ne suffisait pas, des intellectuels, tel le philosophe Raphaël ­Enthoven, annoncent qu’ils voteront Marine Le Pen plutôt que Jean-Luc Mélenchon si les deux venaient à s’affronter au second tour.

Le tout alors que les idéologues réactionnaires se rajeunissent et trustent les plateaux télévisés, et que le gouvernement multiplie les lois liberticides et accuse les « islamo-gauchistes » de tous les maux, reprenant le vocable de l’extrême droite… Cela fait beaucoup, beaucoup trop.

Dans ce climat considérablement dégradé, plus de 120 associations, collectifs, médias, organisations syndicales et politiques appellent à relever la tête et à manifester dans toute la France ce samedi, « pour les libertés et contre l’extrême droite ».

« On a besoin d’un signal fort, d’une grande ­mobilisation pour dire que des millions de gens aspirent à autre chose qu’à l’extrême droite ou une dérive autoritaire du gouvernement », explique Thomas Portes, porte-­parole de Génération.s et président de l’Observatoire national de l’extrême droite, à l’initiative de la mobilisation avec Éric Coquerel.

« Chaque semaine, depuis des mois, monte l’urgence d’un sursaut », insiste le député insoumis. « Face à l’extrême-droitisation dans les médias, la politique, la sphère intellectuelle, il faut dire stop et alerter. On ne peut pas s’habituer au ­grignotage progressif de nos libertés publiques, au piétinement de la démocratie, loi après loi, discours après discours », abonde Aurélie Trouvé.

La porte-parole ­d’Attac estime que « de nouvelles lignes rouges ont été ­franchies ces dernières semaines » et appelle la gauche à se ressaisir.

« Il faut s’atteler à un travail de fond, collectif et serein sur les questions que l’extrême droite s’approprie, comme la police et la laïcité, et remettre au centre du débat l’explosion de la misère sociale, des inégalités et la crise écologique », affirme-t-elle, alors même qu’un « rapprochement entre la droite des riches et la droite identitaire » est à l’œuvre. C’est pourquoi il s’agit désormais de faire bloc, à l’appel de la CGT, FSU, Solidaires, Attac, Oxfam, la LDH, la FCPE, Alternatiba, la CNL, les Amis de la Terre, le Collectif national pour les droits des femmes, les Effronté.e.s, ­Génération.s, la FI, EELV, le PS, le PCF et le journal l’Humanité. Face au péril croissant, l’heure est au réveil et à l’action.

R.I.