Face au coronavirus, les Algériens champions de la solidarité

Face au coronavirus, les Algériens champions de la solidarité

Un étage entier avec des lits, des respirateurs artificiels et tout le matériel nécessaire pour prendre en charge les patients touchés par le nouveau coronavirus. Ce n’est pas sans fierté que Halim Lefkir, 29 ans, a posté sur Facebook la photo de la salle de soins aménagée au Centre hospitalo-universitaire de Blida, ville au sud d’Alger, épicentre du COVID-19, placée sous confinement total depuis le 23 mars.

Une victoire rendue possible « grâce à des donateurs anonymes, particuliers et entreprises », souligne le militant associatif, membre coordinateur du groupe Section logistique solidarité Alger coronavirus.

Ce groupe de professionnels bénévoles, venus de tous les corps de métier, vivant en Algérie ou à l’étranger, s’est formé « dès les premières semaines de la propagation du virus en Chine », témoigne encore Halim Lefkir .

« Notre objectif : sensibiliser et organiser la préparation, l’anticipation et le renforcement des capacités logistiques des structures de santé. Nous sommes également en train de développer des bases de données permettant de suivre l’évolution de cette pandémie dans chaque partie du territoire national. »

Ce chef d’entreprise dans l’événementiel se sert de son expérience dans la gestion pour organiser des collectes de dons et de données, en comptant sur de solides collaborateurs locaux et de la diaspora. Une cagnotte en ligne a permis de récolter en dix jours plus de 17 000 euros.

 L’Algérie compte en ce début d’avril le plus grand nombre de personnes décédées du COVID-19 en Afrique avec, officiellement, 152 morts sur les 1 320 personnes atteintes.

Le plus grand pays d’Afrique serait aussi l’un des plus vulnérables face cette pandémie, à en croire une étude de l’Institut français de santé et de recherches médicales (INSERM), en raison, notamment, de la faible qualité de ses infrastructures.

L’État algérien, qui a reçu des lots de matériel de protection et produits sanitaires de la Chine, avait alloué, le 15 mars, plusieurs millions de dollars à l’importation de matériel médical. Selon le site Ménadefense, le pays a même mobilisé ses avions militaires stratégiques pour ramener les cargaisons de Chine.

Pour tenter de compenser ces lacunes, les Algériens du pays et de la diaspora se mobilisent. Les initiatives, les campagnes, les collectes pour augmenter la capacité des hôpitaux et s’assurer une disponibilité des outils de protection et même des aliments de base pour les familles les plus démunies se multiplient.  Akram, un militant associatif de 30 ans, suit le développement du coronavirus depuis la mise en quarantaine de la ville de Wuhan en Chine, fin janvier.

 

Le hirak algérien en temps de coronavirus, le grand dilemme entre santé et liberté

 

Pour ce jeune activiste du hirak, le plus difficile, les premières semaines, était de sensibiliser à la nécessité de suspendre le hirak avant que le virus se propage.

« Étant donné le nombre restreint de centres d’analyse et de diagnostic, et au regard du doute qui plane et planera toujours sur le nombre exact des personnes atteintes, nous nous sommes employés, avec un groupe de bénévoles, à préparer la collecte de masques, de blouses pour les médecins, de gants et de gels hydroalcooliques pour palier toute éventuelle pénurie », souligne à MEE ce jeune cadre du secteur public.

Comme il faisait déjà partie d’associations actives dans le domaine de la santé, Akram a recouru à ses réseaux pour lancer des appels à la collecte de dons. Il a même organisé des opérations de désinfection des centres de santé et autres lieux publics.

 

Désigner cinq personnes dans chaque quartier

El Hadi Lassouli, fermier et agriculteur dans l’Algérois, opte de son côté pour une solidarité de proximité envers les familles qui se retrouvent sans ressources. Pour cet activiste du hirak, la mobilisation se poursuit naturellement en action solidaire citoyenne.

« Nous sommes nombreux à militer actuellement à travers des gestes de solidarité. Aujourd’hui par exemple, des professeurs d’université ont organisé une collecte que nous avons transmise à des activistes, qui, de leur côté, ont acquis des denrées de première nécessité pour des familles nécessiteuses », raconte-t-il à MEE.

El Hadi et son groupe comptent sur les représentants des quartiers pour l’approvisionnement des familles qui en ont le plus besoin.

« Nous encourageons les bienfaiteurs à suivre un concept très simple : désigner cinq personnes dans chaque quartier. Deux recensent les besoins et en font un devis, et les trois autres collectent, achètent et distribuent. La solidarité de proximité est aussi importante qu’efficace, car chacun connaît les besoins de son quartier ou de sa localité. »

 

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