Gazoduc Algérie-Europe : Le contrat pour le  Maroc ne sera renouvelé

Gazoduc Algérie-Europe : Le contrat pour le  Maroc ne sera renouvelé

L’Algérie a tranché quant à la fermeture du gazoduc Maghreb-Europe, qui relie depuis 1996 les gisements algériens à l’Europe via le royaume marocain et dont le contrat expire en octobre prochain.

« L’Algérie n’a pas l’intention de renouveler le contrat  d’approvisionnement de gaz à l’Espagne via le gazoduc qui traverse le Maroc », a en effet affirmé ce lundi, « une source autorisée à En Nahar TV ajoutant que l’Algérie n’a entamé aucune discussion avec la partie espagnole à cet égard.

Prévisible d’autant que le  26 août dernier, à la suite d’une rencontre avec l’ambassadeur Fernando Morán concernant les livraisons de gaz algérien à l’Espagne, le ministre de l’Énergie Mohamed Arkab a affirmé l’intention de l’Algérie de n’utiliser plus que le gazoduc Medgaz, reliant directement les installations de Beni Saf (à 110 km à l’ouest d’Oran) à celles d’Almeria (pointe sud-ouest de l’Andalousie).

Dans ce sens, le  groupe Sonatrach, qui a des engagements à honorer avec ses clients, et son partenaire espagnol Naturgy sont parvenus à un accord portant sur l’exploitation de l’expansion du Gazoduc Medgaz, reliant la côte de Béni Saf à l’ouest de l’Algérie et la ville d’Almeria dans la région espagnole d’Andalousie, à partir du quatrième trimestre de l’année en cours.

C’est-à-dire, avant l’arrivée à terme du contrat du pipeline Maghreb-Europe, qui démarre du gisement de Hassi R’mel  en traversant le détroit de Gibraltar pour finir à Cordoue en Espagne.

« Nous avons pris toutes les dispositions nécessaires en cas de non-renouvellement du contrat d’excellence du gazoduc concerné », affirmait récemment le PDG de Sonatrach, Toufik  Hakkar,  en réponse à une question sur la possibilité de non renouvellement du contrat d’excellence du gazoduc Maghreb-Europe reliant l’Algérie à l’Espagne via le Maroc.

Dans ce cas, le Maroc aura beaucoup à perdre. En ne renouvelant pas la concession du gazoduc Maghreb-Europe, le Maroc risque de perdre deux gros avantages : le droit de péage de 7 % qui représente environ 200 millions d’euros par an, et la quantité de gaz dont il tire profit du fait du transit via le gazoduc.

Medgaz relie directement les installations algériennes de Béni-Saf au port d’Almeria en Andalousie et 60% du gaz qui y transite est destiné au marché espagnol. Cette réalisation renforce largement, les capacités du pétrolier algérien Sonatrach, à commercialiser du gaz naturel liquéfié GNL vers l’Europe. D’autant que le transport via ce gazoduc offre un avantage compétitif incontestable comparativement au recours aux méthaniers.

Aussi cette réalisation offre plus de flexibilité au Groupe Sonatrach, dans les opérations de raccordement et la livraison de gaz naturel par canalisation. Les quantités de gaz liquéfié n’ont que 3 heures pour atteindre le côté espagnol.

M.M.H