Groupe Saidal : Le leader de la production pharmaceutique



Alors que tous les besoins de l’Algérie en médicaments étaient importés de l’étranger, l’Etat a décidé de combler ce vide en créant, en avril 1982, le groupe Saidal, spécialisé en fabrication de produits pharmaceutiques. La restructuration de la Pharmacie centrale décidée entretemps a permis au nouveau venu de bénéficier du transfert des usines d’El Harrach, de Gué de Constantine et de Dar El Beida, puis, en 1988, du complexe d’antibiotiques de Médéa. Puis, d’année en année, Saidal a vu ses statuts changer pour devenir un Groupe industriel regroupant trois filiales (Pharmal, Antibiotical et Biotic). Depuis sa création, Saidal est devenu le symbole du médicament algérien, ayant acquis ses lettres de noblesse grâce à une qualité irréprochable de ses produits et aux prix incomparables qu’elle pratique pour les rendre à la portée de tous. Puis, malgré tout ce que lui ont fait subir les uns et les autres, Saidal renait de ses cendres, sans avoir jamais été morte, et ses chances sont encore plus grandes de reprendre la place qui lui sied grâce à la nomination de Madame Fatoum Akacem à la tête du Groupe, une ‘enfant’ de ce dernier qui a à cœur de le porter au firmament.

Actuellement, Saidal est une Société Par Actions (SPA), au capital de 2 500 000 000 DA, détenu à 80% par l’Etat, les 20% restants ayant été cédés en 1999 en Bourse à des investisseurs institutionnels et des personnes physiques. Ayant réalisé un chiffre d’affaires de 9 milliards de dinars en 2019, Saidal peut espérer en de meilleurs résultats par l’augmentation de sa part de marché qu’il compte reconquérir, assure Dr Akacem : « porter à 20% en 2025, contre seulement 5% aujourd’hui ». Pour y arriver, le groupe s’est tracé plusieurs objectifs, avec pour action première le parachèvement d’un plan de développement amorcé en 2010 pour l’expansion du Groupe en plus de la valorisation de la ressource humaine, l’amélioration de l’organisation et du système d’information, la promotion de la culture d’entreprise et la mise en œuvre d’une politique efficace de communication. Quant aux objectifs, ils se déclinent en :

  • L’enrichissement et la diversification de la gamme de produits à travers l’introduction de médicaments à forte valeur ajoutée,
  • La diversification des partenariats technologiques pour la production de médicaments issues de la biotechnologie notamment les insulines et les anticancéreux,
  • Consolider la position de Saidal sur le marché local et s’ouvrir davantage sur les marchés extérieurs,
  • Mettre en avant l’image de marque et le rôle citoyen de l’entreprise.

« De 1999 à 2010, Saidal s’est distinguée sur le marché national et a forgé son image de marque à partir de sa position de premier laboratoire de fabrication de médicaments génériques, tout en étant l’innovatrice dans tout ce qui est partenariat, joint-venture. Il ne faut pas oublier qu’à partir de 1990, l’Algérie n’était pas une destination très prisée par les étrangers à cause des évènements sanglants qui s’y déroulaient mais Saidal a pu concrétiser des partenariats avec le laboratoire américain Pfizer ou encore Sanofi et certains groupements du Moyen-Orient, ce qui a été un effet déclencheur et qui a été une étape très importante dans la vie Saidal », a tenu à préciser Dr Akacem. A travers ses partenariats, de nombreux investisseurs réticents ont reconsidéré leur position sur l’implantation en Algérie : « L’Algérie est un pays dangereux mais si vous êtes avec Saidal, une entreprise étatique, vous pouvez sécuriser votre investissement, avoir certains avantages », Cette phase aurait dû permettre de déclencher un boom économique pour Saidal, mais cela n’a pas suivi. « Ces partenariats ont néanmoins permis à Saidal de fabriquer certains produits de ses partenaires, ce qui a signifié aussi un transfert de technologie qui a permis au groupe de développer ses propres génériques », estime la Présidente-Directrice Générale de Saidal.

 

Un ambitieux plan de développement

En 2009/2010, l’Etat a décidé de donner un second souffle à l’industrie pharmaceutique en Algérie et a débloqué une enveloppe conséquente, de presque 17 milliards de dinars pour que : « Saidal s’est engagée dans un ambitieux plan de développement qui devait permettre la réalisation de différentes usines dont deux à Constantine, une autre à Cherchell, une à El Harrach. L’enveloppe allouée à Saidal a aussi été utilisée pour la mise à niveau des anciens sites de production qu’il fallait moderniser pour être aux normes internationales » explique notre interlocutrice.

Malgré les aléas de réalisation et les retards enregistrés, Saidal a réceptionné à ce jour, trois nouvelles usines, l’usine de Constantine (Sirop), celle de Zemirli à El Harrach et celle de Cherchell (formes sèches). Outre les usines pour la production, Saidal s’est dotée de structures de soutien : « qui sont très importantes et qui sont représentées par le centre de recherche et de développement

Tahar Mansour