Hausse des prix en Algérie : qu’en est-il vraiment ?

Hausse des prix en Algérie : qu’en est-il vraiment ?

En parallèle avec une décision historique de baisse du taux de l’IRG de tous les salaires des algériens en activité, l’Etat a décidé une hausse significative de la valeur du point indiciaire de la fonction publique, au dernier conseil des ministres, le président de la république, Abdelmadjid Tebboune a instruit le ministre de la Justice, garde des sceaux, à préparer un projet de loi incriminant de manière claire tous ceux qui se rendraient coupables de spéculation et de prévoir des peines d’au moins trente années d’emprisonnement à leur encontre.

Au-delà du caractère préventif de cette peine extrême qui peut aller jusqu’à la peine capitale (a averti le président Tebboune), la question qui se pose tout naturellement est celle de savoir pourquoi l’Etat algérien a-t-il pris les deux décisions en même temps.

D’un côté, il y a l’augmentation assez importante des salaires, ce qui allègerait certainement le poids de la vie pour des millions de travailleurs et, de l’autre, il y a cette loi qui punit très lourdement ceux qui se rendent coupables de spéculation.

La réponse vient tout aussi naturellement : il y a des gens qui essaient par tous les moyens de nuire à l’Algérie, et tous les moyens sont bons pour cela. Et celui de toucher les citoyens dans leur pouvoir d’achat est un moyen très efficace qui peut mener à tous les désastres. Ce n’est pas de la « complotite », c’est la réalité.

En effet, l’Algérie a, malgré la pandémie de covid19 et les mesures de confinement qui ont duré près de deux années, assuré son autosuffisance en produits agricoles, tous types confondus.

Tous les marchés à travers l’ensemble du territoire national étaient bien achalandés et il y a de tout, sauf que les prix ont connu une hausse ces derniers temps malgré la profusion.

Le président de la république a donné l’exemple, lors de sa rencontre avec la presse, des pâtes qui ont connu une hausse vertigineuse de leurs prix (+100%) en deux ou trois mois, bien que la semoule et la farine soient toujours soutenues par l’Etat.

L’huile disparait subitement des étals pour être vendue sous le manteau à des prix trop élevés, le poulet a aussi pris des ailes car l’aliment est vendu aux éleveurs plus chers qu’auparavant, ainsi que les poussins, des hausses qui n’ont aucune explication plausible.

Nous pouvons citer d’autres exemples, que ce soit pour les produits de large consommation ou les autres, il y a beaucoup de hausses de prix inexpliquées et inexplicables, sauf d’une seule manière : il y a sabotage quelque part !

Et là, nous comprenons aussi pourquoi le président Tebboune veut frapper d’une main de fer, car il ne s’agit plus de délits commerciaux,  mais bel et bien d’un crime contre l’Etat et la Nation.

En face, il ne faut pas oublier qu’il y a très longtemps qu’aucune hausse des prix n’a été observée pour ce qui est de l’électricité et du gaz, des loyers, des diverses redevances, au contraire nous assistons même à une baisse, comme celle qui a touché l’IRG ou l’effacement des diverses pénalités de retard dans les paiements des cotisations (CNAS ou autres).

Maintenant, et avec la nouvelle législation concernant la spéculation qui va être mise en place, nous devrions assister dans peu de temps à une stabilisation des prix et peut-être même à une baisse significative, surtout pour les produits locaux.

Et ailleurs ?…….

Pour comprendre aussi la vérité des prix, notamment ceux de première nécessité et ceux des redevances envers l’Etat, il serait judicieux de faire une petite comparaison avec des pays beaucoup plus avancés que l’Algérie et beaucoup plus riches.

Nous n’irons pas loin, juste de l’autre côté de la Méditerranée, la France a connu une inflation de 2,1% en septembre, portée surtout par l’envolée des prix de l’énergie qui a connu une hausse de 14,4%, les services 1,5%, l’inflation sous-jacente (hors énergie et produits alimentaires) a atteint 1,3%.

« Les pénuries, les perturbations sur les chaînes d’approvisionnement et sur le coût du transport maritime ont créé un choc sur les prix plus long qu’escompté. Alors que les vents favorables de la reprise poussent l’activité, les prix à la production de l’industrie tricolore sont en augmentation de 10 % sur un an en septembre » note le journal français Les Echos dans un article intitulé « Poussée par l’énergie, l’inflation accélère encore et passe la barre des 2 % en France ».

Plus prosaïquement, la baguette de pain en France coute un Euro en moyenne, c’est-à-dire 200 DA, il suffit de faire la comparaison pour comprendre, mais ce prix est appelé à augmenter dans les semaines qui viennent, comme annoncé par plusieurs sites spécialisés, pour ne citer que ce produit de large consommation chez nous.

Un autre pays européen se trouve pris dans l’engrenage des hausses des prix des produits de consommation courante ainsi que ceux des services et redevances, il s’agit du Royaume Uni où les pénuries sont devenues courantes, bien plus que chez nous. Les causes de ces pénuries peuvent être connues mais il est difficile de les dépasser, ce qui entraine automatiquement une hausse générale des prix des produits, de tous les produits, et ce sera les ménages aux revenus les plus modestes qui en souffriront le plus.

Là aussi, si nous prenons le prix du pain, il est d’environ un euro mais pourrait augmenter de façon sensible dans les semaines qui viennent à cause justement des pénuries de nombreux produits au Royaume Uni.

En outre, le prix de l’énergie flambe au Royaume Uni et cela se répercute sur tous les produits car ce pays dépend du gaz pour la production d’électricité et les prix à la production, donc à la consommation, augmentent d’une manière exponentielle.

Tahar Mansour