Haut degré de maturité du « Hirak béni »

 

 La reprise des marches  n’a pas eu lieu

Haut degré de maturité du « Hirak béni »

Au moment où une bonne partie de la classe politique est rivée sur la question de la  révision de la constitution,  chantier majeur du président Tebboune,  nous avons assisté, ces dernières  semaines,  à une épique cyber bataille sur la Toile entre partisans de la reprise immédiate des manifestations de rue et ceux qui y sont opposés, chacune des deux parties y allant de ses arguments.

Ainsi, ceux qui appelaient à reprendre les marches et qui ont visiblement des fourmis aux pieds, redoutent, selon eux, que la prolongation de la trêve, pour cause de coronavirus, ne vienne à bout de la mobilisation.

Mais c’était sans compter sur le haut degré de maturité du peuple qui a compris que s’adonner à un rassemblement de milliers de citoyens au moment où la pandémie du covid19 n’est pas encore éradiquée, c’est aller droit vers une catastrophe sanitaire.

Les anti-marches, et ils sont la majorité, font valoir surtout les risques sanitaires, avec un potentiel rebond de la pandémie qui serait la conséquence du rassemblement de milliers de personnes, envers et contre la règle de distanciation physique.

Une virée sur les hauts lieux des marches, comme la grande Poste et les principaux boulevards de la capitale témoignent de la sagesse des citoyens.

Certains voient les choses sous un autre angle, à l’exemple de Louisa, universitaire, qui partage la même crainte de « voir les algériens se démobiliser si  les manifestations ne reprennent pas  assez rapidement », d’autant plus que, accuse-t-elle, « le pouvoir en place veut profiter du confinement imposé pour des raisons sanitaires pour casser définitivement le mouvement populaire  et imposer son agenda politique  à la société algérienne ».

D’autres, au contraire, estiment, à l’image du très médiatique avocat et figure majeure du Hirak, maitre Mostefa Bouchachi, ont signifié leur opposition à cette initiative meurtrière, justifiant leur opposition par les risques sanitaires et le celui de cassure du mouvement.

« Notre révolution bénie a toujours été marquée par la conscience du peuple et son unité, je pense qu’il serait sage de reporter le retour du Hirak jusqu’à ce que les conditions sanitaires soient favorables », a-t-il écrit mercredi soir sur sa page Facebook en ajoutant que le fait « de se précipiter pour déterminer une date pour la reprise des marches pourrait diviser nos rangs, nuire à notre santé et à notre mouvement pacifiste ».

De son coté, le  sociologue et spécialiste des mouvements sociaux, Nasser Djabi, a quant à lui, écrit jeudi, sur sa page Facebook que « chaque appel aux marches dans cette situation sanitaire dangereuse ne garantit pas la préservation de la popularité et la crédibilité du Hirak, sa paix et son patriotisme ».

Face à ces appels à la reprise des marches, il y a une autre partie de la société algérienne, tout aussi active sur les réseaux sociaux, qui est vent debout contre le retour du Hirak, mettant surtout en avant les risques sanitaires.

«C’est de la pure folie d’appeler aujourd’hui les algériens à descendre dans la rue, en pleine période de confinement sanitaire, cela est de nature à favoriser une propagation à grande échelle de la pandémie, au moment où le pays est pleinement mobilisé pour lutter contre ce virus », souligne, lui aussi, jeudi,le Professeur Bekkat Berkani, membre du Comité scientifique de la prévention anti-Covid, dans une intervention dans la presse. « Ceux qui appellent actuellement à la reprise de marches, sont des criminels, ils cherchent à placer leur petit jeu politicien malsain au-dessus des priorités sanitaires du pays et de la santé du citoyen, en particulier », accuse pour sa part un internaute, Mourad Bounouar, sur son compte FB, tout en appelant les pouvoirs publics « à faire usage de leur autorité pour empêcher les fauteurs de désordre politique et sanitaire de nuire à l’Algérie ».

 Ferhat Zafane

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