Ione Belarra Urteaga, ministre espagnole  des Droits sociaux : « Le Maroc excelle dans les violations des droits humains »

Ione Belarra Urteaga, ministre espagnole  des Droits sociaux : « Le Maroc excelle dans les violations des droits humains »

Maroc. Il suffit de prononcer ce nom pour songer à toutes formes de privations, d’inégalités entre citoyens, de pauvreté mais et surtout des violations quasi quotidiennes des droits humains.

En effet, les violations des droits de l’Homme ont atteint au Maroc,  selon des ONG, un niveau jamais vu depuis les années 1990.

« La situation des droits de l’Homme s’est détériorée en 2020 de façon significative au Maroc sur fond de répression contre les voix libres, à l’instar des commentateurs des réseaux sociaux, des artistes et des journalistes exprimant des opinions critiques à l’égard du régime marocain, selon un nouveau rapport de l’ONG Human Right Watch (HRW) ».

Ione Belarra Urteaga, ministre espagnole  des Droits sociaux,  vient en rajouter une couche.  Elle affirme de son côté que le « Maroc excelle dans les violations des droits de l’Homme ».

La ministre espagnole, réagissait ce   jeudi à la décision prise par l’enclave espagnole de Ceuta d’expulsion vers le Maroc (pays d’origine) de quelque 800 migrants mineurs non accompagnés arrivés très nombreux mi-mai dernier.

La majorité d’entre eux ont débarqué, pour rappel, à Ceuta parmi les 10 000 migrants, dont 2 000 mineurs, qui avaient atteint, les 17 et 18 mai, l’enclave espagnole à la frontière du Maroc au terme d’une forte crise diplomatique.

Alors que la lettre du ministre de l’Intérieur du 10 août adressée aux autorités de Ceuta demande que soient respectés les intérêts et les droits de ces jeunes, les organisations non gouvernementales (ONG), dont Unicef et Save the Children, et le Défenseur du peuple dénoncent le caractère illégal des procédures d’expulsion en cours.

« Les mineurs isolés sont ramenés au Maroc sans avoir eu accès à un avocat et sans avoir pu se faire entendre », a affirmé à l’AFP Patricia Fernández Vicens, avocate de l’une de ces deux ONG, Coordinadora de Barrios.

C’est pourquoi, Ione Belarra, s’est engagée à réunir toutes les conditions adéquates pour que ces mineurs puissent rester (en Espagne) en toute quiétude, si ces derniers « ne veulent plus retourner dans leur pays d’origine ».  « Dans le cas contraire, nous exigeons des autorités marocaines toutes les garanties de leur sécurité », a tonné Mme   Belarra.

Tout a commencé pour rappel, les  17 et 18 mai, quant Ceuta avait vu arriver près de 10 000 migrants en 48 heures : une crise migratoire inédite due à la levée des contrôles frontaliers par Rabat sur fond de crise diplomatique avec Madrid au sujet de l’accueil en Espagne du président sahraoui, SG du Front Polisario Brahim Ghali pour y être soigné.

La plupart avaient été renvoyés au Maroc peu après, mais environ 2 500 migrants se trouvaient toujours sur place, dont près d’un millier de mineurs.

Le recours à l’immigration clandestine par le Maroc, comme «  moyen de chantage dans les relations bilatérales avec l’Espagne et l’Union européenne, (…) montre ce dont le Maroc est capable », avaient dénoncé unanimement des experts.

Dans un récent rapport, l’ONG Amnesty international a dénoncé l’utilisation par le Maroc des migrants comme « des pions » dans le cadre de l’échiquier politique « morbide » avec l’Espagne.

Amnesty, dénonçait « le fait que des personnes demandeuses d’asile ou migrantes soient utilisées comme des pions sur un échiquier politique malsain ».

L’ONG a rappelé qu’une publication sur Facebook du ministère marocain des droits de l’Homme indique que « l’ouverture des frontières vers Ceuta est intervenue en représailles » à accueil en Espagne du chef de l’Etat sahraoui, à titre humanitaire comme l’avaient affirmé les autorités espagnoles.

La réponse de l’UE ne s’est d’ailleurs pas trop faite attendre. Le vice-président de la Commission européenne Margaritis Schinas a prévenu que l’Europe « ne se laissera pas intimider » ou « faire du chantage par qui que ce soit » sur les questions de migration, tout en offrant à l’Espagne « des moyens et des ressources » pour sécuriser la frontière dans les villes autonomes de Ceuta et Melilla.

Dans une interview sur RNE, Schinas a déclaré que l’Union européenne est « trop forte pour être victime » des « tactiques » du Maroc, qu’il a accusé d’ « instrumentaliser la migration », ce qui « n’est pas admissible ».  Le Maroc et son roi, « commandeur des croyants », a-t-il bien reçu le message ? Attendons pour voir………………….

Dj. Am