Journée du recouvrement de la Souveraineté Nationale…un souvenir bien ancré dans l’esprit de ceux qui l’ont vécue  

Journée du recouvrement de la Souveraineté Nationale…un souvenir bien ancré dans l’esprit de ceux qui l’ont vécue  

Après plus de 132 ans de colonisation, considérée comme étant l’une des  plus longues et cruelles colonisation de l’histoire contemporaine, le  peuple algérien a réussi au prix d’énormes sacrifices à recouvrer son  indépendance, donnant ainsi une véritable leçon aux peuples aspirant à la  libération et à une vie digne.

Le peuple algérien s’est soulevé, dès que les pieds du colonisateur ont  foulé les terres algériennes, face à l’occupant par l’organisation de  résistances populaires héroïques dans les quatre coins du pays, à l’image  de celle d’Ahmed Bey, la révolution des Zaatcha et de Mokrani, et la  révolution de Lalla Fatma N’Soumer (…).

Le 1er novembre 1954, la résistance a retrouvé sa flamme pour continuer le  chemin de la lutte des pères et grands-pères pour restaurer l’honneur de  l’Algérie à travers une résistance armée qui a gagné tout le pays, donnant  ainsi naissance à la plus puissante révolution armée dont l’humanité ait  été témoin au XXe siècle.

Après une lutte armée qui a duré sept ans, le jour de la plus grande  victoire est venue , le jour du recouvrement de la souveraineté et de la  dignité, un jour gravé dans la mémoire de ceux qui l’ont vécue et à travers  laquelle ils ont partagé une joie «unique dans son genre, que les mots ne  sauraient décrire», selon les propos des citoyens qui ont profité du lever  du soleil du 5 juillet 1962.

Comme si c’était hier……………..

Des années après le jour de l’indépendance le 5 juillet 1962, les Algériens qui ont vécu cette journée historique se  rappellent les détails d’une date «immortelle».

Née en 1948 à Alger, Mme Laaribi Zahra raconte à l’APS, avec une voix presque  inaudible, le jour de sa sortie avec son défunt père sur la voie principale  de Belcourt (actuellement Mohamed Belouizdad), habillée en Hayek blanc et  brandissant l’emblème national en direction de la Place du 1er Mai.

Tout au long du parcours, poursuit l’intervenante, on entend les youyous  des femmes dans les différentes artères de la ville au milieu de la ruée  des enfants qui s’empressaient de porter l’emblème national.

A la Place du 1er Mai où des dizaines voire des centaines de citoyens s’embrassaient dans une atmosphère émouvante, «je n’ai pas réalisé d’emblée la raison de cet engouement jusqu’à ce que ma mère me l’est expliqué en me disant que c’est la joie du recouvrement de la liberté et de la dignité», a-t-elle ajouté.

Au milieu de la ruée des citoyens, Mme Laaribi, à l’époque âgée à peine de 12 ans, se souvient aussi d’un moment inoubliable, celui d’un djoundi qui lui a remis l’emblème national et l’a porté haut pour qu’elle puisse voir la scène des festivités à la Place du 1er Mai qu’elle a quittée tard dans la journée.

A N’Gaous dans la wilaya de Batna, Mme Kedad Yamina, veuve du moudjahid Aroui, n’a pas pu retenir ses larmes en racontant le déroulement de sa participation aux festivités de l’indépendance, le jour où elle a vu son époux le moudjahid après une absence de près d’une année.

Ainsi, elle se rappelle de la grande émotion de son époux moudjahid lorsqu’il a vu pour la première fois son bébé, après l’avoir quitté enceinte de 4 mois pour rejoindre la révolution.

Après avoir laissé son enfant à son époux, Mme Keddad a rejoint les autres femmes au domicile de sa voisine qui préparaient des gâteaux et des plats variés, dont le couscous, pour organiser «la waada» afin de permettre aux habitants du village de déjeuner dans les différents recoins du village où les hommes scandaient haut et fort «Allahou Akbar, vive l’Algérie».

Selon la même intervenante, le village a connu, toute au long de la journée, un mouvement inhabituel caractérisé par la joie sur les visages des grands comme des petits «qui m’a donné l’impression d’être née à nouveau et de respirer un vent frais de liberté».

En dépit des réalisations familiales obtenues grâce à l’aide de Dieu, la joie de ce jour «est exceptionnelle et unique» et ne peut être oubliée car elle est ancrée dans notre mémoire, a-t-elle ajouté.

De son côté, le moudjahid à la wilaya 4, Oualhine Yahia, né le 17 février 1936 à Miliana (Ain Defla), a qualifié la journée d’indépendance de l’Algérie d’«historique», soulignant que la joie de l’indépendance ne l’a pas empêché, lui est ses collègues moudjahidin, de se méfier de l’ennemi français en sécurisant, avec nombre de moudjahidin, les célébrations populaires à travers le territoire du pays.

Rappelant que l’Algérie a vécu en ce jour une joie exceptionnelle et indescriptible, le moudjahid Oualhine a soutenu que «l’Algérie était une entité qui vit en nous et non pas une terre où nous vivons», appelant les générations de l’indépendance à faire preuve de loyauté envers le message du chouhada, de faire progresser l’Algérie et de consolider sa place sur la scène internationale.

Dj. Am